Départs en fin d’activité en Midi-Pyrénées ; Un défi pour de nombreux secteurs et métiers

D’ici 2020, un tiers des actifs quitteront le marché du travail en Midi-Pyrénées : les baby-boomers auront massivement atteint l’âge de départ à la retraite. De nombreux secteurs sont concernés : l’éducation, l’administration, la santé, l’action sociale, l’agriculture, les services aux particuliers. Dans les métiers en développement comme ceux liés au vieillissement de la population, le remplacement des postes sera nécessaire au-delà du nombre de départs. Dans d’autres, les recrutements ne seront pas aussi nombreux que les fins de carrière. Dans tous les cas, il s’agit d’un défi à relever dans les années à venir. Une enquête réalisée par l’INSEE.

 
Deux enjeux liés au vieillissement de la population active

Le vieillissement de la population affecte le marché du travail. En Midi-Pyrénées comme dans les autres régions françaises, les difficultés que rencontrent de nombreux quinquagénaires à trouver un emploi et leur faible présence sur le marché du travail au-delà de 60 ans se traduisent par un taux d’emploi des 55 à 64 ans (38 % en 2006 en Midi-Pyrénées), très inférieur à l’objectif du sommet européen de Lisbonne (50 % en 2010). Un premier enjeu consiste donc à favoriser le maintien et le retour à l’emploi des seniors. D’autre part, les nombreuses générations du baby-boom vont cesser leur activité dans les prochaines années. Ces départs massifs nécessitent d’anticiper les besoins de main-d’oeuvre qu’ils engendreront et, en conséquence, les besoins de formation. Pour alimenter cette réflexion prospective, on peut estimer l’ampleur du phénomène à travers le nombre d’actifs en emploi susceptibles de quitter le marché du travail à l’horizon 2020.

 


2005-2020 : un actif sur trois aura cessé son activité

A l’horizon 2020, la majorité des actifs en emploi âgés de 50 à 64 ans en 2005 se sera définitivement retirée du marché du travail. A ces départs s’ajouteront également ceux d’un certain nombre d’actifs âgés de 35 à 50 ans en 2005. L’intensité de ces départs varie en fonction des hypothèses faites sur les pratiques de cessation d’activité. En supposant un maintien des comportements de départs en retraite constatés entre 1993 et 2002, c’est-à-dire sans tenir compte de l’impact des diverses réfor-mes des retraites intervenues depuis lors, 404 000 actifs occupés de Midi-Pyrénées, soit 36 % de ceux qui travaillent en 2005, devraient définitivement quitter la vie active dans les quinze prochaines années. Dans l’hypothèse où l’âge de cessation d’activité augmenterait d’un an par rapport aux pratiques observées sur la période 1993-2002, quelques 378 000 actifs se retireraient du marché de l’emploi, soit 33 % des actifs en emploi en 2005. Cette deuxième hypothèse est à privilégier au vu de l’évolution de l’âge moyen de départ à la retraite constaté en Midi-Pyrénées. Si l’âge de cessation d’activité se décalait de deux ans, les actifs seraient 352 000 à se retirer, soit 31 % des actifs en emploi en 2005. Avec ces taux, Midi-Pyrénées se situe dans la moyenne des régions françaises, à mi-chemin entre les régions plus vieillissantes et des régions plus jeunes.

 


Deux départs sur cinq dans l’administration et l’éducation ; la santé et l’action sociale très concernées aussi

L’éducation et l’administration seraient les secteurs les plus touchés. D’ici 2020, de 26 600 à 31 800 départs pourraient intervenir dans l’éducation et davantage encore dans l’administration publique (44 500 à 50 400). Ils résultent des recrutements massifs des années 70 dans ces deux secteurs et sont accentués par l’attrait qu’exerce la région, comme les autres régions du Sud. Le taux de départ avoisinerait 40 % à 50 % dans la plupart des métiers, hors ceux de l’armée, la police et les pompiers, plus jeunes. Les recrutements ne devraient pas être aussi massifs que les départs.
Plus du tiers des 161 000 actifs employés en 2005 par le secteur de la santé et de l’action sociale devraient cesser leur activité d’ici 2020. Le taux de départ serait le plus élevé pour les médecins, les infirmiers et sages-femmes, mais aussi pour les agents d’entretien nombreux à être employés dans ce secteur, et dans une moindre mesure pour les aides-soignants. Selon les travaux de prospective nationale réalisés par le Centre d’analyse stratégique et la Dares, les recrutements devraient contrebalancer les départs en retraite de médecins, de professionnels de l’action sociale et d’agents d’entretien. Les besoins d’une population vieillissante et en demande croissante de soins engendrera la création de postes supplémentaires d’infirmiers, sages-femmes et surtout d’aides-soignants.

 

Agriculture : un défi majeur

L’agriculture, fortement présente dans la région, ne sera pas épargnée : près de 30 000 actifs exploitants ou salariés agricoles, soit un actif du secteur sur deux, devraient cesser leur activité à l’horizon 2020. Cette perspective ne se traduira pas par un renouvellement équivalent de main-d’oeuvre dans un secteur où gains de productivité et restructurations vont continuer d’accompagner une baisse des emplois. Cependant, l’ampleur des départs interpelle les pouvoirs publics sur les conditions d’un maintien de cette activité essentielle.

Effets limités dans l’industrie et la construction

Dans l’industrie agroalimentaire, l’industrie des équipements électriques et électroniques et dans l’aéronautique, dont la main-d’oeuvre est beaucoup plus jeune, moins de 30 % des actifs de 2005 quitteraient le marché du travail à l’horizon 2020. Au total, le taux de départ des actifs occupant un emploi industriel en 2005 se situerait dans la moyenne régionale. De 49 200 à 57 700 personnes cesseraient leur activité d’ici 2020. Les secteurs industriels en déclin présenteraient les taux de départ les plus élevés : l’habillement-cuir, le textile, les industries de produits minéraux, les industries des équipements du foyer ou l’édition-imprimerie-reproduction.
Le secteur de la construction serait moins touché que la moyenne par les départs en fin d’activité. De 28 à 30 % de ses effectifs de 2005 pourraient se retirer à l’horizon 2020, soit 22 400 à 26 000 départs. Les ouvriers non qualifiés seraient peu concernés. Les taux de départ seraient proches pour les ouvriers qualifiés du gros oeuvre et ceux du second oeuvre. D’autres secteurs, jeunes, compteraient un faible taux de cessations d’activité : les services opérationnels, l’hôtellerie-restauration, les activités récréatives et culturelles, le commerce de détail, ainsi que les activités de conseil et d’assistance.

 


Nombreux départs pour les services aux particuliers

Les métiers d’aides à domicile et d’aides ménagères, d’assistantes maternelles et d’employés de maison sont des métiers en forte expansion, au regard des besoins croissants d’une population vieillissante et des transformations des modes de vie. Ce sont aussi des métiers aujourd’hui occupés par des salariés relativement âgés. Les départs en fin d’activité seront donc nombreux : de 16 800 à 19 200 au total, soit 38 à 43 % des actifs de 2005.
D’autres métiers, dans divers secteurs d’activité, sont concernés par des départs nombreux. Pour certains, l’enjeu consistera essentiellement à remplacer les départs, même partiellement : vendeurs, secrétaires… Pour d’autres métiers, en plein développement, les besoins de recrutement dépasseront la nécessité de suppléer aux fins d’activité : conducteurs de véhicule, intermédiaires du commerce, cadres et techniciens administratifs, comptables et financiers, employés administratifs d’entreprise.

Source INSEE


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