Danièle Alazet; Au service de l’Autre

Devenue première femme Président de la Jeune Chambre Economique de Toulouse, Danièle Alazet est aujourd’hui Gouverneur du District 103 SUD du club des Lions. Elle prône le don de soi et l’altruisme et tente de ne jamais trahir ces valeurs en se dévouant entièrement à l’aide des plus malheureux.

 
Danièle Alazet, comment en êtes-vous arrivée à intégrer le club des Lions ?
Je suis née dans un milieu très humble où le travail et le respect de l’autre étaient des valeurs importantes. J’ai toujours été attirée par les personnes malheureuses et j’ai éprouvé très tôt le besoin de leur apporter un peu de réconfort en étant à leur écoute. En 1986, je suis entrée à la Jeune Chambre Economique de Toulouse et j’en suis devenue la première femme Président. Cette première rencontre avec le monde associatif a été une révélation. J’ai su que j’avais trouvé ma voie : celle du don de soi au service des autres. Puis, à 40 ans, j’ai eu le bonheur de rencontrer Marcel Garrigou (Président-fondateur du club Toulouse Nations, premier club mixte de Toulouse, ndlr). Il a su voir en moi de la “bonne graine de Lion” et je lui sais gré de ce cadeau qu’il m’a fait en me parrainant dans le club de Toulouse Nations, premier club mixte de Toulouse.

Pensez-vous qu’il est possible aujourd’hui d’avoir les mêmes chances de réussite qu’un homme ?

Je pense sincèrement que la condition de la femme occidentale n’est plus aujourd’hui un obstacle à sa réalisation personnelle et professionnelle. Cela nécessite quelquefois certains sacrifices mais rien n’est impossible, en dehors de certaines considérations d’ordre physique. Il faut simplement croire fortement en ce que l’on désire et se donner les moyens de l’obtenir. Il ne faut jamais baisser les bras.

 

Une mixité lente mais sûre

Aujourd’hui, vous êtes gouverneur du District 103 SUD du club des Lions. Ces clubs sont restés longtemps réservés aux hommes. Comment s’est passé le passage à la mixité ?
Effectivement. Le Lions clubs International est né en 1917 et la mixité n’a été votée officiellement qu’en 1987. L’ouverture aux femmes a été une évolution lente mais incontournable due à leur implication totale aux côtés des hommes depuis de nombreuses années et leur volonté farouche d’être considérée comme Lion à part entière. Avant cette mixité, il existait le statut de Lionness, qui était accordé, une dizaine d’années plus tôt, à nos pionnières. Aujourd’hui, certains clubs ne se sont pas encore ouverts aux femmes. Il ne s’agit pas cependant d’une hostilité à l’autre sexe mais plutôt du souhait de préserver des habitudes de fonctionnement.

Comment avez-vous évolué au sein de ce club pour en devenir Gouverneur ?

J’ai assumé des postes à responsabilité au sein de notre mouvement qui m’ont  permis de m’épanouir, de me faire connaître et reconnaître pour mes qualités personnelles et les valeurs qui sont les miennes. Les Lions choisissent leur Gouverneur en fonction de ses qualités personnelles et des objectifs qu’il se fixe pour servir au mieux notre mouvement. Même si la route a été longue (je suis la deuxième femme Gouverneur de notre District en 54 ans et le premier Gouverneur femme toulousain), être une femme n’est plus un obstacle à la prise de responsabilités. Cependant, à l’échelle nationale, il n’y a pas encore eu de femme Président du Conseil.

Avez-vous rencontré des difficultés à y entrer d’abord, puis à évoluer dans la hiérarchie à cause de votre condition de femmes ? 
Je n’ai rencontré aucune difficulté pour entrer dans notre mouvement. Les amis de mon club m’ont accueillie à bras ouverts et je me suis vite sentie très bien dans cette organisation. De même, lorsque j’ai été pressentie pour assumer de nouvelles responsabilités au sein du cabinet du Gouverneur, je n’ai trouvé à mes côtés que des amis.

 

Les Lions jouent la carte de la  féminité

Faites-vous en sorte aujourd’hui, de favoriser l’entrer des femmes dans ce club ?  
En ma qualité de Gouverneur je préconise bien évidemment l’ouverture des clubs masculins aux femmes. Il en est de même d’ailleurs pour l’ouverture des clubs féminins aux hommes. Mes amis Lions entendent ce message et se préparent petit à petit à cette évolution.

Que pensez-vous qu’une femme peut apporter aux Lions ?
La femme est un atout pour notre mouvement. Elle a de grandes qualités : elle est perfectionniste, jusqu’au-boutiste, elle a un sens profond de l’engagement et ne recule jamais devant ses obligations.

Quels conseils donneriez-vous aux femmes qui souhaiteraient adhérer aux Lions ?

Je les invite à nous rencontrer pour que nous puissions leur expliquer plus amplement qui nous sommes et quels sont nos idéaux. Je ne leur donnerai pas de conseil particulier. Je délivrerai plutôt ce message : si vous voulez donner un nouveau sens à votre vie en donnant un peu de votre temps pour les autres, dans le respect de certaines valeurs (tolérance, compréhension, respect de l’autre, humanisme…), alors vous serez la bienvenue.

Cette adhésion vous a-t-elle permis de réaliser des projets, d’évoluer autrement dans votre vie personnelle ou professionnelle ?
Les Lions sont des bénévoles. Ils n’intègrent pas notre organisation pour se servir mais pour Servir. Je n’avais donc aucune ambition en intégrant ce mouvement, que celle de continuer à “Servir l’Humanité” comme je l’avais fait à la Jeune Chambre Economique de Toulouse. Mes fonctions actuelles sont l’expression d’un engagement plus grand en terme de responsabilités. Mais je reste avant tout un Lion à l’écoute des autres.

Propos recueillis
par Séverine Sarrat


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