[COULISSES] Les suites de l’affaire de la Confédé

 

Pierre Establet

Explications. Le 2 octobre dernier votre hebdo publiait une enquête sur les travers de la Confédération pyrénéenne du tourisme. Le 23 octobre, Pierre Castéras, l’ancien président avait souhaité nous rencontrer pour livrer sa vérité. Quelques mois plus tard, son directeur d’alors, Pierre Establet a décidé d’en faire de même.

 

C’est en 2008, alors qu’il donne des cours à l’ESC (école supérieure de commerce) que Pierre Establet fait la connaissance de Pierre Castéras, le président de la Confédération pyrénéenne du tourisme. Quelques mois plus tard, proposition est faite à Pierre Establet de prendre la direction de la Confédé : « Je suis à la tête d’une association qui a fait beaucoup d’erreurs, et je ne sais plus comment gérer le problème. Est-ce que ça t’intéresse ? », lui souffle Pierre Castéras. Il arrive donc et commence par faire réaliser un audit qui s’avère alarmant : plus de 600.000 euros de factures impayées, pas de trésorerie ni de fonds de roulement et le règlement de subventions en attente. Il s’attaque donc à remettre de l’ordre dans la maison avec le soutien de son président. Malgré un travail de fond (fermeture des Maisons des Pyrénées et négociations avec les créanciers) la Confédé ne se redresse pas : « Quid des cotisations des adhérents (stations de ski) et des subventions des collectivités ? La dette est allée jusqu’à 540.000 euros. » Pierre Establet en est aujourd’hui persuadé, « on a voulu couler la confédération et ainsi atteindre la vraie cible, Pierre Castéras. » L’homme est même las des attaques qu’il juge infondées, notamment sur le statut qui était le sien.

Aujourd’hui Pierre Establet se reconstruit

Dans son enquête, le JT révélait en effet que Pierre Establet, directeur de la structure, n’en était pas salarié mais facturait sa prestation, via sa société l’EURL Volutes. Une pratique peu courante mais tout-à-fait légale pour l’intéressé qui conteste donc les accusations portées par le conseil d’administration de la Confédé (nous avions publié un extrait du procès-verbal daté du 14/06/2010, « Ces faits nous ont conduits à avoir des doutes certains sur la qualité de la prestation de direction pour laquelle Mr Establet avait été désigné et sur les capacités de ce monsieur ») : « Juridiquement ça tient debout. Tout s’est fait selon les règles en vigueur … Dans un premier temps j’ai transmis un devis à Pierre Castéras. Ensuite ce dernier a réuni son conseil d’administration qui a validé le contrat de mission à l’unanimité. En commission de sélection, tout le monde a pu me poser des questions, y compris ceux qui m’attaquent aujourd’hui. » Pierre Establet est donc amer, et ne semble pas apprécier certains retournements de vestes : « Prenez les factures adressées par la société Bygmalion pour lesquelles certains me montrent du doigt. C’est incroyable car j’avais refusé de les signer, j’émettais des doutes sur la qualité de la prestation. J’avais demandé des justificatifs à Bygmalion. » Aujourd’hui Pierre Establet se reconstruit. Il tente de tourner la page malgré un procès qui dure avec la Confédé : « Je vais gagner, il ne peut en être autrement. » Il ne lâchera rien, et réclame 874.000 euros de dommages et intérêts : « Cela correspond à ma perte réelle. On m’a tout pris dans cette affaire. » Son regard est tourné vers un cadre de la Confédé et sur certaines têtes pensantes de la Région : « Il y a ici un système de connivences qui va trop loin … »

Bonus Web :

Les explications de Pierre Establet concernant les factures Bygmalion :

“Je suis arrivé en 2009, et Bygmalion était déjà un prestataire de la structure. La première facture montrée du doigt ne me concerne d’ailleurs même pas d’un point de vue chronologique. Quant à la deuxième j’ai refusé de payer malgré la pression de Bygmalion. Ils ne voulaient pas m’envoyer des justificatifs de leur action.” Afin d’étayer son propos Pierre Establet nous transmet un échange SMS de l’époque avec Guy Alves, co-président de Bygmalion. Ce dernier lui écrivait “Sachez que la salle pour la conf de presse n’ayant pas été réglée par vos soins la réservation va être annulée. Par ailleurs n’ayant également pas été réglé j’ai demandé à mes équipes de ne plus travailler jusqu’à règlement de la facture de juin dernier.” Et Pierre Establet de lui répondre : “J’étais ok pour ne pas payer sans les éléments que je n’avais pas, et pour cause : Je n’étais pas à la Confédé à cette époque.”

Et sur Pierre Castéras, son président de l’époque : “C’est un mec battant, sympathique, un peu franc tireur et ambitieux. J’apprécie l’homme.”

Retrouvez notre enquête originale    http://www.lejournaltoulousain.fr/societe/bygmalion-sur-garonne-enquete-et-revelations-35249

Retrouvez la réponse de Pierre Castéras, le président de l’époque  http://www.lejournaltoulousain.fr/politique/coulisses-les-suites-de-laffaire-de-la-confederation-pyreneenne-35737



2 COMMENTAIRES SUR [COULISSES] Les suites de l’affaire de la Confédé

  1. Pierre Establet dit :

    Le 4 septembre 2012, le TGI de Toulouse a donné raison à Pierre Establet dans les procédures qui ont été jugées. Constatant l’absence de faute et de responsabilité de Pierre Establet dans les difficultés de la CPT, La Confédération Pyrénéenne du Tourisme a été condamnée à payer 3000 euros eu Titre de l’article 700 du CPC, de façon exécutoire. Le 4 septembre 2012, puis le TGI de Toulouse a fait Droit à toutes les demandes de Pierre Establet (sauf une seule, portant sur 3 % du montant total), de créances à hauteur de 874 000 euros. Ces créances contestées par la CPT sont donc parfaitement valables et exigibles devant les tribunaux.

  2. Pierre Establet dit :

    Le 6 mai 2015, la Cour d’Appel du TGI de Toulouse confirme le jugement en 1er Instance qui constate l’absence de fautes imputables à Pierre Establet et constate que l’ensemble des décisions prises l’ont été soit avant son arrivée, soit en accord avec le Conseil d’Administration de la Confédération Pyrénéenne du Tourisme, la réalité des prestations commandées, la validité du contrat de travail de Pierre Establet et condamne la Confédération à payer ses dettes et des dommages et intérêts à Pierre Establet.

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