Dixième anniversaire d’Avocats Sans Frontières France

La ville de Toulouse a accueilli à l’Hôtel de Région d’abord, à la Salle des Illustres ensuite, et au Restaurant du Stade Toulousain enfin, le Xème anniversaire de la Branche Française d’Avocats Sans Frontières.
ASF : Quel beau nom pour une association créée pour sa branche française par un talentueux avocat toulousain, illustre dans les prétoires, convaincant dans ses plaidoiries et actif dans ses combats, Maître François Cantier.

 
Celui qui fut fondateur France de l’association, a été également sans emphase, et sans le faire dire ni savoir, le moteur de ce qui est devenue une ONG bénéficiant du soutien de l’Union Européenne, d’un statut consultatif auprès de l’ONU et de l’OIF.
Plus que ce rapide mais nécessaire rappel, c’est l’immense travail réalisé qui doit être évoqué.
Si Bernard Kouchner, lui-même, a adressé un message le 25, jour de l’anniversaire, en vantant les 10 ans de travail effectué, les progrès réalisés, et en assurant de sa présence aux côtés de cette ONG, c’est peut-être qu’il est temps de louer le travail des militants, magistrats, avocats, juristes, salariés, bénévoles, qui partagent tous l’objectif fondateur de l’association : défendre les droits fondamentaux, favoriser l’accès à la justice et au procès équitable à travers l’exercice d’avocats libres et indépendants, promouvoir l’Etat de Droit et lutter contre l’impunité grâce aux renforcements des capacités locales.
C’est de tout cela qu’il a été question pendant cette journée intense et riche qui n’était pas qu’un anniversaire, mais également un exposé des chantiers en cours et à venir.

 

Aider les juristes locaux

Egalement grâce à Sylvie Pantz, ancien magistrat, travaillant aujourd’hui auprès du Ministère des Affaires Etrangères, des phrases fortes ont été dites, comme en particulier, il faut aider les juristes locaux en leur permettant de connaître leurs lois, mais avant de partir, il faut aimer ces peuples.
De même, Bernard Lavigne, Magistrat de la Cour Pénale Internationale, a insisté sur la difficulté et l’intérêt du travail effectué depuis 10 ans par cette ONG, qui n’est pas toujours bien accueillie et le plus souvent sur des territoires en proie à de terribles conflits.
Monsieur le Bâtonnier Pierre Legros, du Barreau de Bruxelles, fondateur de ASF Belgique dont il avait déposé les statuts en 1992, a pris la parole pour insister, avec les autres intervenants, sur le rôle central joué par Avocats Sans Frontières, pour que soit créée, partout sur la planète, une communauté de vue qui a contribué à la création et au fonctionnement, pour le moment encore rudimentaire, de la Cour Pénale Internationale et du Tribunal Pénal International.
Claude Jorda, ancien du TPIY (Tribunal pénal international pour la Yougoslavie) et président de la Chambre préliminaire de la CPI (Cour Pénale Internationale) équivalent de la Chambre de l’instruction, a rappelé à l’assemblée qu’elle constituait le plus vieux et le plus beau rêve que caressait l’humanité, et qui a inventé un statut à cette institution.
Monsieur De Charrette, Juge International au Kosovo, est venu lui aussi dire que la difficulté de se faire admettre sur place réside dans le fait qu’on y est parfois très mal perçu.

 

Nécessaire formation des intervenants avocats

Maître Mabille, Vice-Présidente d’ASF, a rappelé la difficulté de l’intervention lors des procès du génocide du Rwanda et devant le TPI pour le Rwanda. Ayant évoqué la question de la communication avec son propre client, elle a suscité un débat qui a permis d’évoquer des difficultés que rencontrent les avocats intervenant sur place et lorsqu’ils sont locaux peuvent risquer leur vie.
Plus avant dans la journée ont été évoqués les projets dans différents pays, là où la défense n’a plus la parole.
Ainsi il fut question de la Chine, de la Colombie, du Nigéria, des projets au Cambodge, des tours juridiques au Mali.
De même, ont été évoqués trois pays emblématiques pour le lancement du projet “les avocats au service des avocats”, en Algérie, en Arménie et en Colombie.
De même et pour résumer, Madagascar a été cité comme étant un projet que conduit ASF France en mettant en place les actions de défense, les projets de renforcement de la profession d’avocat et de l’Etat de Droit, en même temps qu’a été mise en exergue l’internationalisation de la Justice qui doit répondre à une internationalisation de la défense et donc de la profession d’avocat.
Tous les intervenants ont insisté sur la nécessaire formation des intervenants avocats, sur la nécessaire compréhension des systèmes qui existent dans tous ces pays, dont beaucoup sont en guerre, de même qu’a été rappelés la place et le rôle des principales juridictions pénales et internationales ainsi que le rôle des avocats et la place de la défense devant les TPI et la CPI.

 

Lutter contre l’impunité

Au cours du débat, la responsable nigériane d’une association travaillant avec ASF, a considéré que les avocats d’Avocats Sans Frontières sont des frères et des sœurs, et souhaité la fin de la peine de mort dans tous les pays.
Enfin, mais c’était au début, qu’Ashraf Joumaa al-Hajouj, le médecin palestinien détenu avec les infirmières bulgares, a pris la parole pour rappeler qu’ils avaient été victimes d’un dictateur effrayant et que pour lui aujourd’hui le but est de faire passer les Droits de l’Homme avant le prix du gaz et du pétrole.
Journée terminée à l’Hôtel de Région Midi-Pyrénées par une brève intervention de Maître Cantier rappelant qu’il y a des adversaires qui n’ont pas signé la Charte, USA, Chine, Russie, et que lutter contre l’impunité et pour des procès équitables est encore et toujours à l’ordre du jour.
De même, fut-il rappelé, la création par l’Union Européenne d’un observatoire de Défense des Avocats.
Le dernier mot revenant au représentant ASF Mali qui brièvement remerciait du travail effectué et des projets envisagés et en cours.

Alain-Jean Varet
Avocat au Barreau de Toulouse


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.