DSK : Un Tsunami politique

Au-delà de la victoire de Lille en Coupe de France et des phases finales du championnat de France de rugby, plus que la parution de l’ouvrage d’Éric Woerth ou la possible convocation de Christine Lagarde, dans le règlement de l’affaire Tapie, devant la Cour de Justice de la République, plus que «l’indépendance dans l’interdépendance» que semblent se donner les radicaux pour mieux préparer la candidature Borloo à l’Élysée, c’est l’arrestation de DSK à New York qui constitue l’événement majeur du week-end et des semaines à venir.

 
Jamais sous la Vème République une campagne électorale – à peine commencée – n’a connu d’événements dont la portée pourrait d’ailleurs conduire à l’élimination politique du plus côté “sondagiquement” des hommes politiques puisque, jusqu’à présent, il est donné en tête du premier tour et vainqueur du deuxième.
Chacun pour l’instant clame la nécessité de respecter la présomption d’innocence, demande que la procédure suive son cours et s’efforce – en dehors de Marine Le Pen – d’éviter toute accusation concernant l’homme politique français.
C’est un véritable tsunami politique qui frappe la vie politique nationale au point de susciter le silence avant que les juges ne déclarent DSK coupable ou non (il a choisi de plaider non coupable), la stupéfaction de la médiacratie, demain de la sondocratie, le scepticisme du corps électoral et de ses amis, l’irruption du mot comme de l’hypothèse du complot (après l’affaire de la Porsche, voilà DSK d’autant plus piégé selon certains que ses chances de l’emporter aux Présidentielles sont sérieuses). Les hypothèses restent nombreuses au-delà de la théorie ou de la réalité du complot :
1) vie politique brisée et anéantie si la justice condamne DSK ;
2) rebondissement possible si le jugement l’innocente à condition que les délais s’inscrivent dans le cadre des primaires du PS ;
3) victimisation de DSK par l’opinion publique dont les sentiments pro-américains ne sont pas toujours favorables et qui pourrait initier une forme de “résurrection” politique ;
4) “Suicide” politique et individuel d’un homme soumis à des pressions difficilement supportables et dont le projet existentiel ne passait pas par l’Élysée. Toujours est-il qu’il semble qu’il y ait peu de chances que la Présidentielle se joue en sa présence. Le PS est, pour le moment, sonné. Les cartes vont être redistribuées mais quand ? Le calendrier est désormais moins celui des Primaires que celui de l’action judiciaire à New York avec un DSK prochainement jugé par un jury populaire et risquant jusqu’à vingt ans de prison (!). Dans le silence des réactions et des commentaires tournant tous autour de la présomption d’innocence, d’autres armes se fourbissent, d’aucuns se placent sans le dire dans l’après-DSK. Décidément ces prochaines présidentielles n’ont pas fini de nous surprendre !

Stéphane Baumont


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