Club Villepin ; “ Il faut rassembler ”

Le 19 juin prochain, Dominique de Villepin doit annoncer lors d’un congrès fondateur à Paris, la création de son propre mouvement politique. L’un de ses lieutenants, le Député-maire héraultais Jean-Pierre Grand était il y a quelques jours de passage à Toulouse pour tenter de convaincre «la majorité silencieuse» de suivre l’ancien premier ministre dans son nouveau défi à deux ans de la présidentielle. Interview.

 
Jean-Pierre Grand, pourquoi avez-vous choisi de suivre Dominique de Villepin ? Quelles ont été vos motivations ?
Dominique de Villepin est un homme d’Etat et dans des circonstances comme celles que nous vivons aujourd’hui, j’ai estimé qu’il fallait le suivre. J’ai d’abord souhaité qu’il s’engage davantage en politique car Dominique de Villepin est véritablement une alternative.

Qu’est-ce qui l’a amené à se réengager en politique et à créer le club Villepin ?
Dominique de Villepin avait 53 ans lorsqu’il a quitté Matignon. Il a été premier ministre, ministre des Affaires Etrangères, de l’Intérieur, Secrétaire général de l’Elysée. Franchement, c’est un beau parcours ! C’est un écrivain, un conférencier, il est avocat international. Autant dire qu’il pouvait s’arrêter là ! Mais la gestion actuelle de la nation n’est pas ce que nous en espérions. De plus, au fur et à mesure des différentes élections, présidentielles, législatives, municipales, européennes et régionales, nous avons senti que nous étions en train de perdre l’électorat populaire. Puis il y a eu l’affaire Clearstream, un moment très difficile pour Dominique de Villepin, la crise a accentué les choses et j’ajoute, elle n’est pas finie ! Il faut arrêter de raconter aux gens n’importe quoi ! De nombreuses décisions financières ont fait passer à la mer de nombreux milliards, cela a créé un malaise dans l’opinion car nous n’avons plus les moyens de cette politique. Dominique de Villepin a été sollicité par de nombreux Français et élus qui souhaitaient le voir revenir, pour s’exprimer de plus en plus sur ces sujets et c’est ainsi qu’il a décidé de créer son association qui est implantée dans tous les départements français.

Quelles vont être les grandes lignes de ce congrès fondateur ?
Dominique de Villepin va décrire son ambition pour la France, comment il voit la gestion d’une nation en ce début de 21ème siècle, en ces temps de crise et de mondialisation. Il va parler aux Français comme on doit le faire car aujourd’hui ces Français sont extrêmement inquiets et considèrent que la politique menée n’est pas une politique de justice sociale, fiscale, républicaine. Il va parler de la France, de sa place dans le monde et des grandes réformes, cohérentes, qu’il faut mettre en place, et non des réformes inachevées qui se décident au gré des événements. Il faut vraiment remettre de l’ordre dans la maison France et faire de la politique pour tous et pas que pour quelques-uns. Vous savez, cela me choque beaucoup d’entendre des discours qui ostracisent les gens, qui montent les catégories les unes contre les autres. Ca n’est pas notre France.

 

Qu’est-ce qui vous fait penser que les Français ont besoin d’une énième formation politique ?
Je ne vous ai pas dit que ce serait une formation politique comme les autres. Les Français ne supportent plus la politique politicienne. Il faut s’en écarter et Dominique de Villepin saura le faire.

Ne craignez-vous pas de diviser la droite encore davantage ?
Ce n’est pas un parti de droite que Dominique de Villepin est en train de créer. C’est un rassemblement de Français. Il y a une expression qui résume bien cela : la majorité silencieuse. Quand elle s’exprime, ce sont des Françaises et des Français de tous bords politiques, qui se retrouvent sur un même sujet.

Il sera ouvert même à l’UMP ?
Il le sera à tous les Français.

Ce n’est pas du bayrouisme bis repetitas ?
Non. Dominique de Villepin est un homme d’Etat et les hommes d’Etat ont cette particularité de ne pas être comme les autres.

De quelles tendances politiques les clubs de Villepin sont-ils composés ?

Entre 30 % et 40 % des adhérents viennent de l’UMP ou du RPR. Les autres 60 %, sont pour un tiers des centristes en déshérence, des socialistes sceptiques et cette majorité silencieuse qui n’a jamais appartenu à une organisation politique mais qui a envie de s’engager, comme souvent dans des périodes un peu exceptionnelles.

Dominique de Villepin a entamé une tournée dans tout le pays pour dit-il «écouter les Français». Peut-on dire qu’il bat la campagne pour 2012 ?
C’est une perspective mais c’est à lui de le dire le moment venu. Aujourd’hui il faut donner à la politique française un nouvel élan. Dominique de Villepin a la capacité de le faire.

Propos recueillis
par Claire Manaud


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