De Toulouse à Rome pour la béatification de Jean Paul II

Plus d’un million de pèlerins venus du monde entier se sont retrouvés dimanche 1er mai place Saint Pierre à Rome. Tous étaient là pour assister à la béatification de Jean-Paul II. Parmi eux, de nombreux Toulousains venus lui rendre hommage.

 
Dimanche à midi, leurs visages sont radieux même si la fatigue se fait ressentir. Cyrille, Louis, Mathilde et Laurent sont venus à Rome pour rendre hommage à l’homme qui leur «a donné de l’espoir dans la vie» et qui les a «compris comme un père». Ils ont fait le voyage avec un groupe organisé par la Pastorale étudiante de Toulouse où ils habitent. Parmi les cinquante pèlerins, des étudiants et des jeunes professionnels dont certains ont la foi chevillée au corps et d’autres, qui l’avaient perdue, sont en plein cheminement de retrouvailles. Mais pour tous, Jean Paul II reste une référence et il n’était pas question de manquer ce rendez-vous dans la ville éternelle…

Facebook pour aller à Rome

Pour se rendre à Rome, il fallait d’abord louer un car ! Quant au reste, il s’est fait avec un peu d’improvisation et les bonnes idées déposées par Louis sur une page de Facebook créée pour l’occasion : 95 euros en tout et pour tout pour payer le voyage, une gourde, des victuailles, un sac de couchage, un t-shirt “JPII we love you” et un tapis de sol. Un détail très important étant donné qu’ils n’avaient pas d’hébergement ! Finalement ils n’auront trouvé pour dormir que les pavés du pont de la via della Conciliazione, la grande rue qui débouche sur la place Saint Pierre. Pour remplir les dix-neuf heures de voyage, ils avaient emporté les carnets de chants de la paroisse, guitares, djembés et livrets de prières. Pour achever de se mettre dans l’ambiance, ils ont même regardé le film “Karol, un homme devenu pape”.

 

L’effort en valait la peine

Engourdis, fatigués et sales, ils ont essayé tout au long de la nuit de gagner quelques mètres pour être le plus près possible de la basilique Saint Pierre dimanche matin… Laurent, ingénieur de recherche, reconnaît que «c’était un peu dur d’être concentré pendant la messe de béatification» mais comme les autres, il n’a aucun regret. Mathilde, qui commence son parcours professionnel comme ingénieur, explique leur présence sur place : «Quand on est jeune, c’est super important de ne pas avoir peur, c’est ce que nous a transmis Jean Paul II avec son “N’ayez pas peur”. Cela voulait dire : “Ayez confiance dans la vie”». Aujourd’hui, ils ne veulent avoir peur, ni de se dire chrétiens, ni de s’engager. Pour Cyrille, qui a sa propre entreprise de communication, le nouveau bienheureux est un père : «J’ai grandi avec Jean Paul II». Il l’admire surtout pour avoir été un homme «amoureux de Dieu et amoureux de l’homme avec une grand H». Il venait d’avoir 16 ans quand il a rencontré le pape polonais : «C’était le premier janvier à Saint Pierre, il s’est approché pour parler un peu avec moi. En français, bien-sûr ! A l’époque je vivais à Pau et on a parlé de la présence de la Vierge à Lourdes.»

Touchés

A son arrivée, le groupe avait prévu de visiter le centre historique de Rome, mais il n’aura finalement pas eu beaucoup de temps pour jouer aux touristes… Au programme : la messe à Sainte Marie in Cosmedin ainsi qu’une veillée au Circus Maximus samedi soir. Là, ils se sont trouvés avec une foule de pèlerins venus écouter des témoignages et prier à la veille de la béatification de Jean Paul II. A les écouter, ces jeunes avaient l’air très décidés à changer le monde et en même temps sûrs que «la grâce toucherait les cœurs de tous les hommes», comme elle avait touché le pape déjà bienheureux. «Ce qui était important en Jean Paul II n’était pas son charisme», confie Cyrille, «mais le fait d’avoir su laisser la grâce toucher son cœur».

Serena Innerarity – IDProd’s


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