Deux étudiants disparus dans l’Himalaya: L’absence d’indices permet d’espérer

Valentin Mousset n’a plus donné signe de vie depuis le 22 août dernier

Depuis le 22 août dernier, Valentin Mousset, étudiant à Sciences Po Toulouse, et François-Xavier Daubigeon, un étudiant bordelais, sont portés disparus dans l’Himalaya. Malgré les recherches que certains qualifieront de « lentes », les deux jeunes hommes n’ont toujours pas été retrouvés. Leurs proches continuent à espérer, « car rien ne permet de conclure à un scénario certain. »

 

« Nous gardons espoir ! » C’est le cri poussé par les familles et les amis de Valentin Mousset et François-Xavier Daubigeon, les deux étudiants français partis en Inde pour une mission sanitaire et désormais portés disparus dans l’Himalaya depuis trois mois. Inscrit à Sciences Po Toulouse, Valentin s’était engagé auprès de l’association « Jeunesse et reconstruction » pour assurer l’édification d’une école en Inde. Voyage qui devait durer trois semaines mais d’où il n’est jamais revenu. Une fois la mission accomplie, Valentin et François-Xavier se joignent à un groupe de trente personnes pour un trek dans l’Himalaya. Grisés par l’aventure, les deux jeunes hommes repartiront à l’assaut de la montagne pour « occuper la journée de battement qu’il leur restait avant de rentrer », confie Manon, une de leurs amies de Sciences Po. Ils s’enfoncent alors dans la montagne de Dhauladhar, desquelles ils ne réapparaîtront pas. A 4 500 mètres d’altitude, les deux étudiants sont officiellement portés disparus le 22 août. Les recherches s’organisent alors mais les conditions météorologiques sont difficiles. Ce sont d’abord les guides indiens qui partent sur les traces de Valentin et de François-Xavier, avant que les autorités et l’armée ne prennent les choses en main.

 

Des recherches vaines

 

« En période de mousson, comme c’est le cas, les pluies sont diluviennes et les recherches en sont d’autant plus ralenties », explique Paul Rey, le colocataire de Valentin à Toulouse, tenu au courant des avancées sur place par la famille. Ces derniers regrettent alors les difficultés d’organisation des secours : « ils m’ont expliqué que, dans les premiers temps, l’inertie était insoutenable, ça n’avançait pas. Les décisions prenaient du temps car l’Inde est un Etat fédéral, ce qui complexifie la circulation des informations », précise-t-il. En France, une cellule de crise a été mise en place au Quai d’Orsay, restant en contact permanent avec les ambassades françaises et indiennes. Pourtant, l’ambassade d’Inde à Paris déclare ne pas être au courant du dossier et précise « que l’accident a eu lieu sur le territoire népalais et non indien. »

Sur place, l’armée dépêche des hélicoptères et organise des battues mais sans succès. Parallèlement, les parents des deux étudiants appellent les randonneurs à participer aux recherches via les sites internet spécialisés. Mais au bout d’un mois, les autorités décident de cesser toutes explorations. Loin de baisser les bras, les familles de Valentin et de François-Xavier s’organisent et diffusent en Inde, par l’intermédiaire de l’ambassade française, des avis de recherche, offrant « 100 000 roupies (environ 1 100 euros, ndlr) à toute personne susceptible de rapporter une information utile. » En France, les soutiens se multiplient sur la page Facebook (« Valentin, François-Xavier, soutenons-les, retrouvons-les ») spécialement éditée pour ne pas que Valentin et François-Xavier tombent dans l’oubli.

 

Aucun indice, aucune certitude

François-Xavier Daubigeon est porté disparu dans la montagne de Dhauladhar

 

La cellule de crise du Quai d’Orsay est désormais en sommeil, mais assure aux familles des disparus qu’elle « serait réactivée à la moindre alerte, à la moindre trace des deux étudiants. » Et c’est justement cette absence d’indices qui permet aux proches de garder espoir : « le mystère reste entier car les autorités n’ont rien trouvé, pas de sac à dos, pas de traces de chute, rien. Ainsi, personne ne peut affirmer qu’ils sont vivants, mais personne ne peut non plus certifier qu’ils sont morts », explique Paul. Ainsi, les parents de Valentin ont organisé une cérémonie en Vendée, région d’où Valentin est originaire, mais il n’était pas question pour eux d’y commémorer la mémoire de leur fils. Ses amis de Toulouse s’y sont rendus et confient qu’il « s’agissait plus d’un moment de communion, de soutien et d’espoir que d’un adieu. » Plusieurs hypothèses restent donc encore possibles. D’abord celle d’une disparition suite à une chute ou une blessure. « Nous savons, ses parents et moi, qu’il s’agit sûrement de la plus probable, mais tant que la preuve n’en aura pas été apportée, tant qu’il restera un infime pourcentage de chance qu’il en soit autrement, nous y croirons », clame Paul. Car reste également la possibilité d’un enlèvement. Mais les autorités ont exclu cette piste car aucune demande de rançon n’a été formulée. Pour finir, les proches de Valentin ont pensé qu’ils auraient pu être victimes du syndrome indien, troubles faisant perdre tous repères aux touristes et pouvant engendrer un changement de personnalité, voire des délires paranoïaques. Même une quête spirituelle subite a été envisagée mais là encore, l’hypothèse est peu crédible, car Valentin « aurait donné des nouvelles. » Mais ces dernières manquent cruellement. Pourtant les proches des deux disparus refusent de se résoudre et espèrent encore.

 

 

 

Séverine Sarrat



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