Dépendance, Toulouse en pointe: La Ministre Delaunay se félicite des travaux toulousains

La question de la dépendance alimente depuis maintenant quelques années le débat politique. Lors de la précédente mandature présidentielle des concertations et des axes de réflexion ont été dégagés. Michèle Delaunay, Ministre en charge des Personnes âgées et à l’autonomie de l’actuel gouvernement annonce un projet de loi sur la dépendance au cours de la première moitié de quinquennat. Quelles pistes sont-elles privilégiées ? Quels remèdes à la dépendance ?

 

La population française vieillit. Selon l’INSEE, la part des 60 ans et plus serait de 31.1% en 2030 alors qu’elle ne représentait que 20.6% en 2000. Cette part augmentera, d’ici 2030, pour la région Midi-Pyrénées de 16 points. Pour la Ministre déléguée en charge des Personnes âgées et à l’autonomie Michèle Delaunay, l’enjeu est de taille «Nous devons, par obligation humaine mais aussi par contrainte financière, tout faire pour allonger le temps de vie sans incapacité notable» et de poursuivre «Si on regarde les courbes de dépenses de santé, la période de lourde prise en charge qui coûte le plus cher ».

La Ministre a passé la journée du 7 septembre à Toulouse, ville pilote en matière de gérontologie et s’est félicitée des travaux engagées en matière de fragilité et de dépendance. Au sortir de la matinée, elle confie : «On peut améliorer les choses, la dépendance n’est pas inéluctable comme peut l’être l’âge. On peut intervenir.» Toulouse accueille un Gérontopôle, structure unique en France créé en 2007, qui permet de rassembler en un même lieu tous les professionnels liés au secteur. Prévention, soin et recherche sont les maîtres-mots de cette entité dirigée depuis sa création par le Professeur Vellas. Pour la Ministre : «La diversité des acteurs montre la complexité de la problématique de l’âge.» Le Gérontopôle hisse Toulouse à la pointe du dépistage et de la prévention de la dépendance et est également moteur et pionnier dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer.

 

«Un Gérontopôle unique en France»

 

Une journée chargée, qui a débuté par l’ouverture d’un colloque «Quel avenir pour la dépendance ?» à la Manufacture des Tabacs organisé par des étudiants du Master 2 droit de la santé et de la protection sociale. Les professionnels du secteur et les étudiants ont pu échanger autour de nombreuses thématiques liées à cette problématique. Notamment sur la question de l’évolution du statut et des métiers des soignants : les infirmiers pourront-ils prescrire dans un cadre spécifique comme le font les sages-femmes ? Ou le financement de la dépendance, les politiques publiques, le panel des métiers et des formations liées à la dépendance et à la gériatrie, la question de la médication, les problèmes de maltraitance des personnes dépendantes. Autant de pistes de réflexion à considérer, travailler, évaluer, pour avancer vers des solutions.

La Ministre a ensuite visité la plate-forme d’évaluation des fragilités et de la prévention de la dépendance au Gérontopôle, à l’hôpital Garonne avenue de Casselardit. Créée par et au sein du Gérontopôle en collaboration avec le département universitaire de médecine générale, en septembre 2011, cette plate-forme accueille des personnes, sur prescription de leur médecin généraliste, pour faire un bilan complet de leur autonomie, se voir soumettre un plan personnalisé de prévention (recommandations médicales, nutritionnelles…) ainsi qu’un suivi particulier en lien avec le médecin traitant. Comme le Gérontopôle cette structure est unique en France et représente une solution notable en matière de prévention.

La matinée s’est poursuivie par une table ronde, avec la présentation de diverses études en cours sur le vieillissement, la mise en place de réseaux de recherche au sein des Établissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) pour permettre des études comme IQUARE (portail d’enquête sur l’impact d’une démarche qualité sur l’évolution des pratiques et le déclin fonctionnel des résidents des EHPAD) menée actuellement, et les projets innovants comme «la maison intelligente» à Blagnac.

 

«Valoriser les métiers de la santé»

 

La Ministre affirme avoir «trouvé énormément de pistes à Toulouse, dont la valorisation des métiers ou l’idée de former les assistants de vie au dépistage de la dépendance».

Michèle Delaunay a ensuite remis au Professeur Bruno Vellas, Président de la Société mondiale de Gériatrie et Gérontologie, directeur du Gérontopôle au CHU de Toulouse, une nouvelle lettre de mission, la quatrième émise par le Ministère de la Santé depuis 2007. Signée par la Ministre de la Santé, Marisol Touraine, cette lettre encourage la poursuite des travaux sur quatre thèmes : le repérage des personnes fragiles, les conditions d’évaluation et de traitements des fragilités, la modélisation de programmes de préservation de l’autonomie des personnes de plus de 65 ans et la mesure de la dépendance iatrogène (effet indésirable provoqué par un médicament ou un traitement) induite par des prises en charges inappropriées.

Pour le moment, la ministre a affirmé que le projet de loi sur la dépendance s’articulerait autour de trois axes : «l’anticipation, l’adaptation de la société et l’accompagnement» et que le projet «sera opérationnel, validé et valide dans la première moitié du quinquennat».

Marie-Agnès Espa

 

 

En 2007, Toulouse a été choisie pour l’implantation d’un premier Gérontopôle, expérimental, sur le territoire français. En Haute-Garonne, 24 000 personnes sont bénéficiaires de l’Aide aux Personnes Âgées (APA) (21 966 en 2009). Midi-Pyrénées est au 5° rang des régions ayant la part la plus élevée de personnes âgées, près de 10% de la population a plus de 75 ans. En France, l’espérance de vie est de 78 ans pour un homme et 85 ans pour une femme. Onze millions de personnes seraient concernées par la dépendance. Plus d’information sur http://www.ensembleprevenonsladependance.fr

 

 



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