[Débat] Hollande Bashing : un plat qui se mange froid !

vue d ensemble PERGOLA
A table avec Stéphanie Rivarès, René Girma et Laurence Massat Guiraud-Chaumeil

Imprévus. Nous l’avons échappé  belle. Une invitée éclopée arrive le pied dans le plâtre, une autre manque de ne pas arriver à temps pour cause de rendez-vous retardé. Mais enfin réunis tous les trois, ils ont mis les bouchées doubles pour s’exprimer sur les sujets du jour. Au menu : La visite de François Hollande à Florange, le rapport économique pour relancer la croissance et Lammilly, l’anti-Barbie.

 

Florange enflamme le débat illico. Laurence Massat à propos de la réaction d’Aurélie Filipetti qui égratigne Le président de la République : « et si c’était la seule à réagir comme ça! » René, de son côté, reste cartésien : « la sidérurgie c’est fini, il faut regarder les choses en face ». Pour Laurence, Florange est révélateur de la politique de François Hollande, qui « promet n’importe quoi sans pouvoir le tenir » et préconise de « mieux accompagner le changement plutôt que de crier au loup à chaque fois  ». Stéphanie et son expérience de coach ne sont jamais très loin : « les promesses rendent les fous joyeux ! »

René : Comme Sarko, il a dit aux gens ce qu’ils voulaient entendre.

Laurence : Et c’est ce qui fait le pourcentage d’abstention actuel, car les gens ne croient plus en la politique. La classe politique s’est considérablement appauvrie, pourtant le courage politique paye à long terme ; il faut arrêter la politique à la petite semaine.

Stéphanie : les Français attendent de l’action, mais il manie l’art de la sémantique. Pourtant celui qui fera la différence c’est celui qui agira .

“Le phénomène frondeur”

Quant à Filipetti, « elle défend son siège de député », explique René Girma, « c’est le phénomène frondeur »… Un phénomène révélateur de « la parole politique qui se délite, l’individualisme a atteint la politique, on est plus entendu quand on est le poil à gratter… » Regrette Laurence. René se retenait depuis un certain temps quand il lance à l’intention de Stéphanie : « faut-il dire la vérité en politique? » La réponse est claire : « on peut quasi tout dire quand on sait y mettre les formes » et de parler de sa propre expérience avec Bertrand Serp dont elle fut la suppléante sur la quatrième circonscription : « J’ai dit ce que je pensais et ça a fonctionné ». Pourtant, d’après René Girma, à ce niveau-là, ça passe mais si on veut passer au-dessus, c’est compliqué. Et pour preuve le « je vous ai compris de De Gaulle. » Laurence revient à Hollande expliquant qu’il s’est pris les pieds dans le tapis tout seul, « il faut vulgariser, expliquer, les Français sont prêts à entendre les choses, même quand c’est négatif ! » Le problème, soulève Stéphanie c’est que « les élus ont besoin d’être aimés, c’est pour ça que parfois, on tait des choses, il y a une volonté de plaire et de dire ce qu’il faut pour ». Un petit velouté hivernal ayant réchauffé l’atmosphère, nos trois invités se sentent maintenant comme des coqs en pâte. L’occasion de jeter notre second sujet sur la table… Pour accompagner le plat, nous proposons de débattre sur le rapport commandé conjointement par les gouvernements français et allemand  pour tenter de relancer la croissance. Pistes évoquées ? Gel des salaires pendant 3 ans, assouplissement des 35h dans plusieurs secteurs et flexibilité accrue du travail, des propositions pour le moins impopulaires : « Imaginer créer des relations franco-allemande est un bon point, concède Laurence, mais il ne faut pas se voiler la face. Il y a une défiance vis-à-vis de l’Europe même si elle n’est pas responsable de tous nos maux ; aujourd’hui l’Europe n’est pas le problème de la France mais la France est en train de devenir le problème de l’Europe ! »

René : Cambadélis a sous-entendu que ce que faisait Macron c’était de la merde…

Stéphanie : Ces idées-là vont-elles arrêter l’hémorragie ? Pourquoi ne pas prendre exemple sur les modèles qui fonctionnent ?

Laurence : Foutu pour foutu, c’est l’occasion rêvée pour réformer !

René : On s’en sort bien avec les taux d’intérêt, mais si on se retrouve comme en 2008 à emprunter à plus de 4%, cela va devenir la catastrophe…

Laurence : On sait qu’on n’est pas loin du pire en France.

Stéphanie : Parfois il faut arriver à la fracture pour mieux rebondir…

René : On n’est pas tombés assez bas…

Laurence : Pourtant la crise enfle depuis 30 ans, on peut dire que les responsabilités sont partagées !

