Claude Guéant à Montauban : Oui au droit d’asile ! Non à ses détournements !

Le vendredi 25 Novembre, Claude Guéant, Ministre de l’Intérieur, de l’outre mer, des collectivités territoriales et de l’immigration a rappelé que le droit d’asile restait un droit fondamental de notre pays mais que ses nombreuses dérives et détournements devaient être combattus.

 
La première étape de Claude Guéant dans le Tarn-et-Garonne fut la visite du CADA de Montclar de Quercy en début d’après midi. Cette visite d’un Centre d’Accueil de Demandeurs d’Asile n’était pas anodine. En effet, le but premier de la visite du ministre était précisément de venir parler de l’avenir de notre système d’asile. Sur la demande de Brigitte Barèges, député maire de Montauban qui, depuis plusieurs semaines alertait l’Etat sur les tensions très perceptibles qui régnaient en Tarn-et-Garonne autour des questions liées à la demande d’asile. Claude Guéant a affirmé «avoir pu mesurer à la fois le très fort engagement de ceux qui œuvrent pour ce droit d’asile, mais aussi des difficultés qui sont rencontrées localement sur ce sujet» avant de se rendre dans le centre-ville de Montauban.

Reformer le droit d’asile pour le préserver

Le système d’asile  en France rencontre une saturation progressive au fil des mois, du fait d’une augmentation continue de la demande. Le nombre de demandes d’asile a augmenté de 55 % ces quatre dernières années et pourrait atteindre 60 000 demandes en 2011. La France con-centre 20 % des demandes d’asile européennes, se situant comme la première nation des membres de l’Union en matière d’accueil. Cet accroissement de la demande est “infondé” pour le ministère de l’immigration, ceci est vérifié par la baisse du taux de reconnaissance d’une protection : 24.6 % en 2011 alors qu’il était de 36 % en 2008. Ce chiffre explique de lui-même que le nombre de demandes d’asile non reconnues, non fondées ou abusives est en constante augmentation.
Cette forte augmentation des procédures infondées de la demande d’asile, en particulier des procédures d’examen prioritaire, est à l’origine de l’allongement des délais de traitement des demandes par l’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides) et par la CNDA (Cour Nationale du Droit d’Asile) Les délais sont passés de 16 mois et 15 jours en 2008 à 19 mois et 12 jours en 2010. Cette augmentation des délais provoque une saturation des dispositifs d’hébergement des demandeurs d’asile.
Ce sont les centres d’accueil CADA qui assurent la majeure partie de l’hébergement, ainsi qu’un accompagnement social et administratif des demandeurs d’asile. Seuls 38.8 % des demandeurs peuvent être accueillis en CADA malgré une augmentation en 2010 de plus de 1 000 places nouvelles. Répartis sur tout le territoire, ces CADA offrent aujourd’hui 21 410 places alors qu’en 2000 c’était seulement 4 756 places qui étaient disponibles. Les demandeurs d’asile qui ne peuvent être accueillis dans un CADA perçoivent l’allocation temporaire d’attente (ATA) et relèvent des structures d’hébergement d’urgence.
Les dépenses consacrées à l’hébergement des demandeurs d’asile représentent un coût de 334 millions d’euros en 2011 soit 40 % du budget de l’asile, qui est passé de 367 millions euros en 2009 à 523 Millions d’euros en 2011, soit une augmentation de plus de 40 %.

«Le droit d’asile est, ce que je veux sauvegarder»

C’est lors de l’allocution que Claude Guéant a faite à la préfecture de Tarn-et-Garonne devant les élus et les officiels que cette annonce a été faite. Le ministre a tout d’abord rappelé dans ce discours que l’Etat avait déjà «fait beaucoup pour améliorer la droit d’asile en France et que certaine choses restaient encore à améliorer». Mais il a surtout rappelé : «Notre système d’asile est en danger» ajoutant comme ministre en charge de l’asile, «je souhaite engager les réformes qui sont aujourd’hui nécessaires.» La France est aujourd’hui le deuxième pays du monde, après les Etats-Unis pour la demande d’asile. Dans le pas-sé notre pays a déjà con-nu deux crises de l’asile, en 1989 et en 2003. Mais l’augmentation enregistrée aujourd’hui présente une par- ticularité, elle ne se traduit pas par un nombre plus important de personnes obtenant le statut de réfugié, mais bien par un détournement du fait d’abus de demandes formulées à des fins d’immigration économique. Ces abus et ces demandes s’appuient sur des filières organisées. Claude Guéant ajoute que «c’est toujours à l’aune de crises nationales ou internationales que ces demandes augmentent», rappelant l’exode massif des Hon- grois fuyant la répression soviétique, alors que leurs voisins tchèques subissaient les troupes du pacte de Varsovie au printemps de Prague de 1968.
La France a toujours su offrir sa protection aux opprimés et aux victimes des régimes bafouant les droit de l’homme : «C’est notre honneur» dit-il, mais en ajoutant «il ne faut pas pour autant manquer de lucidité.»
Aujourd’hui les véritables demandes de droit d’asile, légitimes, sont mises en péril par une partie importante de demandes qui ne sont pas déterminées par les risques que les demandeurs encourent. Ce qui explique le rallongement des délais d’examen, l’augmentation importante des coûts et la saturation de nos capacités d’hébergement malgré les moyens engagés.  Claude Guéant rappelle que la France consacre «Plus d’un demi milliard d’euros pour faire vivre le droit d’asile.»
Cette saturation amène de nombreux élus à alerter le gouvernement. Ce sont souvent les structures d’urgence sociale qui sont de plus en plus occupées par des demandeurs d’asile alors qu’elles sont, en principe, dédiées aux sans abris. De plus les personnes qui sont en réel danger de persécution pâtissent de cette situation et ne peuvent correctement élaborer leur demande d’asile légitime.
En rappelant «Le droit d’asile Français nous vient de ce qu’il y a de plus beau ! C’est cela que je veux sauvegarder. » Claude Guéant affirme aussi sa fermeté, la France accueille les demandeurs d’asile, elle protège les réfugiés, mais les déboutés du droit d’asile sont des étrangers en situation irrégulière comme les autres. Ce qui ne laisse aucune équivoque sur le sort qui sera réservé à ceux qui veulent se servir de cette générosité française pour con-tourner nos lois.

