Diam’s ; La boulette lance des S.O.S.

Après plus d’un an d’absence, Diam’s revient sur scène. Elle sera en concert le 22 mai au Phare (Tournefeuille), cette fois-ci dans le cadre d’une tournée plus intime.

 
Avec son enthousiasme, son innocence et sa rage, Diam’s a séduit toutes les couches sociales françaises : cette jeune femme défend ses convictions avec cœur. Mais elle a parfois irrité. Le public lui moque un temps sa naïveté et les clichés évoqués dans ses titres. Malgré tout, elle était, en 2007, l’artiste qui a vendu le plus de disques en France. A la fin de cette année-là, subissant tour à tour la déferlante du succès et ses mises à nue people, Diam’s craque, divague, fond en larmes lors des Victoires de la Musique 2008.
Il faut dire que la jeune chanteuse n’a pas été épargnée. Depuis ses débuts dans le rap à 16 ans, Diam’s, alias Mélanie Georgiades, raconte ses blessures d’écorchée vive : père absent, tentative de suicide à 15 ans, violences conjugales à 17. “SOS”, son tout nouvel album, revient sur les épreuves qu’elle a traversées en 2008. Les longues confessions autobiographiques, “I Am Somebody” et “Si c’était le dernier”, martèlent ce mal-être existentiel avec un flow intense sur fond de larmes et de rires cassés. «Soit on m’interne, soit on m’enterre», chante-t-elle en revenant sur cette année sombre. Elle règle aussi ses comptes avec les politiques et notamment Nicolas Sarkozy : en juin 2008, elle déclarait sur CNN «ne pas aimer le président». Diam’s prolonge aujourd’hui sa chanson la plus connue, “Ma France à moi” (2006), avec “L’Honneur d’un peuple”.

 

Polémique sur le voile

Mais le nouvel album de la rappeuse, sorti dans un contexte particulier, a également défrayé la chronique. Les photos de Diam’s voilée prises l’an dernier à la sortie d’une mosquée ont surpris plus d’un fan. Dans son nouvel opus, elle prend position pour le port du voile dans “Lili”, une chanson calme, au piano. Elle y met en scène le mal-être d’une lycéenne : «Elle n’est pas laïque, cette nation / Elle craint juste la contagion.»
Diam’s revient donc comme on l’a toujours connue. Fragile et fleur bleue. Orgueilleuse et coriace. Poignante dans une ballade piano-voix et rugueuse sur un rap hardcore. Capable de livrer un brûlot politique contre un Sarkozy «élu avec les voix du FN» et d’apparaître déguisée en ours polaire pour chanter son refus de grandir sur “Peter Pan”. Et de terminer son concert avec une chanson éruptive de sept minutes sur sa descente aux enfers, sa rédemption et sa renaissance.
A découvrir sur la scène du Phare, à Tournefeuille le 22 mai à 20h.

Eva Larand


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