Débat : La place de la femme dans la cité du XXIe siècle

Jeudi dernier, l’association « Femmes au centre » a organisé une réunion-débat sur le thème « Quelle place pour les femmes dans la cité du XXIe siècle ». Vaste sujet. Que ce soit dans le cadre familial ou dans le milieu professionnel, de nombreux progrès restent à faire.

 

A l’occasion de cette réunion-débat, plusieurs femmes politiques ont répondu présentes : Nadia Pellefigue, vice-présidente de la région en charge des finances et de l’égalité hommes-femmes, Christine de Veyrac, députée européenne et candidate UDI à la mairie de Toulouse, Myriam Martin, militante du Front de Gauche et Marthe Marti, vice-présidente du Modem. Pour représenter le monde de l’entreprise, Muriel Boulmier, directrice générale du groupe CICLIOPEE, comptait parmi les intervenantes.

 

Cinq femmes engagée et qui n’ont jamais eu peur d’intégrer des milieux traditionnellement dominés pas les hommes. Même s’il a fallu supporter des « Passez-moi votre patron ! » témoigne Muriel Boulmier. Une petite phrase emblématique, de la part d’interlocuteurs qui n’ont pas pensé que le patron en question était une patronne. « Que le patron soit un homme, ça rassure. Mais ça se soigne ! », lance la chef d’entreprise, avec une pointe d’humour.

 

« Un homme n’a pas à affirmer la légitimité de sa présence »

 

La place de la femme en entreprise est certainement l’un des plus importants défis à relever. Ecarts de salaires à poste égal, moins de femmes aux postes de direction et la pesante nécessité de  devoir « se battre deux fois plus qu’un homme » comme le soulève Nadia Pellefigue, sont les points qui émergent du débat. « Un homme n’a pas à affirmer la légitimité de sa présence » insiste la vice-présidente de la région.

 

Dans la sphère publique, « qui devrait donner l’exemple, mais qui ne le fait pas » selon Myriam Martin, les résistances se situent surtout dans le milieu politique. Pour preuve l’Assemblée nationale qui compte 73% d’hommes. « Aucun parti politique n’est exemplaire en matière de parité, mais certains sont plus lamentables que d’autres dans les candidatures » fustige la militante Front de Gauche, avant d’ajouter : « Mais aucun parti n’est contre la parité car un électeur sur deux est une femme ! »

 

Enfin, les prérogatives familiales qui incombent toujours en majorité aux femmes représentent un tout autre problème. « En vingt ans nous avons perdu six minutes de temps de ménage, mais je ne sais pas si c’est dû aux hommes ou au lave-vaisselle ! » ironise Nadia Pellefigue. Tiraillée entre la vie professionnelle et la vie personnelle, les femmes culpabilisent toujours « de peur d’être une mauvaise mère, une mauvaise épouse ou une mauvaise compagne » poursuit-elle.

 

A moins que le XXIe siècle ne célèbre l’avènement du don d’ubiquité, la question de la place de la femme va devoir se régler… petit à petit, car l’évolution de la société et des mentalités ne se règle pas à coup de baguette magique. Des lois existent pour exiger la parité au sein des entreprises comme des partis, « mais elles ne sont pas appliquées, car beaucoup d’entreprises préfèrent payer des amendes que respecter la parité » souligne Muriel Boulmier. L’UMP, « la mauvaise élève des partis » est d’ailleurs condamnée à verser 4 millions d’euros pour avoir présenté moins de 30 % de femmes aux élections législatives.

 

Coralie Bombail

 



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