Dimanches et jours fériés ; Ouvertures des commerces en 2012

Alors que le débat est ravivé au plan national, le 18ème accord limitant l’ouverture des commerces haut-garonnais en 2012, vient d’être signé. Les représentants patronaux et syndicaux se félicitent de cette exception départementale qui néanmoins permet aux consommateurs de faire leurs achats trois jours fériés dans l’année ainsi que les deux dimanches avant Noël.

 
Pour la 18ème année, ils sont arrivés à un consensus. Le 9 janvier dernier, les représentants des principales organisations patronales et des organisations syndicales de salariés, l’Association des Maires de la Haute-Garonne, la Mairie de Toulouse et la DIRECCTE (Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence et de la Consommation, du Travail et de l’Emploi) ont signé l’accord 2012 limitant l’ouverture des commerces haut-garonnais de plus de 400m². «Les partenaires ont à nouveau fait preuve du sens de l’intérêt collectif en surmontant tou-tes les divergences» a expliqué Michel Roux, président du Conseil Départemental du Commerce (CDC). Sont par conséquent accordés, trois jours fériés, les jeudi 17 mai et 1er novembre, le samedi 14 juillet et deux dimanches, les 16 et 23 décembre prochains, sauf contre-ordre : «On est toujours ouverts à la discussion en cas de déplacement de dates.» ajoute Joseph Bellanca, Secrétaire Général de l’Union Départementale des Syndicats Force Ouvrière de la Haute-Garonne.

Le cas Nailloux

Il y a ainsi près de deux décennies, c’est Roland Garrigou* (fondateur du groupe Gefiroga, propriétaire de l’enseigne Midica et de plusieurs magasins Intersport, ndlr) qui va, en tant que président du CDC, entamer les premières négociations du genre avec les «grands hypers». «L’idée de départ était d’avoir une saine concurrence parce qu’avant, c’était l’anarchie» se souvient Michel Roux. Très vite, l’investissement de Roland Garrigou va porter ses fruits. «Au fur et à mesure, les gens se sont rapprochés et on en arrive aujourd’hui à un accord multi-enseignes, multi-métiers» poursuit M. Roux. Cependant, il arrive malgré tout quelques couacs. Un des derniers en date a concerné une grande enseigne spécialisée dans la décoration. Fraîchement arrivée sur Toulouse, cette dernière n’a pas respecté le fameux accord, véritable «instrument de régulation économique et sociale» selon la DIRECCTE. Dans un tel cas, les représentants du CDC font montre de pédagogie : «Nous avons rencontré les dirigeants du groupe en question et depuis, ils respectent l’accord.» affirme l’actuel président du CDC. De même, les 27 novembre et 4 décembre derniers, le Nailloux Fashion Village a été autorisé à ouvrir suite à une dérogation délivrée par le maire de la commune. Deux dimanches qui se situaient en dehors de l’accord du CDC pour 2011. «Il ne faut pas que cela se reproduise. C’est ce type de comportement, de concurrence déloyale, que nous voulons éviter» clame Joseph Bellanca qui dans le même temps, temporise : «Ils (le Nailloux Fashion Village, ndlr) étaient en dehors de l’accord mais pas hors la loi. (…) Je les ai rencontrés et ils vont s’inscrire dans notre accord» assure-t-il.

Et les consommateurs ?

Pas plus tard que dimanche dernier, bien qu’elle ait été rappelée à l’ordre par le tribunal de Pontoise, (Val d’Oise), une enseigne de bricolage a bel et bien ouvert ses portes, avec le risque d’une astreinte de 30 000 euros par infraction et par établissement, pour non respect du repos dominical des salariés. Interrogés, certains consommateurs, eux, voyaient comme une aubaine la possibilité de faire leurs courses le dimanche. Un argument que réfute en bloc Michel Roux : «Les gens travaillent 35 heures, alors que les magasins restent ouverts en moyenne 75 heures. Ils ont donc le double de temps à consacrer à leurs achats.» Même colère du côté des syndicats : «Je suis ulcéré de constater que des retraités se rendent dans les magasins le dimanche. S’ils n’ont rien de mieux à faire, on va leur trouver de la lecture ou d’autres occupations ! C’est ridicule et inquiétant. Et pour les actifs, je vous tiendrai le même discours !» s’indigne Joseph Bellanca qui considère en outre que «les salariés désirant travailler le dimanche sont ceux qui n’ont pas d’emploi à temps complet». Reste que cette exception haut-garonnaise à laquelle ces représentants se disent «attachés», ferait des émules aux frontières de notre département. En effet, le Tarn se mettrait paraît-il, au diapason.

A noter que les soldes ont commencé hier en Haute-Garonne. Elles se poursuivront jusqu’au 14 février inclus.

*Garrigou, un nom important à Toulouse mais aussi un prénom, Marcel Garrigou, (père de Roland) : un proche soutien du Journal Toulousain depuis sa création et d’André Gallego.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.