Demain, une gouvernance grippée ?

Les magasins à prix cassés qui ne profitent pas de la crise (les enseignes traditionnelles regagnent du terrain) ; Aung San Suu Kyi placée en résidence surveillée (l’opposante à la junte birmane est privée de liberté depuis quatorze ans. Une nouvelle fois l’Union Européenne condamne ce verdict et menace de nouvelles sanctions) ; le retour des bonus embarrasse l’administration Obama par ailleurs vivement contestée sur sa politique de santé (à noter en France qu’un document officiel de la BNP – selon le journal Le Monde – indique qu’en 2006 et 2007 les dix personnes les mieux payées se sont partagé 86 et 112 millions d’euros.

 
Selon la BNP le montant global des rémunérations du Top 10 ne devrait pas excéder 16 millions en 2009) ; les disparitions de l’écrivain Thierry Sonquet, du gynécologue Émile Papiernik, de l’alpiniste – centenaire – Ricardo Cassin et du constitutionnaliste François Luchaire… autant d’éléments qui constituent le kaléidoscope de l’actualité au moment même où la rentrée approche avec la question (en France en tout cas) sur toutes les lèvres gouvernementales (et d’un nombre croissant de citoy-ens-patients voire… clients !) : disposera-t-on à l’automne d’une protection efficace contre le nouveau virus grippal ? Des essais sont en cours et un certain nombre de questions naissent de la principale au point de constituer les éléments structurants d’une problématique forte de santé publique à connotation géopolitique (divisant certains pays entre les offensifs – comme Roselyne Bachelot – et ceux qui dénoncent une forme de désinformation suscitant la panique ou l’effroi – comme le Professeur-Député, Bernard Debré).

Tour d’horizon des questions en suspens :
- Qui fabrique les nouveaux vaccins ? Trois laboratoires dominent la production mondiale : le britannique GSK, le suisse Novartis et le français Sanofi-Pasteur ;
- Où en est-on de leur mise au point ? Les premiers essais cliniques avec des vaccins expérimentaux ont déjà commencé : sept fabricants ont déjà démarré des essais cliniques alors que l’essai européen de Sanofi-Pasteur débutera dans les semaines à venir ;
- À quoi servent donc ces essais ? Ils sont indispensables pour déterminer la dose optimale à injecter pour provoquer une réponse efficace du système immunitaire contre le virus. Ils permettront notamment de déterminer si une seule injection est suffisante ou s’il faut en pratiquer deux (question d’autant plus fondamentale que, pour une même quantité de vaccins produite, le nombre de personne qui pourront être vaccinées varie alors du simple au double) ;
- Comment sont-ils fabriqués ? Tous les laboratoires travaillent à partir de la même souche virale envoyée en mai par les centres collaborateurs de l’OMS ;
- Ces vaccins seront-ils vraiment efficaces au moment M ? S’il y a mutation du virus A (H1N1) à l’automne, l’efficacité des vaccins serait remise en question ;
- Qui participe aux essais cliniques et dans quelles conditions ? Il s’agit de volontaires sains déjà inscrits sur les fichiers de centres effectuant des essais cliniques ou recrutés pour l’occasion ; la rémunération du volontaire ne pouvant dépasser 4 500 euros par an ;
- Dans quels délais les vaccins seront-ils disponibles ? Pas avant courant octobre selon Sanofi, fin septembre pour la ministre de la Santé.
C’est notamment sur cette question de santé publique, sur la communication des uns et des autres, de ceux qui y croient et ont déjà peur et ceux qui n’y croient pas (en avançant l’argument de la mutation à venir du virus, donc de l’inefficacité des vaccins), d’un Président et d’un gouvernement soucieux d’être en avance sur la pandémie (si elle est réelle ; on est encore loin de la grippe espagnole de 1917) que se joue notamment la rentrée politique mais aussi la confiance en l’économie. Le virus A (H1N1) déclenchera-t-il une angoisse collective hypermédiatisée suscitant la défiance ? Sera-t-il une “première” dans la gouvernance des Nations, une occasion pour l’OMS de faire mieux que l’ONU dans les crises internationales ou bouleversera-t-il des équilibres déjà bien fragiles ? Réponse à l’automne.

Stéphane Baumont


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