DSK, un nouveau coup de tonnerre

Plus que le départ en vacances avec l’exode bienheureux des “juillettistes” et le départ du Tour de France dans une ambiance de malaise que semble avoir pointé déjà de son doigt le destin (avec la perte d’une minute trente sur chute de Contador le “mal aimé”) ; plus que le mariage d’amour (!) plutôt princiers (version Monaco) d’Albert de Monaco avec Charlène déjà en compétition avec Grâce Kelly et l’élection facile de Christine Lagarde à la tête du FMI c’est le coup de tonnerre, le coup de théâtre dans l’affaire DSK qui constitue un nouveau tsunami de l’actualité au point d’occulter, tous médias confondus, le reste des informations : en effet les accusations contre DSK sont sur le point de s’effondrer, les enquêteurs ayant découvert «des lacunes majeures dans la crédibilité de l’accusatrice» ; les doutes sur la plaignante et les mensonges avérés (mensonge considéré comme inacceptable aux États-Unis, équivalent du parjure) conduisant la justice américaine à un revirement permettant à DSK de retrouver la liberté.

 
Oui, décidément un “coup de tonnerre” heureux dans un scénario que personne n’avait osé écrire ou imaginer, qui intervient juste après l’élection de Christine Lagarde à la tête du FMI qui avait bien vite (trop vite) tourné la page DSK, jus-te après l’ouverture des primaires au PS (certains s’in- terrogeant déjà sur la nécessité ou pas de repousser la date de clôture des candidatures) 49 % des Français souhaiteraient voir DSK revenir sur la scène politique, tandis que 45 % y seraient opposés. Mais, avant de tracer des plans sur la comète des présidentielles, il faut rappeler que l’affaire n’est pas totalement terminée : le procureur pourrait retenir certaines charges mineures, alors que pour les avocats de DSK, tout est vicié dès le départ et l’abandon du procès est la seule issue possible. Ainsi DSK pourrait s’en sortir sans avoir été jugé sur le fond de l’affaire. Reste la possibilité d’un procès au civil ; raison de l’agitation frénétique de l’avocat de madame Diallo, Kenneth Thomson.

 

Peut-on considérer l’Affaire DSK comme une forme de feuilleton dont les conséquences n’ont pas fini de surprendre sur le plan de la politique intérieure si DSK se réinvestit et devient un acteur prépondérant de la campagne des Présidentielles de 2012. L’auteur de “Story telling”, Christian Salmon répond : «Le temps réel médiatique s’est imposé au temps long judiciaire. La logique de l’instruction a cédé le pas à une logique purement narrative avec des effets qui relèvent plus du pathos que de l’ethos ou du logos». Et Christian Salmon de souligner que cette affaire «nous a transformés en commentateurs compulsifs, alternativement subjugués, passionnés, haletant au rythme d’un streaming d’infos en continu. (…) Serions-nous tous devenus des “spectateurs excités, électrisés” et, pour finir, sidérés, que crée “le nouvel ordre narratif”. En tout cas l’affaire DSK (la “saga DSK” ?) fait vendre du papier : dans la presse les unes se multiplient, 150 000 durant la première semaine dans le monde entier.
Restent les fameux plans sur la comète : le retour de DSK comme victime (victime absolue) entraînant la naissance d’un tsunami émotionnel et compassionnel le menant vers la victoire; le soutien, une fois libre à Martine Aubry devenant ainsi le Premier ministre putatif de celle-ci et reléguant Laurent Fabius à d’autres fonctions ; le retrait de la République, notre histoire et notre mode d’élection contribuant à la naissance et à la culture d’hommes providentiels ; sa métamorphose en conférencier de sa propre aventure ! Autant d’aventures, d’hypothèses et possibilités qui passeront, par tamis d’Anne Sinclair avant de con-naître une traduction définitive !



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