Deux ZSP à Toulouse : Et après ?

Comme l’avait annoncé Manuel Valls à Toulouse, en octobre dernier, le Grand Mirail et le quartier Nord Est de Toulouse sont classés Zones de sécurité prioritaires (ZSP). L’instauration de ZSP, un peu partout en France, date de cet été. Qu’implique vraiment cette classification ? Quels sont les objectifs ? Le point sur une mesure encore toute fraîche, dont les contours restent flous.

 

«Les zones de sécurité prioritaires correspondent à des territoires dans lesquels les actes de délinquance sont structurellement enracinés» selon la définition officielle de la préfecture.

La zone du Grand Mirail englobe les quartiers de la Reynerie, Bellefontaine, la Faourette et la commune de Cugnaux, pour sa proximité avec le quartier du Mirail. Elle totalise 48 500 habitants, tandis que la zone Nord Est Toulousain est plus restreinte. Elle comprend le quartier des Izards et ses abords, soit 14 000 habitants. L’objectif premier de ces zones est de démanteler l’économie souterraine liée aux trafics de stupéfiants et d’armes, car «ils sont à l’origine de nombreux faits de délinquance, comme les conflits entre bandes, les cambriolages et autres violences» explique Jean-Pierre Havrin, adjoint au maire à la sécurité.

Sur le terrain, le principe sera la coopération entre les différents acteurs liés à la sécurité. «La sécurité est une coproduction, cela ne concerne pas que la police» précise l’adjoint, mais également le milieu associatif, le secteur social, l’éducation et la justice. Les ZSP, «c’est une nouvelle philosophie qui permettra de reconquérir les territoires et la population» ajoute-t-il.

 

Les syndicats de police, satisfaits mais sur leur garde

 

En termes de moyens accordés aux ZSP, les informations sont encore imprécises. «On va réorganiser les moyens existants, et donner plus de pouvoirs aux acteurs locaux» selon Jean-Pierre Havrin. Les syndicats de police sont inquiets. «Les ZSP c’est une méthodologie qui est satisfaisante sur le papier, mais il faut des effectifs pour l’appliquer. On craint un effet d’annonces pas suivi d’effets» explique Didier Martinez, secrétaire régional de l’Unité SGP Police Midi-Pyrénées. «Il y aura une amélioration avec l’arrêt de la RGPP, mais les effectifs nouveaux n’arriveront pas avant 2014, le temps de les former» souligne Jean-Pierre Havrin. Le ministre de l’intérieur, Manuel Valls a annoncé à Toulouse que 500 postes seraient ouverts chaque année du quinquennat, police et gendarmerie confondues. «Il est évident que ces nouveaux effectifs seront en priorité affectés aux ZSP» précise l’adjoint.

Mais rien n’est encore fixé de manière précise, «on ne nous a rien précisé de concret, et on n’a pas encore assez de recul sur les premières ZSP déclarées cet été, pour savoir ce qui va être fait» souligne Didier Martinez. Le syndicat FPIP manifeste les mêmes doutes, «le redéploiement de moyens, c’est déshabiller Pierre pour habiller Jacques !» lance Didier Gailhard, secrétaire régional du syndicat.

L’organisation des ZSP sera établie par la «cellule de coordination opérationnelle des forces de sécurité intérieures» qui réunira les services de l’Etat une fois par mois. Sous la direction du Préfet Henri-Michel Comet et du Procureur de la République Michel Valet, la première réunion aura lieu le 20 novembre prochain. Une autre «cellule opérationnelle du partenariat» se chargera de piloter la complémentarité entre les différents partenaires. Les premiers contacts sont noués, mais la date n’est pas encore fixée. Les effets concrets qui suivront la classification ZSP, seront visibles dès 2013, sans plus de précisions. Une chose est sûre, «être une ZSP n’est pas une fin en soi, mais un moyen» rappelle Jean-Pierre Havrin. «Si d’ici quatre ans, rien n’a changé, ce sera un échec» ajoute Didier Martinez. Le compte à rebours est lancé.

Coralie Bombail

 

 



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