René : Ne dit-t-on pas que Hollande aime tellement les pauvres qu’il en fabrique ?

Le constat est rude à la table de La Pergola, espoir et confiance semblent bel et bien perdus. Laurence appuie sur le fait qu’un indicateur devrait affoler le gouvernement, celui de la fuite des cerveaux vers l’étranger. Pourtant, comme elle l’explique « certains se sont relevés de la crise, cette dernière a bon dos, c’est l’heure de réformer, cela peut faire mal mais c’est aussi un levier pour aller mieux. » Et René Girma de lancer : « Hollande n’a jamais géré que le Conseil général de Corrèze, avant de rentrer à l’Elysée, et encore il était le plus endetté ! » Une invective qui sonne le glas de ce sujet. En prélude au dessert, nous nous réjouissons d’avance de voir le visage de nos invités à l’annonce du prochain thème.

Lamilly, une Barbie aux mensurations « réalistes » et aux options tout à fait charmantes (stickers acné, cellulite, et autres vergetures) vient de rentrer sur le marché des jouets. « C’est une bonne idée », annonce Stéphanie, évoquant l’adolescent qui n’a d’autre modèle que Photoshop… « C’est révélateur d’un malaise, mais je ne suis pas sure que ça marche car ce qui est imparfait ne plait pas. » Laurence soulève alors avec le sourire : « en même temps, Barbie-acné c’est vraiment un modèle ? »  L’importance de l’image chez les jeunes adultes, qui font souvent le choix de la forme avant celle du fond est évoquée : « En tout cas sur les podiums ou les magazines rien n’a changé, malgré quelques tentatives » poursuit René. Pour Laurence, il y a plus dangereux que les Barbies, car « l’âge critique n’est pas celui des poupées, j’ai un enfant de 9 ans, je suis à cran dès qu’il regarde la télé ou les réseaux sociaux. La société a pouvoir sur ce qui est la norme, on n’est pas assez vigilants, pourtant c’est un sujet de santé publique. » Si l’idée de la Barbie « réaliste » séduit, Stéphanie indique que la confiance en soi ne se développe qu’à partir de 7 ans… Des propos que corrobore René, « le mieux est l’ennemi  du bien » Nos invités s’entendent sur le fait que les parents sont extrêmement responsables du devenir de leurs enfants, « il ne faut pas vouloir se réaliser à travers son enfant ! » pointe Laurence. Et Stéphanie de rétorquer « le chef du navire doit être carré sinon c’est tout le navire qui coule. On parle ici des parents, du chef d’entreprise comme du président de la République ». On y revient.

 

MINI-BIOS

René Girma

Ce journaliste autodidacte, arrivé à Toulouse à l’âge de 10 ans, a fait ses classes entre Radio Andorre, RMC et Sud-Radio. D’animateur à technico-réalisateur, il devient journaliste en 78 et donne aujourd’hui rendez-vous aux auditeurs de Sud-Radio, tous les matins à 7h25, pour sa chronique économie.

Stéphanie Rivares

Toulousaine d’origine, si Stéphanie Rivares rêve de devenir attachée de presse, c’est dans un BTS « forces de vente » qu’elle se lance pour prendre le statut d’agent commercial. Plusieurs années dans l’immobilier la convainquent de changer de voie. C’est finalement une formation qui l’amènera à être  aujourd’hui à 33 ans, « coach de vie » pour les particuliers et les entreprises ; Elle coache notamment certains élus à la mairie de Toulouse.

Laurence Massat

À 38 ans, Laurence Massat est consultante en stratégie et organisation, déléguée départementale UDI et conseillère régionale (en remplacement de Laurence Arribagé ndlr). Toulousaine, c’est pourtant à Paris qu’elle fait ses études. En 2008, elle est sur la liste de Jean-Luc Moudenc et en 2012, candidate centriste aux législatives sur la 3èmecirconscription. Elle démarre cet automne sa vie politique d’élue.

 

 

 

 

 

 



UN COMMENTAIRE SUR [Débat] Hollande Bashing : un plat qui se mange froid !

  1. pauvregogo dit :

    On entendait bien la révolte du peuple gronder depuis pas mal de temps mais on avait sans doute sousestimé l’ampleur du phénomène:maintenant quelques dizaines de millionnaires se rebiffent pour sauver le soldat Hollande!Là c’est du sérieux.Il est vrai qu’il n’y a plus guère que les millionnaires pour le soutenir car il ne saurait plus compter désormais sur le fidèle soutien des “sans-dents”…Tout cela est bien cruel et tragique aussi.

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