Droit dans le mur !

Que l’on lise le livre de François Bayrou “2012 Etat d’urgence”, les écrits de Martine Aubry, les prises de position de François Hollande ou les déclarations de Ségolène Royal, nous avons à chaque fois l’impression que ces candidats comme d’autres, sont nouveaux dans la politique et qu’ils vont révolutionner le monde, notre monde. Chaque élection voudrait que tous se refassent une virginité alors qu’ils nous obscurcissent le paysage politique depuis des décennies. Zoom sur quelques sujets sensibles…

 
La dette

Tous les 5 ans, nos chers compétiteurs à l’Elysée redécouvrent que le France est endettée. Quand vous mettez au monde un enfant, dans sa corbeille il a déjà 26 000 euros de dette (1 600 milliards d’euros en tout) ! Si l’on prend comme élément de comparaison le Produit Intérieur Brut, en 1980 sous Giscard, la dette représentait 20 % du PIB, puis à la fin de la période Mitterrand de 1981 à 1996, 58 %. Pendant le premier septennat de Jacques Chirac, de 1996 à 2003, elle a stagné à 59 %. De 2003 à 2007, suite à la réélection de J. Chirac, les Raffarin et Villepin la feront passer à 68 %. Le top sera atteint pendant les 4 premières années du mandat de Nicolas Sarkozy et de François Fillon puisqu’elle est actuellement de 84,7 % du PIB, un triste record. Il faut rendre à François ce qui appartient à Bayrou. Le président du MoDem, pendant la campagne de 2007, avait été le seul à faire de la dette un enjeu électoral, la mettant au premier rang de ses préoccupations.

Les recettes faciles…

Là, tous sont d’accord ! Le Chef de l’Etat a décidé de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux. Il nous faudrait donner la définition du fonctionnaire. Pour le Larousse, il s’agit d’un individu occupant un emploi dans la fonction publique. Pour ma part, je préfèrerais dire qu’il s’agit d‘un individu payé par l’Etat ou sa représentation locale. Ainsi, un député, un sénateur, un maire, bref un politique rémunéré est un fonctionnaire qui en plus, souvent, cumule plusieurs man- dats et donc “salaires”. Quand nos élus parlent de supprimer des fonctionnaires, bien sûr, il s’agit des autres, les policiers, les infirmiers ou infirmières… cherchez l’erreur ! Cela rappelle le célèbre sketch de Fernand Raynaud sur l’étranger. «Il est parti l’étranger… depuis il n’y a plus de pain, c’était le boulanger !». Nous pourrions parodier en disant «il est parti le policier, depuis je ne n’ose plus sortir après 19h ou bien, il a été supprimé l’enseignant et depuis mon enfant n’a plus cours…» Sachant qu’un enseignant de secondaire après 8 ans d’ancienneté, le Capes et parfois d’autres diplômes touche 1 700 € net par mois et qu’un député à peu près 5 fois plus, finalement le plus rentable serait de supprimer quelques députés ou sénateurs ou conseillers généraux ou régionaux ou maires… que d’économies en perspective !

Touche pas à mon impôt !

Autre expédient facile, augmenter les impôts sous couvert d’une réforme qui sera juste et équitable avec à la sortie encore plus de prélèvements sur les classes moyennes. Pas les foyers qui se- raient au-dessus de 100 000 € par an, ne rêvez pas ! Il faudra descendre largement en dessous des 50 000 €. En fait l’impôt dit direct n’est payé que par un salarié sur deux et ne rapporte que 50 milliards. En réalité l’impôt sur les salaires est un faux problème. Ne parler que de l’impôt direct est un leurre qui cache les augmentations assassines des impôts dits “locaux” et l’explosion du coût de l’énergie ainsi que celui des denrées permettant de se nourrir au quotidien ou ce-lui des loyers devenus inaccessibles. Alors mesdames et messieurs les candidats descendez du perchoir et stop à la compassion occasionnelle, ce n’est pas de rustines dont nous avons besoin mais bien d’un nouveau projet de société.

Des scénarios bien rodés

Il ne se passe pas de mois sans que les prix n’augmentent. Le système est simple, les prédateurs que sont EDF, GDF SUEZ, Total… viennent au 20 H pour pleurer sur leur sort et le besoin d’augmenter leurs tarifs pour faire le bonheur de leurs actionnaires. Ils vont officiellement demander 10 % et Bercy, dans sa grandeur, ne leur accordera que 8 %. Ouf, merci Bercy ! Souvenez-vous du prix du pain qui a augmenté en 2010 suite à la mauvaise récolte de nos voisins des pays de l’Est. Depuis, tout est rentré dans l’ordre mais le prix du pain a-t-il baissé ? Non alors demandez à votre boulanger pour quoi.

L’enjeu énergétique

Comment ignorer le danger du nucléaire après Fukushima ? Réponse : comme nous l’avons fait après Tchernobyl en mettant la tête dans le sable. Interpellés par Greenpeace sur le sujet, la gauche s’est majoritairement déclarée pour la sortie du nucléaire avec une hésitation pour Martine Aubry sur l’EPR. Parmi celles et ceux qui ne se sont pas prononcés, Le MoDem qui sans véritable courant écologique en son sein a du mal à se positionner. Pour sortir du nucléaire il faut trouver des alternatives mais voilà, au contraire, la filière photovoltaïque est au point mort consécutivement à la fin des aides et à la mauvaise volonté évidente d’EDF qui, juge et parti, met presque un an pour instruire les dossiers et formaliser les contrats sans que personne ne daigne répondre aux milliers d’appels des candidats à l’investissement. Le fameux Grenelle de l’environnement avait promis de lancer les véhicules électriques. C’est fait, les premiers sortent à 35 000 €, autant vous dire que les industriels ont décidé de ne pas les vendre. Vous prenez une Prius hybride de Toyota qui va vous coûter 25 000 €, vous lui enlevez son moteur thermique, toute sa technologie de gestion de l’hybridation et vous obtenez une voiture électrique. En clair une Ion de Peugeot devrait coûter au maximum 10 000 à 15 000 € et non pas 35 000 ! A n’en pas douter, l’énergie fera partie des enjeux de 2012.

Appel aux candidats de 2012

Les primaires socialistes arrivent à grands pas pouvant servir de tour de chauffe aux débats de 2012. Les Français aujourd’hui, les taux de participation aux élections le montrent, sont désabusés, ne croient plus en la classe politique. L’Etat n’est plus un exemple, les conflits d’intérêts ont jeté l’opprobre sur tous. En 2008, nous avons dû faire face à une crise générée par des institutions financières sans autre éthique que faire du fric à tous prix. En 3 ans rien n’a changé et nous sommes à nouveau à la croisée des chemins. Avec les 8,2 millions de pauvres, derniers chiffres INSEE, nous attendons de vous non pas de stériles querelles mais des engagements clairs sur le modèle sociétal que vous allez nous proposer. Nous ne nous laisserons pas abuser davantage. Vous nous devez une feuille de route claire, des engagements fermes et une vision pour l’avenir qui puisse redonner de l’espoir à une jeunesse en panne d’idéal. A vous de jouer !



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