[Dossier] Dans le quartier de la Cartoucherie, la voiture est bannie

EMBRAYAGE – Pour répondre aux engagements de la charte EcoQuartiers, la mobilité dite douce a été privilégiée à la Cartoucherie. Et la voiture est devenue persona non grata. Si certains habitants restent sceptiques, d’autres en ont fait une fierté.

cartoucherie
® Franck Alix

« Privilégier les mobilités douces et le transport collectif pour réduire la dépendance à l’automobile. » C’est le 14e engagement auquel doit adhérer la Cartoucherie pour être labellisé EcoQuartier. C’est donc dans cette optique que les aménageurs ont volontairement limité les places de stationnement dans le secteur et ont imposé aux promoteurs immobiliers de prévoir le moins de parkings possible en sous-sol des bâtiments.

Ainsi, moins d’une place par appartement y est disponible. Problème, de nombreux riverains déjà installés et possédant une voiture ne savent pas où stationner. « D’autant que les emplacements au sol sont pris par des étudiants du lycée hôtelier voisin ou des usagers du tram dont la station est toute proche. Résultat, nous nous garons où nous pouvons et nous prenons des amendes », se plaint une habitante du quartier. Une pétition sur le site mesopinions.com a récolté à ce jour près de 300 signatures.

Pourtant, un parking mutualisé a été construit (côté jardins du Barry) pour permettre aux résidents de garer leurs véhicules. Pour 25 euros par mois, tous les habitants de la Cartoucherie peuvent y bénéficier d’une place de stationnement, mais cette option est finalement peu utilisée. « Je vis loin de ce parking et j’ai des difficultés à me déplacer. Du coup, je préfère me garer dans la rue, près de mon immeuble », confesse un habitant.

« Il ne faut pas s’installer dans un écoquartier si l’on n’est pas prêt à en accepter les contraintes. »

Du côté de la municipalité, il s’agit plus d’un problème d’usage que les habitants ne se sont pas encore approprié, comme le souligne Jean-Michel Lattes, adjoint au maire en charge des déplacements et de la gestion du stationnement : « Ils n’en ont simplement pas encore pris l’habitude, mais ça commence à venir. Le taux de remplissage est d’ailleurs en augmentation. Il s’agit d’un fonctionnement de type “centre-ville” où les gens ne peuvent pas forcément se garer à côté de chez eux et trouvent cela normal. »

Mais la mairie de Toulouse reconnaît une saturation du stationnement. « Il est donc prévu de construire deux parkings mutualisés supplémentaires afin de les rapprocher de chaque immeuble. De même, nous allons adapter l’offre de transports en commun », explique Jean-Michel Lattes. « Nous sommes déjà bien desservis », constate Brigitte*, locataire de l’immeuble “Terrasses du Badiou”, qui énumère les solutions de déplacements collectifs : « Le tram, la ligne linéo L2, les bus. » À ceci viendront s’ajouter un renforcement de ces bus Linéo et un réaménagement de la ligne T2 du tram avec l’arrivée de la 3e ligne de métro. Une navette rapide (en tramway) reliera la station de la 3e ligne de métro Jean Maga à l’aéroport. Car, à terme, le bureau d’études Transitec prévoit 13 000 déplacements par jour.

« Que demander de plus ? Il faut simplement attendre que tout s’organise », commente Brigitte, qui, contrairement à certains de ses voisins, reste résolument optimiste. Pour elle, « il ne faut pas s’installer dans un écoquartier si l’on n’est pas prêt à en accepter les contraintes».

*Le prénom a été modifié

Dossier : Quoi de neuf à la cartoucherie ? 

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