Dominique Baudis reprend du service

L’électrochoc des élections municipales qui suivait l’électrochoc des législatives a crée à l’UMP 31 une prise de conscience.  Certains ont compris que même en étant le parti majoritaire, si les hommes n’étaient pas à la hauteur, rien n’était possible. (Contrairement au slogan de campagne de Nicolas Sarkozy «ensemble tout est possible»).
 

C’est donc avec un chargé de mission nommé par Paris, Christian Raynal, que cette fédération va se refaire une santé, mais c’est promis, pas sans les militants. Sur Radio Plus le 15 mai dernier, Christian Raynal n’a pas mâché ses mots. Il a parlé de désastre électoral, de champ de ruines, de reconstructions nécessaires. Il aussi affirmé sa volonté de changer les hommes, de redéfinir un vrai projet, tout ceci avant l’été. Sa première constatation a été la suivante : depuis maintenant plusieurs années, les adhérents de l’UMP sont laissés pour compte, leur avis n’est jamais écouté et les dirigeants de l’UMP ont travaillé seuls dans leur tour d’ivoire, jusqu’à la défaite totale. Christian Raynal a donc organisé dans les circonscriptions des réunions pour écouter les revendications des militants. Il a eu ce courage, il faut le reconnaître de se mettre sous les feux croisés des critiques, étant le seul à assumer la défaite. Lors de l’une de ces réunions, les demandes unanimes de militants étaient : «Des élections internes non truquées, pas comme par le passé, le refus des hommes nommés par Paris, des projets plutôt que des hommes», et bien d’autres demandes allant dans le même sens. Une demande forte a aussi été entendue : «avoir une direction de l’UMP qui soit vraiment UMP et pas des responsables qui se réclament de ce parti quand cela les arrange, mais qui n’en sont plus membres quand il s’agit d’être élu.»

Dindons de la farce

Parmi toutes ces demandes, Christian Raynal va certainement œuvrer pour en satisfaire quelques unes. Bien sûr il veut lui aussi des élections démocratiques et non truquées, c’est un minimum. Il a promis des élections anticipées pour l’automne, la démission officielle de Philippe Douste-Blazy provoquant cette anticipation électorale. Mais l’information qui va certainement ne pas plaire à tous, c’est l’intérim de la présidence de l’UMP qui sera assuré par Dominique Baudis. C’est l’encadrement parisien de l’UMP qui va entériner cette nomination ce jeudi 22 mai avec la présence à Toulouse de Patrick Devedjian et Nathalie Kosciusko Morizet. Cette nomination venue d’en haut va certainement provoquer de nombreux remous (cela a déjà commencé). Surtout que, logiquement, Dominique Baudis va être obligé d’adhérer à l’UMP ; ce que personne n’avait obtenu par le passé. Un Président nouvel adhérent c’est une première à Toulouse, mais ceux qui voulaient un président issu des rangs des purs UMP anciens RPR, seront déçus. Patrick Devedjian descend donc à Toulouse non pas pour entendre et écouter les militants mais pour informer des décisions prises par la direction. A entendre les discours des militants de Haute-Garonne, cela risque de ne pas se passer aussi simplement et la réunion qui va suivre l’annonce risque d’être houleuse. Il faut bien comprendre que ce n’est pas la personnalité de Dominique Baudis qui est rejetée par les militants, ce n’est pas l’homme mais la façon dont l’UMP va encore imposer à Toulouse un président qui n’est pas un homme politique de l’UMP. Même si c’est un sympathisant, beaucoup penseront que c’est encore un coup de ceux qui dirigent Toulouse depuis trente ans, surtout que les sénatoriales se profilent à l’horizon et qu’un seul siège est accessible à l’UMP. Une dure bagarre en perspective, le seul malheur c’est que ce sont les militants UMP qui seront encore les dindons de la farce.

Patrick Crasnier,
 intervenant sur Radio Plus 106.8 FM
www.jazzpote.net


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