Club Rosemasters ; Concours international de discours de la Ville rose

Rosemasters

Ce samedi 10 mars aura lieu à la salle Antoine Osète de l’espace Duranti le 5ème concours de discours et d’évaluation organisé par Rosemasters, le club Toastmasters bilingue de la Ville rose. Une manifestation originale au cours de laquelle les meilleurs orateurs du club auront l’occasion de s’affronter dans la langue de Steve Jobs, et peut-être de gagner leur place pour la manche suivante de ce concours international d’éloquence – dont le vainqueur sera couronné à la fin de l’été à Orlando, en Floride.

Bien avant qu’Intel ou les studios Raleigh ne décident de s’implanter à Toulouse, une autre organisation californienne de stature internationale, non-lucrative celle-là, y avait déjà installé une antenne locale. Toastmasters International, créée en 1924 par le directeur d’une YMCA, compte aujourd’hui 13 000 clubs, répartis dans 106 pays. L’organisation a pour mission d’aider ses 270 000 membres à développer leurs compétences en communication orale et en leadership, principalement par la prise de parole en public. Les membres suivent des programmes de formation structurés, sanctionnés par des certificats, dans lesquels chaque discours répond à un objectif spécifique et donne lieu à une évaluation. Quant au volet leadership, il s’agit d’encourager la prise de responsabilités au sein des réunions, puis au niveau de la gestion du club, voire du secteur, de la division ou du district (Europe continentale). Aussi certaines grandes sociétés, telle Cisco en Belgique, rendent-elles l’adhésion à Toastmasters obligatoire pour leurs nouvelles recrues, tandis que d’autres incitent leurs employés à fréquenter un club d’entreprise (qui leur est réservé), comme c’est souvent le cas en Inde et aux Etats-Unis. Plus de la moitié des 28 clubs Toastmasters français sont regroupés en région parisienne, un tiers sont anglophones. «Rosemasters a pour particularité d’être un club bilingue», explique Patrick Prodhon, gouverneur de secteur et ancien président du club. «De plus, la quasi-totalité des clubs européens se réunit exclusivement en semaine, alors que nos réunions se tiennent tous les 10 jours, le mercredi et le samedi, ce qui nous permet de toucher plus de personnes. Enfin, nous avons la chance de bénéficier de salles mises à disposition gratuitement par la municipalité. Les autres clubs, à l’exception des clubs d’entreprise, doivent tenir leurs séances dans des restaurants, ce qui les rend moins accessibles financièrement.»

Fondé en 2007 par Flemming Flunch, consultant en informatique danois et orateur émérite fraîchement débarqué de Californie, Rosemasters a désormais le vent en poupe. «J’ai rejoint Toastmasters en 1992», se souvient-il. «J’occupais un poste de cadre à l’époque, et mes prestations dans les meetings laissaient à désirer… Aujourd’hui, j’affectionne particulièrement les discours improvisés et j’ai à mon actif plusieurs participations à des concours de secteur. Les auditoires ne m’effraient plus, au contraire !» Aisance relationnelle, facilité d’expression et clarté mentale accrues, les membres de Rosemasters attestent tous des bénéfices apportés par une pratique régulière de l’art oratoire – dans leur vie professionnelle, mais aussi personnelle. Autre élément gratifiant : la collaboration entre membres, qui s’entraident (notamment par un système de mentorat), s’entre-évaluent… et s’applaudissent abondamment. Selon la philosophie de l’organisation, un leader accompli doit en effet pouvoir communiquer, mais aussi agir et guider en leader.

Rosemasters est toutefois victime de son récent succès. La journée portes ouvertes du 21 janvier n’a pas seulement attiré une cinquantaine de spectateurs curieux d’assister à une réunion-type (dont certains n’ont pas hésité à prendre part aux sujets improvisés). «Le nombre de nos adhérents a quasiment doublé, c’est au-delà de nos espérances !», déclare Dominique Carrasco, chargé de la promotion de la manifestation. «Avec une quarantaine de membres, nous allons devoir adapter notre organisation, trouver de nouvelles salles et probablement séparer réunions en anglais et en français à l’avenir.»

Rosemasters envisage désormais de promouvoir auprès des grandes sociétés de la région toulousaine la création de clubs d’entreprise, un modèle encore peu répandu en France. Après tout, Toastmasters a vocation à former des leaders, comme en témoigne le slogan de l’organisation : Where leaders are made. De nombreuses personnalités du monde politique, économique, sportif et médiatique en sont d’ailleurs issues outre-Atlantique… et ailleurs. Si la démarche aboutit, les clubs d’entreprise toulousains viendront peut-être grossir la dizaine de clubs qui voient le jour chaque année dans le district.

Sonia Le Berre



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