Suppression de la plate-forme d’accueil de Montauban

Après avoir développé tout ce qui fait que nos structures d’asile sont en danger, mais en réaffirmant que ce droit doit être maintenu, Claude Guéant en est arrivé plus directement à notre région et aux problèmes spécifiques du Tarn-et-Garonne. Dans un contexte budgétaire difficile, la France doit améliorer la gestion de ses centres d’accueil de demandeurs d’asile. Même si la France a renforcé les moyens en continu depuis de nombreuses années, même si la France continuera cet effort réservé aux demandeurs légitimes du droit d’asile. Claude Guéant rappelle «Les efforts budgétaires doivent s’imposer à tous et la modération des dépenses publiques s’impose aussi à notre politique d’asile.»
Le ministre proposera à cet effet des mesures législatives réduisant la dynamique de la dépense d’accueil des demandeurs d’asile. C’est pourquoi la gestion des structures d’accueil des demandeurs d’asile doit être revue. Les nouvelles normes de gestions des centres d’accueil, mise en place en août dernier sont globalement bien acceptés. Pour les renforcer, le ministre va encourager les préfets à moduler les moyens alloués aux CADA quand cela sera “nécessaire”. Ces restrictions sont surtout mises en place pour éviter les détournements et les effets d’aubaine des abus et pas pour limiter la générosité de notre pays face aux demandeurs d’asile véritables.
Pour en venir directement aux inquiétudes du département de Tarn-et-Garonne, Claude Guéant insiste sur le fait que le droit à l’hébergement des demandeurs d’asile n’est pas un droit à choisir son lieu d’hébergement. A-lors que sont constatées localement, des logiques d’agrégation communautaires qui se renforcent. C’est un problème qui se pose tout particulièrement à Montauban, en particulier du fait de la plate-forme d’accueil qui a créé un afflux important de demandeurs d’asile. Cet afflux est hors de proportion avec les capacités d’accueil et la taille du département. Cette plate-forme de Montauban n’est pas indispensable, dans la majorité des régions elle est implantée dans le chef lieu de région (pour ce qui nous concerne Toulouse) Dans certaines régions à très forte densité de demandeurs, une seconde plate-forme a été créée car elle était nécessaire. Ce n’est pas le cas de la région Midi Pyrénées. De plus la proximité de ces deux villes, 50 kilomètres, ne justifie absolument pas qu’il existe deux plates-formes d’accueil. « J’ai décidé de supprimer la plate forme d’accueil de Montauban dès maintenant.» Cette annonce de Claude Guéant a été reçue par de nombreux applaudissements et un grand soulagement des élus du Tarn-et- Garonne. La fin de l’allocution se fit sur cette phrase du ministre : «Parce que nous respectons le droit d’asile, nous devons éloigner les déboutés.»

Claude Guéant en campagne

La fin de l’après midi était consacrée à une réunion organisée par l’UMP au théâtre Olympe de Gouges, plein à craquer pour la circonstance, des militants de Haute-Garonne étant aussi venus applaudir le ministre. Seuls les cadres de l’UMP de Haute-Garonne manquaient à cette réunion.
Là, réel changement de ton. Nous n’étions plus devant un ministre qui explique des éléments techniques du droit d’asile, mais bien un des ministres du gouvernement en campagne. Sa première phrase importante fut : «Il ne fait pas de doute que Nicolas Sarkozy va gagner» reçue bien sûr par une salve d’applaudissements.
La suite a été le déroulé des grands thèmes qui feront à coup sûr la campagne électorale de 2012, enfonçant le clou avec la suppression des 35 heures dans certains domaines mis en danger par cette réduction irresponsable du temps de travail. Faisant de l’immigration un thème majeur, les dérives du droit de vote des étrangers, les problèmes économiques ont aussi été abordés faisant de tout cela un véritable catalogue des thèmes de la future campagne.
Pendant ce temps-là, dans les quelques rues de Montauban non gardées par la police, les manifestants de l’extrême gauche NPA au parti socialiste, déroulaient les mêmes slogans. Confondant la lutte contre l’immigration clandestine avec la lutte contre toute l’immigration et chantant comme au bon vieux temps «Nous sommes tous des enfants d’immigrés.»
Nous sommes bien dans le réel, la campagne électorale est bien en route.



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