Dossier Orientation : Mon lycée du bout du monde

Un lycée Canadien qui accueille des jeunes Français pour leurs études

Ils sont des centaines chaque année à faire le grand saut. Ils ne sont pas bilingues ni de grands voyageurs mais veulent un peu de temps pour réfléchir sur eux, le présent et l’avenir. Feuille de route pour tous ceux qui choisissent un parcours à part.

 

Ceux qui ont vu L’Auberge espagnole de Cédric Klapisch sauront de quoi il s’agit. Etudier à l’étranger en plus de l’avantage indéniable que cela procure sur un CV, c’est souvent un rêve. Les associations sont nombreuses et il est parfois compliqué de savoir comment partir et gérer cette année à l’étranger. La multiplicité des offres, des destinations et des prix devient alors un tel casse-tête que nombreux sont ceux qui baissent les bras. Avant son bac ou juste après, les possibilités sont pourtant multiples : pendant les vacances scolaires de manière encadrée ou autonome, pendant six mois ou un an.
Le but ? Avoir un meilleur niveau en langue, l’anglais le plus souvent. Avec l’association EF (Education First) par exemple on peut choisir de partir dans l’une des 42 écoles autour du monde : «C’est l’occasion de découvrir un pays de manière encadrée, puisque les cours bien que dispensés dans la langue du pays rassemblent exclusivement des étudiants étrangers EF.» explique Benjamin Collart, représentant. En sus pour ceux qui veulent, des activités sont proposées après les cours. L’avantage ? Choisir sa destination de manière précise : Miami, New York ou encore Londres pour les plus prisées. Côté hébergement, plusieurs formules : chez l’habitant, en collocation ou sur un campus. PIE (Programmes Internationaux d’échanges) propose une formule plus «autonome». Le jeune est accueilli dans une famille et va au lycée traditionnel. Il peut rencontrer des Français et des représentants PIE s’il le désire. Et si les pays anglophones sont en tête, il est pourtant possible de partir en Asie, en Amérique latine, en Océanie ou en Europe. Pascale Albert, responsable à l’association PIE explique que «les trois quarts des jeunes choisissent de partir aux Etats-Unis. L’Australie et la Nouvelle-Zélande arrivent en second».

Ces structures payantes offrent plusieurs prestations «clefs en mains», comprenant par exemple les formalités administratives telles que le visa, l’hébergement etc. Le coût total dépend des critères choisis et varie selon l’organisme, l’hébergement, le pays d’accueil choisi, etc. Pour les longs séjours, il faut compter entre 8000 à 15 000 euros. D’où l’intérêt de se décider le plus tôt possible, car les paiements peuvent être échelonnés et les billets d’avion ont tendance à augmenter avant le départ. La plupart des organismes boucle leurs inscriptions au mois d’avril. Il faut savoir qu’une année à l’étranger n’a aucun équivalent dans le cursus français. L’année est donc «perdue» en termes de temps scolaire, bien que l’apprentissage d’une langue et d’une culture soient des arguments de poids. Si l’élève part après sa seconde, il lui faudra donc entamer sa première à son retour. Encore peu intégrées par l’institution, ces parenthèses linguistiques deviennent pourtant un phénomène. Difficile de mesurer le nombre de départs par tranche d’âge en l’absence de statistiques, mais la demande est réelle.

L'occasion de découvrir une culture, une langue, un Pays

J’ai eu 18 ans au Canada

Pour boucler sa valise, il faut oser rompre le cycle de l’enseignement secondaire, être capable de quitter son quotidien confortable, pour s’offrir un an loin de ses amis et de sa famille, de ses repères et plonger dans l’inconnu. «Il faut être sûr de ses motivations.», affirme Célia 24 ans, «Moi je suis partie juste après mon Bac, car je ne savais pas trop où j’allais professionnellement.» Elle passe un an au Canada «pour apprendre l’anglais» et découvre une famille d’accueil qui a de nombreux enfants, «j’ai découvert que j’aimais m’occuper d’enfants en passant tout ce temps avec eux. Un an après mon retour je suis repartie mais en pair cette fois-ci.» Puis elle décroche le diplôme d’éducatrice jeunes enfants et est actuellement en formation. «C’est souvent l’occasion pour les jeunes de gagner en maturité et de déconnecter du quotidien, parfois de mauvaises habitudes pour pouvoir reprendre les rennes de leur avenir : le système scolaire français est fait de telle sorte que les élèves doivent choisir rapidement des voies qui les enferment dans un cursus, cela peut-être angoissant.» ajoute Benjamin Collart.

«Ce n’est pas comme dans les films !»

Matthieu a passé un an aux Etats-Unis

Si les séjours proposés par les organismes sont bien encadrés, ce genre d’aventure se prépare… «Ce n’est pas du tourisme ni des vacances. Là-bas on va au lycée, on a des examens, des joies mais aussi des moments de manque et de solitude. C’est une expérience fabuleuse que je recommande à tous, mais il faut être préparé et sûr de son choix.» poursuit Célia. Chez EF, on ajoute que «le jeune doit avoir pris sa décision seul, si on se rend compte que l’idée vient des parents et qu’un doute subsiste chez le lycéen, on refuse le départ.» Matthieu, lui, a pris la décision de partir après avoir redoublé sa seconde : «J’avais 17 ans et j’étais presque déscolarisé, je n’allais plus en cours, j’avais des notes lamentables… C’était l’occasion de réapprendre à me connaître, de gagner en maturité et de sortir de ce quotidien métro-boulot-dodo dans lequel j’étais englué.» Il rentre plus motivé que jamais, passe son bac STT avec mention et est actuellement en prépa HEC à Ozenne. «Il a fallu convaincre mes parents, qui me trouvaient trop jeune, mais lorsqu’ils se sont rendus compte que j’avais effectué toutes les démarches tout seul, ils m’ont laissé partir. Aujourd’hui ils doivent penser que ça a été la meilleure décision de ma vie !» La question qui se pose avec les «anciens» – comme ils disent – c’est celle du retour. Comment prendre cet avion vers la France, déballer son sac pour à nouveau s’installer dans un cursus traditionnel après avoir fait l’expérience de l’autonomie ? Ils sont unanimes : l’épanouissement là-bas est tel que certains décident de rester sur place ou d’y retourner faire leur étude, une fois le bac en poche.

 

Aurélie Renne

 

Contacts

De nombreuses associations s’occupent des programmes d’échanges. Pour accueillir ou pour partir à l’étranger :

PIE : Michèle et Alain Cardon, responsables régions P.I.E sud au 04 76 92 47 97

EF : Benjamin Collart au 05.62.75.44.25 ou benjamin.collart@ef.com

AFS (vivre sans frontière) : Antoine Ders, coordinateur Départ : 05 61 52 48 54

Enfin pour avoir une vue d’ensemble sur tous les programmes d’échanges existants de la documentation est généralement disponible dans les CDI des établissements scolaires. Il faut savoir que la plupart des programmes d’échanges organise régulièrement des portes ouvertes, l’idéal pour s’informer et rencontrer des anciens.

 



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.