«Donner sa chance aux artistes toulousains»

Artiste, historienne de l’art et collectionneuse, Annie Merle signe un magnifique ouvrage sur l’école de Toulouse, qui répertorie les artistes de la Ville rose. Rencontre avec une passionnée qui espère un jour que Toulouse sera reconnue à sa juste valeur.

 
Annie Merle, cette grande “encyclopédie” des artistes contemporains semble vous avoir donné une masse de travail considérable. Comment avez-vous procédé pour l’élaboration de cet ouvrage ?
Un travail considérable pour cette encyclopédie, en effet, au terme de 18 années de recherches. Il faut aussi ajouter 15 ans de travail pour mon précédent ouvrage : “Les Peintres de l’Ecole  Toulousaine”, paru en 1994 et qui a connu un grand succès. Mon travail a donc aussi consisté à visiter galeries, salons, mostras, ateliers, et à répertorier ainsi plus de 1 050 artistes. Puis à sélectionner les plus éminents, ceux qui apportent une vision nouvelle, une facture originale. Un choix absolument objectif, sans concession d’aucune sorte. Il faut dire que ce sont aussi les poètes par lesquels j’ai commencé mon travail d’investigation, il y a 38 ans. Autant d’années consacrées à mettre au jour les talents innombrables de notre région, injustement inconnus. Ma motivation quant à l’écriture de mon encyclopédie réside en l’impérieuse nécessité de montrer l’œuvre étonnante de mes amis artistes, avec la volonté inlassable de braver le temps et les difficultés, dont les pires, comme la recherche d’un éditeur…

Qu’est-ce que l’Ecole de Toulouse ? Quelles en sont les caractéristiques ?
L’Ecole de Toulouse remonte à la prestigieuse Ecole Royale. Elle peut se caractériser par des factures issues  de tempéraments forts, marqués par une dynamique audacieuse et un sens aigu du chromatisme.

Vous n’évoquez pas que des peintres ou des sculpteurs mais également des graphistes ou des affichistes. Tous font partie selon vous de la dynamique de l’école de Toulouse ?
Peintres, sculpteurs, graveurs, verriers, illustrateurs, affichistes, concepteurs d’installations, vidéastes, cinéastes, performers, multimédia… Tous ceux qui travaillent dans les nouvelles technologies. Tous sont dans la dynamique de l’Ecole de Toulouse. Depuis 1206, les peintres de l’époque historique sont aussi répertoriés. Certains ont une grande renommée, mais tous sont remarquables. On peut aussi évoquer la période préhistorique, ce qui peut surprendre. Notre sol a aussi nourri ces artistes purs qui ont inventé l’art pariétal. Les artistes, chez nous, ont une superbe évolution car nous faisons fi de l’art dit Contemporain ou encore l’AC, dont le public ignore généralement le mal international dont il est responsable. Quand serons-nous débarrassés de ce fléau ?

Un mépris provincial

Toulouse a-t-elle selon vous une influence dans le monde artistique ?
Toulouse n’a absolument pas d’influence dans le monde artistique. Elle est encore inconnue ! À part André Marfaing, qui a une certaine renommée en France dans les milieux informés. Il faut dire qu’il est parti à Paris dès le début de sa carrière. Il a vite compris que la seule issue était là. Quant à Soulages, il est le seul à avoir une renommée internationale. Pourtant, le travail de nos artistes est remarquable. Mais il n’est pas soutenu, ni reconnu, ni en région, encore moins au niveau national. Mépris total du “provincial” : un phénomène bien français. Pourquoi, chez nous, cette criante injustice ?

Justement, cet ouvrage est-il voué à être réactualisé afin de soutenir régulièrement les talents toulousains ?

En ce moment, je travaille déjà à l’édition suivante de cet ouvrage. Il faut donner des chances à d’autres artistes de talent qui attendent. C’est justice !

Propos recueillis par Sophie Orus


L’école de Toulouse
D’Annie Merle
Editions Atlantica


UN COMMENTAIRE SUR «Donner sa chance aux artistes toulousains»

  1. darques dit :

    Madame,

    Je suis la fille de Pierre DARQUES (peintre et professeur des Beaux-Arts de Tououse).
    j’aimerais savoir où je pourrais acheter le livre “les peintres de l’école toulousaine”.
    Merci d’avance.
    Cordialement

    Brigitte DARQUES

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