Club Galaxie – Cycle de Conférences; Invité du jour : Laurent Collet-Billon

A la Cité de l’Espace, salle Astralia, le Club Galaxie, accueillait mardi dernier, Laurent Collet-Billon le délégué général pour l’armement au sein de la Direction Générale de l’Armement (DGA) du ministère de la défense français. L’occasion pour tous les membres du club et particulièrement ceux, professionnellement concernés, de près ou de loin, par l’armement, d’être présents à une soirée des plus rares. L’opportunité aussi pour les profanes de mieux comprendre les enjeux, tant de stratégie militaire, que d’économie planétaire et surtout de sécurité supérieure. Le tout étant intimement lié, comme le rappellera l’invité d’honneur…

 
Pour le citoyen lambda, comprendre le comment et le pourquoi des enjeux stratégiques qui engagent notre pays, notre armée ici ou là ? Prétextes ou résonances incontournables qui nous imposeraient d’être toujours plus présents dans la course à l’armement, la course à la sophistication du matériel ? Que cacherait comme intérêts inavouables, cette course au suréquipement et particulièrement nucléaire ? D’autant que sur le terrain, comme en Afghanistan, on sait très bien que prendre ou reprendre l’ascendant n’est pas qu’affaire de matériel. Mais aussi et comme toujours de courage, d’intelligence et surtout, comme le relèvent des hauts dignitaires français, de l’obligation, si l’on veut gagner, de repenser notre stratégie avec l’envoi notamment de fantassins. De la volonté aussi de se doter ou pas du matériel le mieux adapté au type d’ennemis rencontrés, comme au terrain où l’on évolue. Et puis, comment ne pas être tenté, au vu de l’actualité, de reprendre les propos de Jean-Frédéric Le Mière de Corvey, qui écrivait en 1823 et à propos des insurgés espagnols qui combattaient alors les troupes napoléoniennes : «Cette guerre bien faite, dirigée par un chef habile, inspirera la terreur à l’ennemi. Il saura occuper les villes, comme traverser des routes pour communiquer de l’une à l’autre. Sauf qu’il sera assailli sur ces routes… Qu’il faudra qu’il soutienne un combat à chaque défilé… Qu’il n’osera plus faire sortir une seule voiture sans escorte… Qu’il fatiguera ses troupes et sera détruit peu à peu sans n’avoir jamais éprouvé une grande perte à la fois.» Étrange similitude avec la situation afghane, n’est-ce-pas ?

 


Alors, au vu de l’actualité, comment ne pas avoir à l’esprit que les engins explosifs improvisés et utilisés, à titre d’exemple, naguère en Espagne, hier au Vietnam ou comme par les guérilléros afghans contre des armées technologiques suréquipées sont aujourd’hui responsables de 29 % des pertes américaines, comparables en pourcentage à celles des Français (28 %), mais très inférieures à celles des Britanniques (47 %). Combien de temps encore tolérer l’asymétrie financière exorbitante, lorsqu’un dispositif de 100 euros est à même de détruire un matériel coûtant jusqu’à 10 millions d’euros ? Pourra-t-elle être comprise et acceptée par le citoyen de la rue ? N’est-il pas temps d’envoyer les concepteurs des matériels concernés passer quelques semaines sur leur zone d’emploi, histoire de valider leurs produits ? 

 


Autant d’interrogations auxquelles Laurent Collet-Billon, l‘invité du Club galaxie, a répondu, devant un public averti, avec beaucoup de simplicité, de clarté comme de pédagogie. Quoi de plus facile, me direz-vous pour cet ingénieur de l’armement qui aura, au sein de “La Grande Muette”, gravi un à un les échelons. Ancien directeur de programmes dans les télécommunications militaires, comme du programme d’ensemble Horus (missiles air-sol nucléaires), il exercera ensuite des fonctions dans les domaines des systèmes spatiaux, puis des systèmes terrestres, de l’électronique et même de l’informatique. Puis il sera nommé architecte du système de forces «mobilité stratégique et tactique», et enfin chef du service des programmes d’observation, de télécommunications et d’information (SPOTI). En mai 2001, il devient adjoint au délégué général pour l’armement, et numéro deux de la DGA. Cinq ans après, il quitte la DGA, et devient alors conseiller défense et sécurité de Serge Tchuruk (Alcatel). Il est nommé délégué général pour l’armement au conseil des ministres extraordinaire du 28 juillet 2008. Il a le grade d’ingénieur général de l’armement de classe exceptionnelle.

André Gérôme Gallego


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