Conseil Régional ; Le train de vie épinglé par la droite

Trop de frais de réception, voitures de fonction inutiles ou encore indemnités des élus à revoir. Le groupe d’opposition mené par Brigitte Barèges a décidé de proposer une motion à la prochaine assemblée plénière de la Région le 28 juin, pour une économie de 4 millions d’euros. Une somme que les élus de droite souhaitent allouer à un fonds destiné aux entreprises en difficultés.

 
Le gouvernement le clame depuis plusieurs mois : les collectivités territoriales doivent se serrer la ceinture. Le groupe d’opposition de la Région, “Osons Midi-Pyrénées”, a bien compris le message et souhaite tailler franchement dans les frais de fonctionnement du Conseil Régional. La présidente UMP du groupe Brigitte Barèges propose ainsi de réduire de 20 % les indemnités de tous les élus, de baisser de moitié les frais de réception et de supprimer les véhicules de fonction, sauf pour le Président Martin Malvy. «Nous pourrions économiser entre 3 et 4 millions d’euros qui serviraient à la création d’un fonds de solidarité à destination des entreprises en difficultés. Nous proposons même que ce fonds soit placé sous la direction de Denis Parise, ancien délégué syndical de Molex», explique Brigitte Barèges. «Nous traquons le gaspillage. Ce texte transcende les divergences politiques car la pauvreté et la générosité ne sont ni de droite ni de gauche.»
Cette proposition sera présentée lors de la prochaine assemblée plénière le 28 juin et fait déjà des vagues. Le président de Région Martin Malvy n’a pas manqué de réagir avec ironie à cette annonce de la droite : «Ce serait risible si la situation dans laquelle le Gouvernement UMP a mis les finances publiques n’était pas si alarmante. Soutenir au niveau national l’irresponsabilité du bouclier fiscal qui prive la France de 5 milliards de recettes pour amuser le public avec des propositions démagogiques qui ont des relents désagréables de contestations des systèmes démocratiques, situe le niveau du débat qu’entretient l’UMP en région. Je suppose que Mme Barèges a transmis les mêmes suggestions au Président de la République, au Chef du Gouvernement et aux présidents des deux assemblées. J’attends leur réponse».

“ Une mauvaise foi flagrante ”

Le groupe d’opposition invite également Martin Malvy à prendre ses responsabilités, alors que ce dernier a décidé de boycotter la conférence nationale sur la réduction des déficits organisée par Nicolas Sarkozy, au motif que le Président de la République a décidé de mettre les collectivités “au régime sec”, ce qui constitue pour lui un «contresens». Un comportement que dénonce Brigitte Barèges : «C’est de la mauvaise foi flagrante quand on sait que les recettes principales de la Région sont abondées à 57 % par l’Etat !» Et la droite ne s’arrête pas là dans ses critiques, allant même jusqu’à dénoncer un problème de gouvernance au sein de la majorité du Conseil Régional : «Les Verts, le Front de Gauche et le PS ont du mal à s’entendre. Lors de la campagne, nous avons assisté à une unité de façade mais les divergences éclatent désormais au grand jour. Il n’y a ni cohésion ni véritable lisibilité d’une politique régionale.»
La prochaine assemblée plénière s’annonce donc houleuse mais la droite risque d’être renvoyée à ses propres contradictions. En effet, Brigitte Barèges cumule actuellement les fonctions de Conseillère Régionale, de maire de Montauban et de Députée du Tarn-et-Garonne. Elle aurait dû démissionner de son poste à l’Assemblée Nationale mais cette initiative est suspendue à une décision du Conseil d’Etat qui doit se prononcer dans les prochains mois sur un recours déposé par le Front National afin d’annuler les élections régionales. En attendant, Brigitte Barèges précise «reverser ses indemnités de conseillère régionale à son propre groupe» et toucher le minimum en tant que maire de Montauban, soit «environ 2 000 euros».

Sophie Orus


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