Découverte ; Mazères, le paradis des oiseaux (Et de quelques humains)

C’est un lieu magique situé à seulement une demi-heure de Toulouse, dans l’Ariège. La ville de Mazères, , abrite le Domaine des Oiseaux : un parc exceptionnel qui recense près de 210 espèces, à découvrir tout au long de l’année. Louis Marette, Maire de Mazères et conseiller général du canton de Saverdun, n’est pas peu fier de ce site qui donne une véritable plus value environnementale à cette Bastide du XVIIIème siècle. Interview.

 
Monsieur le Maire, parlez-nous du “Domaine des oiseaux”. Qu’est ce qui vous a motivé pour faire une réserve naturelle aussi importante ?
Si vous me le permettez, je voudrais tout d’abord remercier tous ceux qui, à mes côtés, ont œuvré, à la réussite de ce domaine, dont l’histoire, assez singulière, est totalement liée à celle de l’autoroute. Lors de la construction de cette route, la société constructrice avait besoin de terrains où creuser et retirer des granulats. La commune a été sollicitée et nous avons répondu favorablement à cette demande mais avec des conditions : Que les terrains nous soient restitués immédiatement après la construction afin que nous en retrouvions la jouissance, en particulier des plans d’eau laissés par l’extraction de ces granulats. Mon objectif était de créer sur ce site un centre de loisirs. Mais les oiseaux en ont décidé autrement. Mazères est située sur une ligne de migrations très importante et les oiseaux de passage sont très nombreux. Nous avons constaté que même pendant la construction de l’autoroute, certains oiseaux comme les échasses blanches et les gravelots nichaient quand même. Ces deux espèces ne sont nicheuses pratiquement que chez nous pour Midi-Pyrénées et les protéger est devenu une motivation très forte. Nous avons donc provoqué des réunions et c’est grâce à la bonne volonté de tous, à l’aide des fédérations de Chasse de l’Ariège et de Pêche de l’Ariège que nous avons consolidé notre projet. Faire un centre de protection de la nature, de la faune et de la flore.

Ce parc naturel est donc né d’un concours de circonstances…
Pas uniquement, il est né de l’histoire que je viens de vous conter, mais aussi de la mobilisation de nombreuses personnes de Mazères pour arriver à ce que nous voulions. Avant son inauguration en 2005, il a fallu restaurer, créer, organiser, etc. Au départ le parc était de 50 hectares dont 30 de lacs. Nous avons restauré la grange du domaine, acheté la ferme qui est devenue la ferme auberge du domaine, restauré le pigeonnier qui est aujourd’hui utilisé par les passionnés de pigeons voyageurs, tracé les sentiers, protégé les zones de quiétude des oiseaux et créé des observatoires. Il est à noter que le premier observatoire a été construit par la fédération des chasseurs, partie prenante de la création de ce domaine. La fondation pour la protection des habitats de la faune sauvage a aussi participé à cette grande aventure de la création du domaine, de la protection des zones humides, et du développement du parc.

C’est en tant que protecteur de la nature que vous vous êtes investi dans ce projet ?
On peut dire les choses comme cela, mais les zones rurales sont toutes protectrices de la nature car c’est leur milieu de vie. Certains s’étonnent que les chasseurs participent à ce projet. Je suis chasseur moi-même et nous sommes ici la preuve vivante que la chasse protège la nature, la faune et la flore. Les hommes peuvent s’entendre sur des projets ambitieux, intelligents et respectant tout le monde. Et notre parc en est le meilleur exemple.

 

Pouvez-vous nous parler de ce domaine aujourd’hui…
Aujourd’hui le domaine fonctionne très bien, les premiers visiteurs sont les oiseaux qui sont présents en continu. Des oiseaux sédentaires, des oiseaux nicheurs et les migrateurs qui font le gros des troupes au moment des passages. Les visiteurs sont nombreux et tous ont les mêmes mots pour qualifier ce domaine : magnifique, instructif, beau, etc. De nombreux groupes visitent aussi ce domaine : des écoles, des naturalistes, des passionnés de nature, d’oiseaux, d’insectes, de fleurs. Nous avons deux jeunes employés par le domaine pour travailler aux comptages, à la surveillance, au travail avec les oiseaux et bien sûr accompagner les groupes. Ce sont deux jeunes biologistes naturalistes dont le travail est passionnant et qui s’investissent beaucoup pour que les visiteurs soient satisfaits, en accompagnant les groupes, ils communiquent aussi leur savoir et leur passion pour la nature. Ces deux employés s’occupent aussi du travail que le domaine a réalisé depuis le début avec les cigognes. Nous sommes fiers d’avoir obtenu de réimplanter des cigognes dans la région, tout d’abord en achetant quelques couples et en les installant en volière jusqu’à ce qu’ils se reproduisent. Ce fut une victoire et maintenant des couples de cigognes migratrices viennent se reproduire ici. C’est une victoire car il n’était pas gagné d’avance de réussir ce challenge, mais nous étions confiants. Le parc ornithologique du TEICH en Gironde avait eu un grand succès dans ce domaine et nous étions certains d’y arriver ; ce qui est pratiquement fait aujourd’hui. Juste un petit contretemps cette année : la neige en Mai a mis en péril toutes les couvées de cigognes.

Que peut y trouver le visiteur ?
Les visiteurs peuvent trouver au domaine, une grange avec un écomusée paysan. Ils peuvent ensuite se promener sur plus de 6 kilomètres de sentiers balisés, avec 9 observatoires où ils peuvent contempler les oiseaux sans les déranger. Ils peuvent même manger à la ferme auberge “ô délices”. Enfin ils peuvent visiter le centre de réintroduction des cigognes, le pigeonnier, le verger. Un lac a également été aménagé pour permettre la pêche avec une zone réservée aux handicapés.

Que sera le domaine d’ici quelques années ?
Deux grands projets sont en cours de réalisation : en premier l’achat de plus de 20 hectares supplémentaires qui porteront la superficie du domaine à plus de 100 hectares. Les achats sont en cours de réalisation et le travail d’aménagement des zones humides va commencer en 2011. Un deuxième projet très ambitieux va se concrétiser bientôt : il s’agit de créer en partenariat avec l’école vétérinaire de Toulouse, un centre de soins des oiseaux blessés, ou malades. Nombre d’oiseaux nous sont apportés, sachant que notre domaine les protège, mais nous ne sommes pas habilités aujourd’hui à les soigner. Nous avons donc décidé de créer ce centre. Les autorisations préfectorales sont délivrées, maintenant nous allons nous mettre au travail pour le construire.

Texte et photos : Patrick Crasnier

Visite libre en permanence.
Visite guidée payante sur réservation
avec un spécialiste en ornithologie.
http://www.ledomainedesoiseaux.com  
TEL  05 61 69 12 97 ou 06 50 19 26 82


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