Dossier Orientation : Un cursus = un métier ? Pas si sûr…

Formation Boulanger

Formation et métier, «un mariage qui ne va pas de soi» pour l’INSEE

La question de l’orientation des élèves, du primaire comme du secondaire, est primordiale. La majorité d’entre nous reste persuadée que plus longues sont les études meilleure sera la situation de l’élève. L’INSEE publie, en mars 2012, une étude qui fait vaciller cet allant de soi, exercer un métier lié aux études effectuées n’est pas si évident pour une grande majorité.

 

Vers quelle filière s’orienter ? Quels sont les débouchés sur le marché du travail ? Voilà pour les deux grandes premières questions que les 231 700 élèves du secondaire en Midi-Pyrénées doivent se poser, et ce, au plus tôt de leur scolarité.

Un marché du travail incertain, un choix d’orientation très large, des aspirations personnelles ou familiales, des facilités ou difficultés scolaires,  l’équation n’est pas simple. Les résultats de l’enquête INSEE publiée au mois de mars 2012, peuvent être surprenants et briseront probablement quelques images d’Épinal. Pour une majorité d’actifs, le métier qu’ils exercent n’est pas forcément lié aux études qu’ils ont menées. Si pour les métiers règlementés (médecins, avocats…) ou de formation professionnelle courte et très spécifique (boulangers, coiffeurs…) les parcours sont plutôt bien en relation avec la formation initiale, pour les autres et surtout dans le tertiaire, ce n’est pas vraiment le cas. L’INSEE avance plusieurs explications comme l’ajustement entre l’offre et la demande de travail, le caractère polyvalent de certaines formations initiales ou encore des arbitrages personnels qui peuvent contrarier la logique du lien entre formation et emploi.

 

De grands écarts de diplôme entre les générations

Cette distance entre métier exercé et formation initiale  se rencontre plus particulièrement dans les métiers du commerce, du tourisme et des transports. Il semble que quel que soit le niveau de qualification, les actifs en emploi sont issus de formations diverses et de qualification de niveau différents. Dans le cas des emplois peu qualifiés (caissiers, employé libre-service, manutention…) le lien entre métier et formation est particulièrement faible, effet accentué, entre autre, par le fait que ces types de métiers sont souvent des emplois transitoires pour les jeunes. L’écart est moins fort lorsque la filière initiale est plus spécialisée. C’est le cas pour les professions de la santé, du droit ou le niveau de qualification est ciblé et élevé mais aussi pour les professions dont les cursus, pouvant être plus courts, comprennent des périodes d’apprentissage (80% des coiffeurs et esthéticiens ont suivi et validé une formation initiale ciblée). L’étude révèle aussi des écarts de niveau de formation entre les débutants et les expérimentés surprenants. Phénomène national, le niveau de formation initiale est de plus en plus élevé. Parmi les actifs en emploi débutants, 73% ont un diplôme niveau BAC ou plus alors que pour les expérimentés la proportion est de 44%. Ces écarts varient d’un emploi à l’autre mais il est certain que les débutants sont plus souvent diplômés que leurs aînés. L’exemple est criant dans les métiers de la banque et de l’assurance ou la part des diplômés atteint 82% chez les débutants et se limite à 38% chez les aînés.

Midi-Pyrénées est une des régions où l’on constate le moins d’orientation vers l’enseignement professionnel (y compris l’apprentissage). En fin de troisième, moins d’un jeune sur deux fait ce choix.

L’étude INSEE montre que plus on cible et se spécialise, plus on travaille dans sa branche de formation, si cela n’ôte en rien le choix d’orientation à faire cela invite à déterminer au plus tôt la voie à poursuivre.

 

Marie-Agnès Espa

 



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