[Dossier] La face clichée des jeunes

Les jeunes tels qu’on les voit, les jeunes tels qu’ils sont réellement. En Une de ce journal, des Toulousains de moins de 30 ans posent, une pancarte à la main, dénonçant les clichés dont la jeunesse est victime. Dans ce dossier nous prenons le contrepied de ces préjugés pour explorer cette génération dans sa diversité. Car elle ne va pas si mal nous explique un sociologue. Un créateur d’entreprise et des étudiants en médecine qui s’entraident attestent qu’elle sait se montrer, entre autres, débrouillarde et solidaire.

 

 ©Sarah Thuault-Ney
©Sarah Thuault-Ney

Par Delphine Tayac

« Tous des drogués », « des narcissiques », « ils voient le monde en noir », « ne s’intéressent pas à la politique », « ne pensent qu’au sexe ». À en croire les jeunes eux-mêmes, de nombreux clichés leur collent à la peau. À tel point qu’un collectif national a vu le jour pour sensibiliser à cette question. Baptisée « stop aux clichés » donc, il a été créé par cinq associations, l’Association nationale des conseils d’enfants et de jeunes (Anacej), Animafac, le collectif Arrêtez de nous mettre dans vos cases !, Jets d’encre et le Réseau national des Juniors Associations. « Nous constatons que les médias mettent toujours en avant deux profils types : ceux qui sont en difficulté ou au contraire ceux qui sont exemplaires et ont leur bac à 13 ans », souligne Frédérick Pairault, délégué général de l’Anacej. Selon lui, la majorité des reportages font de la jeunesse une frange de la population à la marge de la société. « Je ne dis pas qu’il n’y a pas de problèmes d’alcool chez cette catégorie par exemple, mais sont-ils les seuls concernés ? On ne parle jamais des ravages de l’alcool chez les chasseurs ».

À Toulouse, l’AFEV (Association de la Fondation Étudiante pour la Ville) dresse le même constat. En mai dernier, elle a profité de l’événement « Pas de quartier pour les inégalités » pour inviter un groupe de jeunes de 12 à 25 ans à s’exprimer sur ces idées reçues. Et le résultat est sans appel. « Tous ont déclaré que l’on parle d’eux de façon négative. Soit pour évoquer la violence, le fait qu’ils n’ont pas d’avenir, qu’ils ont des comportements déviants », énumère Ariane Fronteau de l’AFEV qui a organisé ce débat. Une image qui, en prime, leur échappe car « on ne leur donne que très rarement la paroledans les médias » poursuit-elle.

Pour lutter contre ces images d’Épinal, l’association Stop aux clichés encourage donc les journalistes à porter un autre regard. Pour cela, elle remet chaque année un prix dans quatre catégories, presse écrite, radio, Internet et télévision, récompensant des reportages ne véhiculant pas de stéréotypes ou de clichés et donnant la parole aux jeunes. Mais à en croire, Frédérick Pairault, il y a encore du travail. « Cela fait deux ans que nous n’avons pas réussi à attribuer un prix à la télévision… », ironise-t-il.


 

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