Conseil municipal; Mise aux poings

Pas vraiment riche en décisions significatives pour la ville, le dernier conseil municipal de Toulouse avant les vacances fut l’occasion de prises de position et de débats.

Dans cette atmosphère de débats et de discussions, le conseil municipal aura tout de même voté quelques mesures susceptibles d’être relevées. Ainsi, acte hautement symbolique, l’ardente militante pour le droit des femmes et des noirs Olympe de Gouges donnera son nom au groupe scolaire Moulis Croix Bénite, route de Launaguet. La fondation Jean Dieuzaide, du nom du célèbre photographe toulousain disparu en 2003, prendra ses quartiers dans l’espace Saint-Cyprien, allées Charles de Fitte. Expositions d’œuvres en partenariat avec le Château d’Eau, centre de documentation, salle de consultation et fond de collection seront mis en place sur des locaux de 420 m2.
À la demande de l’amicale des anciens joueurs de rugby du TOEC, le parc accueillant le stade du TOEC s’appellera désormais Parc des sports Georges Aybram. Ancien joueur et président du club, celui-ci a été élevé au grade de chevalier de la Légion d’Honneur et médaillé de la Croix de la Résistance. Enfin, Romain Cujives, benjamin du conseil municipal, a présenté l’attribution d’une subvention votée à l’unanimité pour participer à la Semaine d’Accueil Etudiant du 15 au 24 octobre dans les universités toulousaines.

Pas de délibération houleuse, pas de grand chantier mais de quoi réfléchir durant l’été pour les élus toulousains présents à l’ultime séance du conseil municipal la semaine dernière. Pour entamer cette grande réunion, Pierre Cohen lance un pavé dans la marre en évoquant la réforme de la télévision publique et en demandant solennellement au Président de la République de renoncer à la nomination du président de France Télévisions par le gouvernement. La suppression de la publicité «que vient de confirmer la commission Coppé, aboutit de fait à la fragilisation des moyens dévolus à l’audiovisuel public, en particulier des antennes régionales de France 3 qui jouent pourtant un rôle de première importance dans un véritable droit d’expression pluraliste à l’échelon local, souvent en contrepoint salutaire de l’uniformisation des chaînes nationales publiques ou privées.» Ce vœu «pour une télévision publique libre et pluraliste» a été voté à la majorité en fin de conseil municipal. En revanche, l’opposition, emmenée par Jean-Luc Moudenc considère que «Toulouse n’a pas à se positionner sur des questions nationales.» Argument répété lors du vœu émis par la majorité sur l’instauration définitive de la journée du souvenir de la guerre d’Algérie le 19 mars.
Autre plaidoyer, autre réforme : celle de l’éducation. Gisèle Verniol, dans un discours fleuve et sans équivoque, a dénoncé une politique lancée par Xavier Darcos «sans concertation, menant à un alourdissement des programmes et des horaires allégés.» L’adjointe chargée de l’éducation a tenu à avertir que «la rentrée» serait «difficile et coûteuse». Dans le même temps, elle a pointé du doigt les erreurs de l’ancienne municipalité : certains établissements scolaires seraient dans un «état de délabrement inacceptable». Gisèle Verniol a cité tour à tour les exemples du groupe Jean-Gilles, des écoles de Borderouge et du quartier Reynerie. Travaux qui n’en finissent pas, problèmes d’hygiène, sanitaires «datant de l’après-guerre», Pierre Cohen fait de la réhabilitation des écoles une priorité de la rentrée. Jean-Luc Moudenc, de son côté, ne comprend pas cet acharnement et précise que l’ancienne municipalité «a dépensé 75 millions d’euros par an dans ce domaine.»

 


L’opposition sur sa faim pour les transports

Ce conseil municipal fut également l’occasion pour la majorité de se féliciter «d’un moment de démocratie et d’efficacité» durant les Assises de la Mobilité et de la Culture. «Nous avons apporté des réponses aux attentes sur les transports. Le prochain Plan de Déplacements Urbains va permettre de combler quatre à cinq années de retard dans un esprit de vivre ensemble et de territoire unifié», prévient Pierre Cohen. Les Assises de la Culture ont quant à elles permis «de faire émerger des excellences culturelles qui n’avaient pas droit de cité». L’opposition reste elle sur sa faim. François Chollet a soulevé nombre de questions quant à la pertinence du grand oral sur les transports : «Nous n’avons pas de commentaire à faire sur le principe des Assises. Mais nous notons que la participation des Toulousains fut limitée. Les annonces que vous avez formulées s’inscrivent dans la continuité de notre politique et non dans la rupture. Nous constatons que vous n’avez pas répondu à certaines grandes orientations comme les extensions du tramway vers l’aéroport, de la Ligne A et de la Ligne B vers Labège. Autres interrogations : quelle forme de partenariat pour les transports ? Quelle place pour le SMTC ? Et pour la Région ?»

 


Question de sécurité

Autre sujet de discorde, celui de la sécurité. Depuis le 1er juillet, la police de proximité a refait son apparition à Toulouse par l’entremise de l’adjoint Jean-Pierre Havrin. Un dispositif qui ne suffit pas selon l’opposition : «La sécurité n’est pas un sujet tabou mais une préoccupation de citoyens», entame François Chollet. «Il est légitime de travailler pour une police municipale sur le terrain mais 60 agents affectés pour 75 000 habitants, ce n’est pas suffisant. Il s’agit d’une mesure clairement sous-dimensionnée. La question de la sécurité impose des moyens et nous proposons le doublement des effectifs.» Une proposition qui sera peut-être étudiée à la rentrée à l’occasion de la signature d’un nouveau contrat local de sécurité.
Concernant le budget, Joël Carreiras, adjoint aux finances, a fait voter un budget d’ajustement en prévenant qu’il faudrait désormais «veiller à ce que les crédits inscrits correspondent à ce qui peut être consommé.» L’opposition, réservée, attend toujours les grandes orientations financières de la nouvelle municipalité. «Elles seront claires lors de la présentation du budget primitif 2009 en décembre prochain», répond Joël Carreiras.
Seul point de rassemblement : le vœu émis par Jean-Jacques Mirassou sur un financement adapté à la spécificité de l’hôpital public. Majorité et opposition considèrent en effet que le CHU est en danger, suite aux multiples réformes de santé. Conclu sur ce dernier échange “harmonieux”, le conseil municipal peut prendre congé avant de se retrouver le 12 septembre prochain pour de nouveaux débats.

Sophie Orus


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