Crise ; Midi-Pyrénées plutôt épargnée

Selon une récente étude de l’INSEE, Midi-Pyrénées traverse mieux que les autres régions françaises la crise économique et financière de 2008 et 2009. Malgré un chômage en hausse, l’aéronautique, l’espace et les services lui permettent de tirer son épingle du jeu.

 
Ce n’est pas un scoop : la crise financière et économique de 2008 et 2009 a provoqué de lourds dégâts, notamment au niveau de l’emploi. En Midi-Pyrénées, comme partout ailleurs, le marché du travail se détériore et ce dès la mi-2008. Ce sont les enseignements de la dernière étude publiée par l’INSEE. Les hommes et les jeunes sont les deux catégories de populations les plus touchées à cette époque par la montée du chômage. Au cœur même de la région, les territoires sont inégalement touchés. Affichent les pertes d’emplois parmi les plus faibles du pays, la Haute-Garonne (0.5 %), le Tarn (1.1 %) et le Tarn-et-Garonne (1.3 %). Elles sont maîtrisées en Aveyron et dans le Gers. A l’autre extrémité, on trouve les Hautes-Pyrénées, l’Ariège et le Lot avec des pertes atteignant ou même dépassant les 7 % avec des bilans déficitaires dans presque tous les secteurs.
Mais l’INSEE précise que cette augmentation du chômage reste mesurée au regard des autres régions françaises. L’un des remèdes pour y faire face : le chômage partiel qui sera largement utilisé en 2009. L’intérim, lui, forcément s’effrondre, car les chefs d’entreprises préfèreront alors conserver leurs propres salariés.
L’autre atout de Midi-Pyrénées dans ce contexte des plus préoccupants : la spécialisation économique. «Un garde-fou insuffisant» indique l’INSEE, «mais un garde-fou quand même». Avec une industrie aéronautique et spatiale, même si celle-ci souffre également de cette crise, au carnet de commandes malgré tout bien rempli, grâce notamment à un processus long d’élaboration des produits. Fin 2009, Airbus a ainsi 3 488 avions en commande soit sept années de production devant elle. L’agroalimentaire s’en sort tout aussi bien. L’explication en est toute simple : En cas de difficultés financières, le consommateur renoncera à l’achat de biens de consommation avant de limiter son budget alimentaire.

 

Reprise timide

Même constat pour les services, au dynamisme sans équivalent d’ailleurs sur le reste du territoire national : en 2008 et 2009, Midi-Pyrénées profite d’une création nette de 4 000 emplois salariés. Résultat que l’INSEE impute en partie aux services à la population qui recouvrent en particulier la coiffure et les emplois créés par les particuliers.
Bien que faiblement implanté dans le tissu économique local, les aléas que va connaître de son côté le secteur de l’industrie automobile au niveau national aura toutefois des répercussions locales : le combat des salariés de Continental à Toulouse, et de Molex à Villemur-sur-Tarn a pendant de nombreux mois fait la une des médias.
En revanche, le secteur de la construction subit de plein fouet la récession qui freine les crédits immobiliers. Les moteurs structurels de la construction de logements que sont la vitalité démographique et le manque de logements sociaux restent présents. Mais le durcissement des conditions de crédit et la dévalorisation des actifs, initiés aux Etats-Unis par la crise des subprimes, se sont diffusés au cours de l’année 2008 et ont notamment pesé sur les nouvelles mises en chantier, tant dans le bâtiment que dans les travaux publics.
Pour 2010, les spécialistes annoncent une reprise plutôt timide avec un petit redémarrage (amorcé à la mi-2009) de l’intérim. De plus, ce sont 14 000 emplois perdus entre mars 2008 et 2009 qui seront à regagner pour retrouver le niveau du 1er trimestre 2008. Quant aux équipementiers de l’aéronautique, ils pourraient bénéficier d’une remontée des cadences de production envisagée par Airbus dès l’été.

Claire Manaud




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