Communauté d’agglomération; Le Sicoval trace sa route !

La communauté d’agglomération du Sud-est toulousain, regroupant 36 communes, a présenté sa feuille de route pour 2009. Et le chemin de la réussite se fera sans la communauté urbaine du Grand Toulouse mais avec le prolongement de la Ligne B, que Tisséo s’engage ou non.

 
On ne parle que de cela depuis des mois : le Grand Toulouse est enfin devenu une communauté urbaine. Mais le Sicoval et son président François-Régis Valette n’en ont cure : l’avenir est déjà tout tracé pour les 36 communes du Sud-est toulousain. Fondé en 1975, le Sicoval s’est enrichi au fil des années pour compter aujourd’hui 70 000 habitants sur un vaste territoire dont 60 % sont protégés de toute urbanisation. Il n’est donc pas anodin que le Ministère de l’Ecologie lui ait décerné le label “Agenda 21 local France” l’an dernier, gage d’un projet politique durable de qualité : «Seulement 91 collectivités sur un objectif de 500 ont pour l’instant été désignées et nous sommes la première en Midi-Pyrénées», se félicite François-Régis Valette. Et 2008 fut l’occasion d’une autre récompense pour le Sicoval : celle du label “QualiPlus” pour son traitement des déchets et la mise en place d’un service qui a permis de réduire la redevance des usagers jusqu’à 21,6 %.
Pour les mois à venir, la communauté d’agglomération prépare le terrain avec un séminaire ce week-end visant à déterminer le projet politique jusqu’en 2030. Une chose est sûre, la priorité sera donnée à l’environnement, à l’économie et à l’emploi. Le Sicoval fait donc seul son bonhomme de chemin.

« 200 millions d’euros foutus en l’air »

Et le message est clair : il ne rejoindra pas la communauté urbaine du Grand Toulouse pour l’instant. «Notre dotation générale de fonctionnement est supérieure à celle de la CU», explique François-Régis Valette. En clair, le Sicoval se débrouille très bien tout seul. A tel point que le prolongement de la Ligne B, prévue par Tisséo en 2006 mais suspendue par Pierre Cohen à son arrivée au Grand Toulouse, est une chose acquise pour le maire d’Auzeville. «Il est hors de question de revenir en arrière. L’argument de la dette de Tisséo ne tient pas. Comment Pierre Cohen aurait-il pu l’ignorer avant d’arriver au Capitole ? De plus, envisager de remplacer le prolongement par une ligne de tramway est une erreur car cela impliquerait deux ruptures de charge pour l’usager. Soit 200 millions d’euros pour la réalisation foutus en l’air !»
Et si jusqu’à présent François-Régis Valette ne masquait pas sa colère, il semble aujourd’hui serein et droit dans ses bottes : «Si la concertation pour le prolongement de la Ligne B n’est pas lancée, nous ne voterons ni le doublement de la dotation du Sicoval ni le budget de Tisséo en mars prochain. Pire, nous n’aurions plus aucun intérêt à rester dans Tisséo.» Une telle décision mettrait un coup de frein aux trois autres grands projets de l’agglomération en termes de transports : le passage à 52 mètres des stations de la Ligne A, le boulevard urbain nord et la desserte de l’ouest toulousain avec des bus en site propre. Et François Régis Valette d’avertir : «Ce prolongement se fera avec ou sans Tisséo. Il y a d’autres moyens pour cela.»

Sophie Orus


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