Chambre interdépartementale des Notaires: L’accalmie en 2012 ?

A la veille du salon de l’immobilier, la Chambre interdépartementale des Notaires fait le point sur l’évolution du marché en Haute-Garonne. Avec plus d’offres que de demandes, des volumes de ventes et des prix qui se maintiennent sur l’ancien début 2012.

 

Malgré un contexte économique perturbé, aussi bien en France qu’à l’étranger, le marché de l’immobilier reste une valeur refuge en 2012. Selon l’étude réalisée par la société Perval entre juillet 2011 et juin 2012, «Le marché du neuf a subi au cours de ces derniers mois une baisse très importante en termes de volumes avec la prochaine disparition des avantages du dispositif Scellier. Sur les biens anciens, l’augmentation du volume des échanges se maintient (+6.6% pour les maisons et +2.3% pour les appartements), avec un prix sur l’ancien qui est toujours en augmentation (+4.5%). Seul le marché des terrains à bâtir marque le pas, dans un volume de transactions en baisse de 15.8% mais avec des prix qui restent stables grâce aux taux de crédit toujours bas.» confie Me Frédéric Giral, délégué de l’Institut Notarial de Droit Immobilier (INDI). Et alors que d’autres départements subissent une période de creux, et en dépit d’une période d’attentisme liée à la mise en place du gouvernement Ayrault et des futures réformes fiscales, la Haute-Garonne se démarque avec un marché qui se stabilise. «Mais cette bonne santé est loin d’être homogène. En effet, on constate un recentrage des populations en milieu urbain notamment dans l’hyper-centre de Toulouse et en première couronne.» soulignent Maîtres Philippe Pailhès, Responsable Immobilier de la Chambre Interdépartementale des Notaires et Boris Vienne, Notaire à Cornebarrieu.

 

«De petits prix parisiens dans l’hyper-centre de Toulouse»

S’agissant des appartements anciens, Toulouse concentre donc 79% des ventes, le prix au mètre carré en Haute-Garonne se situant entre 2300 et 3000 euros, comme à Montpellier et Marseille. Les Notaires constatent la «performance» de quartiers toulousains comme Marengo (+11.5%) et Bonnefoy (+18.7%) et y voient «la marque des annonces des futurs projets d’aménagement de la gare» précise Me Pailhès. Ces quartiers connaissaient des évolutions entre 2 et 3% les années précédentes. Là, quelque chose se passe.» Même tendance au Mirail (+17.7%), une évolution imputée au Grand Projet de Ville (GPV), à l’effet métro sur l’axe Minimes/Rangueil (+5.7% et +5.2%) ou tram pour le quartier Cartoucherie Fontaines (+8%). «Autre élément qui nous a surpris», explique Me Pailhès, «Saint Cyprien, la «vedette des faubourgs» stagne, les prix étant devenus trop chers (2783 €, voir détails en encadré). Et dans l’hyper-centre de Toulouse, Ozenne enregistre une hausse de +8.4%. En outre, la liste des quartiers à plus de 2500 euros le mètre carré, ne cesse de s’allonger. Avec deux nouveaux entrants en six mois : Marengo (2624€) et Côte Pavée (2546€) au point que les Notaires se demandent si «dans quelque temps, on ne va pas mettre des prix supérieurs à 4000 euros. 3800 euros de moyenne, c’est énorme. Nous avons des petits prix parisiens dans l’hyper-centre historique de Toulouse.» considère Me Pailhès. A noter qu’Empalot, Roseraie Croix Daurade, Bonnefoy et les Izards/Lalande jadis dans le classement des moins de 2000 euros le mètre carré, les dépassent désormais.

Dans le neuf (appartements de moins de cinq ans) en revanche, «les réservations s’effondrent de 40% à 50% au cours du premier semestre 2012. Ce qu’annoncent les promoteurs est une réalité : une désaffection des investisseurs avec une baisse des échanges mais pas des prix.» note Me Pailhès. Soit 3636€ le mètre carré à Toulouse qui concentre 51% des ventes, 3444€ en moyenne pour la Haute-Garonne.

 

«L’emplacement et la situation géographique sont devenus des critères majeurs»

 

La Chambre Interdépartementale des Notaires fait également le point sur le marché des maisons anciennes. En Haute-Garonne, elles se vendent en moyenne 255 900€ (+4.1% sur un an). A Toulouse, 338 100€, la Côté Pavée demeurant sur la plus haute marche du podium (453 200 €). «Ce sont des prix ahurissants» dit Me Vienne, «on ne sait pas où cela va s’arrêter».

Citées également en exemples, la ville de Balma (381 800€) tout d’abord : «les maisons sont plus grandes d’où ces prix plus élevés et une accessibilité vers Toulouse via le métro. En ces temps de crise, l’emplacement et la situation géographique sont devenus des critères majeurs.» explique Me Vienne. A Blagnac (310 000€) l’effet tram et la bonne santé d’Airbus ont joué et «on commence à voir des prix de vente sur Blagnac de l’ordre de 600 ou 700 000 euros ; chose que je n’avais jamais vue à titre personnel» selon Me Vienne.

Le marché des terrains à bâtir marque lui une pause avec un prix moyen de 97 200€ et une superficie de 1285m2 sur notre département. «L’offre des terrains a diminué et comme acheter un terrain à bâtir nécessite de se projeter dans le temps, douze voire dix-huit mois, en ces temps de crise forte encore une fois, bon nombre d’acquéreurs potentiels qui auraient fait la démarche d’acquérir un terrain il y a quatre ans, appréhendent ces délais aujourd’hui» conclut Me Giral.

 

2013 ?

 

Après un début d’année marquée par une certaine accalmie, «on n’est pas sur un marché de crise actuellement» analyse Me Pailhès considérant «une reprise des échanges depuis la mi-rentrée» et ce malgré les inconnues sur l’encadrement des loyers et la loi sur les plus-values, revisitée l’an prochain par le gouvernement. Les Notaires se félicitent par ailleurs de l’orientation à la baisse des taux d’intérêt : «Ce qui est essentiel pour soutenir les acquisitions et permet encore d’envisager de saisir des opportunités.»

 

Claire Manaud

 

* La Chambre Interdépartementale des Notaires regroupe les départements de l’Ariège, de la Haute-Garonne, du Tarn et du Tarn-et-Garonne.

 



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.