Conseil régional; Un plan « au rabais »

Lors de sa dernière assemblée plénière, quatre plans ont été adoptés par la région dont un portant sur les énergies. Un «effet d’annonce» selon le groupe d’opposition “Osons Midi-Pyrénées” pour qui il règne au sein de l’hémicycle, «une odeur nauséabonde de terrorisme intellectuel».

 
Énergies, aéronautique, très haut débit et lutte contre le cancer. Quatre plans ont été adoptés en assemblée plénière le 19 mai dernier. Mais c’est celui portant sur les énergies qui a mis le feu aux poudres dans l’hémicycle. A peine Jean-Louis Chauzy, Président du CESR (Conseil Economique Social et Environnemental Régional qui représente les acteurs économiques et sociaux de Midi-Pyrénées) prend-il place à la tribune, que le groupe Europe Ecologie Les Verts quitte la salle, pour exprimer son «opposition aux positions répétées et personnelles de Mr Chauzy». En cause notamment, cette déclaration du président du CESR devant le Medef : «L’intégrisme écologique est devenu un thème électoral, qui s’est répandu partout entraînant une diabolisation du développement économique des activités de production, rendant de plus en plus difficile la construction de projets ferroviaires, routiers, de réserves d’eau, sans contradicteurs.» Dans un communiqué, Europe Ecologie Les Verts expliquent que «cette action symbolique ne visait bien évidemment pas l’institution qu’est le Conseil Économique Social et Environnemental Régional qui joue un rôle démocratique important dans notre république. C’est bien les positions les plus souvent dictées par les intérêts des puissants et des lobbies qui sont mises en cause. En effet, lors de ces différentes interventions, souvent anti-écologistes primaires, le Président du Ceser porte des positions personnelles, partisanes et méprisantes, qui la plupart du temps n’ont pas été débattues au Ceser.» 

 


 
3 300 éco-chèques

En réponse aux écologistes et prenant parti pour le Président du CESR, le groupe d’opposition Osons Midi-Pyrénées dénonce lui «un violent réquisitoire» contre «une institution reconnue et détachée de toute prise de position partisane» : «Les élus de la majorité régionale ont montré aujourd’hui leur conception du débat démocratique : Celui qui n’est pas d’accord est nécessairement vendu à nos opposants et rétrograde (…) Une nauséabonde odeur de terrorisme intellectuel flotte désormais au sein de l’assemblée régionale.»
Cet incident a quoiqu’il en soit, fait sourire le Président du Conseil régional, Martin Malvy. «C’était un mouvement d’humeur» a-t-il minimisé avant de présenter, le «Plan Energie le plus ambitieux de France». Doté de 262 millions d’euros sur dix ans, “Midi-Pyrénées Energies 2011-2020” aura comme priorité la maîtrise de la demande en énergie et l’efficacité énergétique : «En Midi-Pyrénées, de 70 000 à 100 000 ménages, soit 6 % à 8 %, sont en situation de précarité énergétique et habitent des logements énergivores» a expliqué Martin Malvy, «ce plan permet d’apporter des réponses et des aides directes aux particuliers, aux organismes sociaux locatifs, aux agriculteurs ou encore aux collectivités».
Il prévoit notamment d’attribuer aux particuliers 3 300 éco-chèques (budget annuel de 5 millions d’euros) par an pour des travaux d’économies d’énergie ainsi que la réhabilitation de logements sociaux et autres bâtiments publics tels que les lycées. Ce sont ainsi plus d’1.5 milliards d’euros d’investissements qui devraient être générés d’ici dix ans.

Un plan « au rabais »

Osons Midi-Pyrénées en revanche, par la voix de son Président Jacques Thouroude, n’hésite pas en la matière à parler «d’effet d’annonce». Pour le conseiller régional du groupe, Sacha Briand, il s’agit d’un «plan de communication, au rabais» : «D’une part, les crédits annoncés sont rarement consommés et d’autre part, ce plan “Midi-Pyrénées Energies” affiche un objectif d’une faiblesse dramatique. L’effet attendu de ce plan est de réduire la consommation énergétique de Midi-Pyrénées de 76 000 TEP (tonnes équivalent pétrole) soit 0,8 % de la consommation annuelle régionale. Cela représente le même impact que si chaque foyer de Midi-Pyrénées installe deux ampoules à économie d’énergie dans son logement ! 260 millions de crédits publics pour un tel objectif limité alors même que d’autres priorités devraient être prises en compte comme les actions contribuant à la réduction des embouteillages qui outre le coût économique qu’ils représentent en terme de perte de production, sont un des facteurs les plus importants de pollution.» explique-t-il, ajoutant par ailleurs, «On peut laisser croire que la région a le cœur sur la main en disant qu’elle va cibler ces aides sur la rénovation des logements sociaux mais cette rénovation est la responsabilité des bailleurs sociaux et de l’Etat.»

 

Une mission d’information

Autre sujet de discorde : la LGV. «Jusqu’à quand les péripéties politiques tarn-et-garonnaises se feront-elles sur le financement de la LGV ?» interroge alors Brigitte Barèges, présidente de l’association Osons Midi-Pyrénées, qui dénonce aujourd’hui, une «prise en otage» du projet par «les présidents des conseils généraux de gauche de Midi-Pyrénées», alors qu’une étape «décisive» (l’adoption du financement de la LGV pour le tronçon reliant Tours à Bordeaux) avait été franchie le 25 février dernier : «A l’heure d’une compétition mondiale entre les régions, leur attitude est irresponsable et coupable au regard des enjeux en terme de créations d’emplois, d’attractivité touristique et économique mais également de compétitivité de notre territoire, qui entourent l’arrivée de cette LGV.»
Tout aussi dans le collimateur de ce même groupe d’opposition, le lycée Gallieni, «véritable gouffre financier» pour le conseiller régional Thierry Deville. En cause, l’augmentation du coût global de la construction de cet établissement détruit par l’explosion de l’usine AZF. «Comment peut-on accepter de doubler le prix d’un projet, pour en arriver à plus de 90 millions d’euros ?» demande Thierry Deville. Sur ce point, Osons Midi-Pyrénées vient de solliciter une mission d’information qui sera examinée à la prochaine assemblée plénière.

Claire Manaud


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