Cet hiver, sortez couvert

L’hiver, qui n’a jamais été évoqué avec autant d’acuité en plein été, nous promet une propagation fulgurante de la grippe. Cette fameuse grippe dite “A”, contrairement aux apparences, ne doit pas être confondue avec la précédente, dite Aviaire. La grippe d’aujourd’hui fut d’abord porcine, avant que les représentants des cochons ne menacent d’installer des bonbonnes de gaz, (c’est très tendance) pour se faire respecter ici et d’ailleurs. Sus au jambon-beurre hurlaient-ils d’un même groin ! Dans le temps (parce que cela fait quelques mois qu’on nous bassine avec le sujet), le virus prit une appellation plus technique, une consonance médicalement et politiquement plus correcte : H1N1. Le vocable est certes plus abscond, mais tellement plus alarmant, inquiétant, angoissant. On peut même dire que la terminologie lui a donné un petit côté offensif, menaçant, dangereux. Ces qualificatifs justifient à eux seuls que les plus grandes mesures de prévention soient mises en œuvre. C’est à qui vendra le plus grand nombre de masques, de vaccins, mettra en place les mesures de prévention les plus efficaces, etc. C’est la plus grande foire exposition (et d’empoigne) jamais organisée par les laboratoires du monde entier, et testée pour la première fois en mode réel. Je ne dirai pas qu’il n’y a pas lieu de prévoir et de s’organiser en cas de pandémie, mais j’ai quand même envie de crier, surtout pour nos régions : Pas de panique, la grippe viendra, on l’aura, on la vaincra. Il y aura, sans aucun doute, des morts et des rescapés. Le tout, comme d’habitude, sera de se trouver du bon côté du manche !

 
Tout est bon pour le business

Parallèlement, je suis stupéfait que les nombreux spécialistes aux yeux verts, champions des protections naturelles n’aient pas encore rapproché ce sujet d’actualité de celui qui enveloppera également la rentrée. Je suis surpris que l’on ne profite pas de l’occasion pour convenir qu’en la matière, l’un éradiquera l’autre. Je m’étonne que personne n’ait encore envisagé de mettre en place le moyen le plus écologique de se protéger de l’agression individuelle et de l’épidémie toute entière. La seule façon d’en arriver là serait de con-traindre au port obligatoire et généralisé de la burka. Pour ne pas être infecté, une seule solution à la rentrée : la burkapote, avec son petit réservoir de tolérance, la grille de vison. (Quelques mauvais esprits désignent cette meurtrière, le burkana fasso) Sans compter que la burka n’est qu’un simple voile qui ne fait en rien obstacle à la suite des événements. Elle favorise mê-me le face-à-face. Cependant, diront les puristes, elle ne permet pas d’avoir une vue précise sur le prochain fesse à fesse qui suivra la nécessaire décontamination du vêtement intégral, juste avant de s’agripper l’un à l’autre, dans une folle épidémie d’amour ! Bien entendu on peut d’ores et déjà envisager une ruée des grands couturiers désireux de griffer leur burka. Imaginez un peu la plus mince, celle de Lagerfeld, (La burka light) celle d’Hermès dont l’hygiaphone qui sert de parloir sera tissé en lanières de cuir. La palme reviendra à n’en pas douter, à celle qui sera plus difficile à porter que la bannière, mais ô combien avenante et chamarrée que cette burka-Lacroix. On peut également envisager de porter la burka sans rien dessous, mais ce sera déjà une déclinaison du modèle classique. On dira dans ce cas que l’on met une burka à poil. Tout ceci sans omettre les recherches vestimentaires des plus hardies : Certains spécimen tel que la burka-appat, pour tous ceux et toutes celles qui souhaitent rencontrer une âme sœur, et la burka du voyageur recouvertes d’autocollants des villes traversées, ouvriront la voie aux publicitaires qui lanceront la burka itinérante ou la burka parade assurant ainsi la promo des grandes marques de vaccins contre la grippe. Rien ne se perd, tout est bon pour le business.

Vivre dans la peur, non

On pourra voir apparaître également, sous l’influence des égalitaristes, l’exigence d’une similitude entre les burkas, une burka uniforme en quelque sorte. Mais très vite, certains souhaiteront différencier les burkas mâles qui seront bleues de celles des femelles, vouées au rose. J’allais oublier les homos qui chercheront à se distinguer par le jaune. A noter que le jaune devra éviter de trop tirer sur le vert pour éviter la burkaka d’oie. Et puis bien sûr, la police et les pompiers n’accepteront pas d’avoir la burka de monsieur tout le monde et voudront une utilitaire, une capote en quelque sorte, la burka-caoutchouc. On ne sait jamais, ça peut toujours servir. Je ne sais pas si je serai personnellement touché par l’épidémie (j’en vois quelques-uns au loin, qui me la souhaitent bien bonne) mais arrêtons de vivre dans la peur. Tout va mal (ou va mal aller à brève échéance) et pour nous remonter le moral, on utilise maintenant le comptage des morts grippés dans le monde. Pourquoi ne pas prévenir sans alarmer continuellement le bon peuple ? C’est vrai ; il est possible qu’il y ait une sévère épidémie de grippe qui impose des mesures préventives et de bon sens : «Lavez-vous régulièrement les mains, mettez un masque pour éviter la contamination» etc. (la liste est publiée régulièrement pour les moins biens lotis) Je vous donne gracieusement un conseil supplémentaire et tout à fait nouveau : Cet hiver sortez couvert ! Mettez, à ce moment-là, un cache-nez, ou une burka selon les us et coutumes vestimentaires du pays dans lequel vous résidez…

Gérard Gorrias


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