Claude Allègre «Avec Hollande, on aura Chirac II»

On le sait Claude-Jean Allègre, n’est pas homme à mettre sa langue dans la poche. Ce trublion de gauche qui a connu son heure de gloire sous l’ère Jospin en tant que ministre de l’Education nationale, de la Recherche de la Technologie, vient de surprendre tout son monde en prenant fait et cause contre François Hollande. Et même plus, en livrant à nos confrères du Journal du Dimanche son intérêt pour Nicolas Sarkozy ; légitimant ce choix par une description très critique du candidat socialiste. Ainsi à plus 70 ans, il est né le 31 mars 1937 à Paris, ce scientifique reconnu par ses pairs, récompensé par le Prix Crafoord en 1986 même Médaille d’or du CNRS en 1994, n’attend plus rien de la politique. Alors aujourd’hui il est logique, d’autant que son favori Dominique Strauss-Kahn, n’est pas dans la course, qu’il se lâche un peu…

L’ancien bras droit de Lionel Jospin soutient Nicolas Sarkozy…  

… Aujourd’hui, je fais une analyse qui n’est pas une analyse cire-pompes. Je considère qu’il y a eu des échecs dans le quinquennat de Nicolas Sarkozy, notamment dus à son incapacité à choisir de bons collaborateurs ou de bons ministres. Mais mon choix est guidé par une seule chose essentielle : je considère qu’en Europe, nous sommes dans une crise très profonde. Nous ne sommes pas loin dela Grèceou de l’Italie. Or je considère que les parts de réussite de Nicolas Sarkozy, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, résident justement dans sa politique extérieure. Il a une énergie formidable. Tous les Allemands savent bien qu’au fond, c’est lui qui tire Angela Merkel, qui la pousse à agir.

Pourquoi pas Hollande…

… Il est un politicien, très intelligent et très sympathique, d’ailleurs j’ai prévenu Sarkozy que les débats contre lui seraient durs. Mais s’il est élu, on aura Chirac II au pouvoir ! Chirac a cédé à tout, Hollande, c’est la même chose. Il fait des compromis tout le temps ! Je ne le vois pas du tout dans le rôle. Si Dominique Strauss-Kahn avait été candidat, je l’aurais en revanche soutenu.

Vous êtes toujours de gauche…

… Il vous suffit de lire mon livre, pour apprécier que je suis de gauche. Je combats d’ailleurs la critique de l’UMP sur les emplois-jeunes. Mes idées n’ont pas varié. Je pense juste que l’on a besoin de Sarkozy car nous sommes dans une crise très profonde.

On a vraiment besoin de Nicolas  Sarkozy…

Oui, je suis partisan de renouveler notre confiance au Président de la République, à condition qu’il installe un gouvernement d’union nationale, dans lequel des gens comme François Bayrou auraient leur place, comme bon nombre avec d’experts, en tous domaines… Sur ce sujet j’ai obtenu un certain nombre d’assurances, mais ce n’est pas à moi de les annoncer.

 Vous partagez ses «valeurs»…

… Si vous parlez de «travailler plus», je vous rappelle que le travail est une notion de gauche. Le référendum est une très bonne chose pour donner aux citoyens une participation à ce qui se passe. Mais en même temps, je sais bien que le chômage ne se résoudra pas avec un référendum. J’ai aimé aussi qu’il complète cette interview sur TF1, mercredi soir dernier, en parlant aussi de solidarité, une valeur très importante pour moi.

Un ministère…

… Mon temps est passé, je veux garder ma liberté !

Soutenir comment… 

Je ne suis pas UMP, et ne vais pas adhérer à ce parti. Je ne vais pas battre les estrades. En revanche, j’espère faire avancer quelques propositions auxquelles je tiens : revaloriser le salaire des professeurs d’université et des chercheurs, rebâtir l’Europe politique autour de l’euro, rapprocher formation professionnelle et éducation nationale.

Engagement anachronique…  

C’est le privilège des hommes libres. En 2007, je n’ai voté ni pour Ségolène Royal ni pour Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, je milite pour un gouvernement d’union nationale. L’Allemagne recueille aujourd’hui les fruits de son gouvernement de grande coalition.

 Des chances d’être réélu…

… Oui, Nicolas Sarkozy, dans un scrutin qui sera très serré, a des chances d’être réélu. La gauche a un handicap, c’est François Hollande.

 André Gallego

A partir de l’interview de notre confrère Le JDD



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