Dette : comment en sortir…

Voilà quelques décennies, un professeur d’économie m’enseignait que c’est en s’éloignant du sujet, que l’on remarque, que l’on prend conscience de ses véritables particularités… Et j’avoue avoir bien souvent tenté d’appliquer, dans ma vie professionnelle comme privée, ce précieux conseil. Alors, comme de logique, la crise économique que nous vivons, devrait nous imposer cette précaution de réserve. Sauf, qu’aujourd’hui force est de constater, qu’il n’est pas besoin de s’éloigner ou de prendre de la hauteur pour comprendre que tout va mal, dans ce pays. En réalité, la crise est un bon prétexte pour camoufler toutes les carences et abus en tous genres qui permettent seulement et comme toujours, à une minorité, comme on le voit au niveau de certains CE, appels d’offres et charges politiques, de pouvoir encore surfer sur la vague ; mais pour combien de temps encore ?

 
Avec cette crise qu’aucun de nos supers experts n’a vu venir et encore moins les agences de notations dont c’était pourtant la première mission, ce sont plus de 100.000 milliards d’euros qui sont partis en fumée sur les marchés boursiers. Un exemple, pour la seule place de Paris, qui présente aujourd’hui et en cumulé, une quasi perte de -80%. Une place boursière, soi-dit en passant et on «l’avoue» peu, qui est désormais coachée par New-York… Venant même de se lancer à l’assaut de Londres en se proposant d’y accueillir les entreprises du monde entier qui veulent se faire coter. Pour les plus optimistes, c’est un savoir national qui veut s’imposer sur l’une des plus fortes places de marchés financiers mondiaux. De l’autre côté, chez les plus pessimistes, c’est une diversion pour ne pas avoir à rendre de comptes sur les errances de ces dernières années. Avec le risque de perdre encore un peu plus de sa substance, de sa raison d’être pour ne devenir à terme qu’une place financière de seconde zone qui ne dit pas encore ses dangers… Mais que l’on devine…

2012 peut-il changer la donne ?

On le sait, malgré les promesses des candidats à la présidentielle et leurs soi-disant recettes miracles, oui, l’année 2012 ne sera pas celle du rebond tant attendu. Au plus haut niveau de l’Etat, on l’a compris depuis longtemps. N’est-ce pas notre Premier Ministre, François Fillon qui parle à juste titre de 2016 pour retrouver l’équilibre ?
Et ce n’est pas le baroud d’honneur des dernières séances de hausse à la bourse de Paris, anecdotiques au regard de la faiblesse des volumes échangés, qui masqueront l’essentiel : nous sommes au bord de grandes difficultés si un consensus politique national n’est pas trouvé. Car sans ce consensus national notamment sur l’engagement à aller vers une dette zéro, toutes les avancées européennes auront peu ou pas de chance d’inverser la tendance. En économie et quasi plus qu’ailleurs, ne l’oublions pas, tout est question de confiance. Voyez la Grande Bretagne plus endettée que nous, et avec moins de possibilités de changer la donne économique rapidement et pourtant les agences de notations lui accordent plus d’opportunités de s’en sortir que les pays de l’euro… Car elle n’a pas d’états d’âme, et fait preuve d’une dynamique plus pertinente, plus en phase avec les réels besoins des marchés comme des sujets de sa majesté la Reine.

Les Français n’ont plus confiance ?  

Sans oublier que si la relance n’est pas là, c’est tout simplement parce qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses. Mais aussi et surtout parce que les Français n’ont plus confiance en leurs dirigeants. Ils ne croient plus en celles et ceux que l’on a faussement qualifiés “d’élites”, qu’elles soient politiques, intellectuel-les et même journalistiques. Toutes ces élites autoproclamées se sont lourdement trompées dans leurs diagnostics, leurs prévisions ou leurs analyses. Aujourd’hui elles sont même coupables d’avoir masqué leurs erreurs et leurs faillites dans les mensonges et la manipulation médiatique. Les politiques ont trahi les citoyens par des promesses non tenues, des rejets de décisions référendaires mais aussi parce qu’ils ont été incapables de s’appliquer à eux-mêmes les sacrifices qu’ils demandent en permanence aux Français.  
Nos concitoyens ne sont dupes de rien. Aujourd’hui ils font le constat que nos dirigeants ne savent ni anticiper, ni bâtir un plan de rénovation d’envergure, répondant aux attentes précises de notre économie. Mais surtout que ces hommes et ces femmes pourtant de qualités affirmées, entourés de spécialistes en tous genres, dotés de systèmes de contrôles efficaces, ne savent pas influer sur les attentes réelles qu’impose la gestion efficace d’un pays parce que depuis trop longtemps, ils sont coupés de la base. C’est probablement un problème d’écoute, de prise en compte et de gestion des objections, mais surtout une déconnection totale avec le terrain, avec le quotidien des Français. Cette majorité silencieuse quasi invisible qui ne se reconnaît plus en eux et qui n’avancera que si elle a des certitudes.
Oui, au plus haut niveau de l’Etat, comme dans une entreprise, le décisionnaire doit communiquer, partager ses plans d’actions en stratifiant sa méthodologie sur les critères les plus simples. Il doit imposer la transparence à tous les échelons de l’Etat… Et c’est probablement de là que viennent toutes les difficultés, toutes les suspicions qui amèneront demain le chaos. C’est inéluctable…
En France, beaucoup trop d’informations importantes, pour le devenir de chacun des Français, ne sont pas accessibles par le commun des mortels. Un manque de transparence chronique qui engage leur méfiance sponta- née pour tout ce qui touche la sphère politique, associative comme la haute finance et leur impose par réflexe sécuritaire un repli sur soi. Un comportement légitime qui est pourtant préjudiciable pour l’épanouissement de chacun comme de l’ensemble. Mais peut-on vraiment les blâmer…
Alors qui, pour nous redonner l’envie d’aller encore de l’avant ?



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