Ces toulousains qui ont vu la lumière…

4% de la population mondiale vivrait un jour dans sa vie une EMI (Expérience de mort imminente ; en anglais Near death experience). La région Midi-Pyrénées rassemble à elle seule des dizaines « d’experiencers ». Rencontres avec ces hommes et ces femmes, d’origines, d’âges, et de croyances différentes qui disent avoir touché du doigt ce que l’avenir nous réserve…

Ils sont unanimes, leur EMI les a bouleversés ; ils en reviennent confiants face à la mort et affirment qu’une après-vie existe. L’expérience de mort imminente est un phénomène essentiellement basé sur des témoignages et qui intervient la plupart du temps dans un état proche de la mort ou comateux. Aujourd’hui, aucune recherche scientifique n’a abouti sur le mystère de ces voyages de la conscience : ni sur ce qui déclenche l’expérience, ni sur sa nature. Et bien que certaines convergences semblent exister, ces instants limites que l’on ne sait pas reproduire restent une énigme pour la science. Certains, comme le docteur Jean-Jacques Charbonier, anesthésiste-réanimateur à Toulouse considèrent les EMI comme la preuve d’une vie après la vie, ces récits révélant alors une rapide incursion dans l’au-delà : « J’ouvre les portes de la recherche et refuse de me cantonner au matérialisme scientifique propre à nos sociétés. Les témoignages collectés sont sans appel : l’après vie existe et tant pis si personne n’ose aborder le sujet, j’ai décidé de ne pas me taire». Mais ses détracteurs sont nombreux. A commencer par le docteur Jean-Pierre Jourdan, qui se penche sur le sujet depuis plus de vingt ans : « ces témoignages ne constituent pas une preuve scientifique d’une vie après la vie mais doivent au contraire ouvrir la recherche aux états de conscience modifiés, qui remettent en question toutes nos connaissances sur le cerveau». Les hypothèses médicales sont nombreuses : effet des endorphines, manque d’oxygène, phénomène purement neurologique, ultime illusion du cerveau… Mais si ce sont des hallucinations, pourquoi sont-elles si semblables, si logiques et précises ? Comment une expérience qui n’a parfois duré que quelques secondes peut-elle changer la vie de celui qui l’a vécu ? Comment se souvenir de tout, puisque les structures responsables de la mémorisation sont alors hors d’usage ?

Témoignages

Cathy Cavaleiro « Je sais maintenant que la mort est juste un passage »

Le 23 août 2000, un double AVC m’a plongée dans le coma. Je me suis retrouvée sur une ligne blanche, dans une ambiance cotonneuse et particulièrement lumineuse. Au bout je voyais un halo rempli de silhouettes, qui me connaissaient (j’en avais la certitude). Une voix m’a alors conseillé de faire demi-tour, pourtant j’avais tellement envie d’avancer ! Mais une seconde mise en garde m’a fait reculer : j’ai vu des êtres chers souffrir devant ma tombe. Lorsque j’ai ressenti leur douleur, comme je n’avais aucun moyen de leur dire que tout allait bien, j’ai choisi de faire demi-tour. Une fois rétablie, lorsque j’ai repris mon travail d’infirmière, j’ai réalisé que mon regard sur la mort était bouleversé. Aujourd’hui, je travaille en réanimation et au quotidien j’accompagne les patients qui partent : je leur souhaite un beau voyage et leur assure qu’ils n’ont pas à avoir peur, car là-bas des gens les attendent. Ma vie a complètement changé. 12 ans après ma NDE, ma grand-mère est décédée. J’ai beaucoup appréhendé ce moment car nous étions très proches. Mais le jour venu, j’ai été triste bien sûr, mais je sais qu’elle va bien, et qu’elle n’a probablement jamais été aussi heureuse. Aujourd’hui, je soutiens que la mort n’est pas ce que l’on croit ; c’est une aventure magnifique, un passage vers autre chose.

Jean Morzelle “J’ai gardé un peu de cette lumière en moi”

Aujourd’hui, à 83 ans, j’ai parfois du mal à me souvenir de ce que j’ai mangé la veille ; pourtant, je me souviens très bien de mon EMI : c’est arrivé il y 63 ans et cela reste indélébile. En 1949, lors de mon service militaire à Auch, j’ai reçu une balle dans le thorax. Immédiatement transféré au CHU de Toulouse, j’étais entre la vie et la mort. Pourtant je me suis « réveillé » en hauteur dans une salle d’opération. J’ai alors réalisé que ce corps que l’on était en train d’opérer était le mien. Je percevais tout ce que disait le chirurgien, avant même que des mots ne sortent de sa bouche. J’étais comme dans son esprit. Le plus étonnant, c’est que ma pensée dirigeait tout : je voyais à 360° et pouvais zoomer instantanément sur les points qui m’intéressaient. Je me suis déplacé dans plusieurs endroits de l’hôpital, en flottant et en traversant la matière. Puis, je me souviens être rentré dans un tunnel. Au fond, une lueur s’est transformée en une lumière incroyable. J’ai ressenti à ce moment un amour ineffable, inouïe que nous ne connaissons pas dans notre monde. Puis elle s’est éloignée et la tristesse s’est installée. Mais j’ai gardé un peu de cette lumière en moi. Ensuite, j’ai réintégré mon corps par la fontanelle avec cette sensation de remplir mon corps progressivement, comme un gant. Au réveil, lorsque j’ai constaté que tout ce que j’avais vu était réel, cela m’a rassuré car alors, la lumière aussi était vraie…Et puis, j’ai osé tout raconter à mon chirurgien. Il a bien dû se résoudre à confirmer mon récit de l’opération alors qu’à ce moment mon cerveau n’était pas en état de mémoriser quoi que ce soit. Sans parler du fait que j’étais sous anesthésie, que j’avais les yeux fermés et que j’étais entre la vie et la mort. J’ai pu fournir une description très détaillée de tous les recoins de cet hôpital, dans lequel je n’étais jamais venu auparavant. J’ai notamment cité certains détails clefs comme la présence d’une plaque de métal sous la table d’opération, et de numéros gravés. Comment aurais-je pu le savoir ? Les preuves sont là. Je peux affirmer que le corps et la conscience sont bien distincts.

 

 

Elysabeth Curt, « J’étais morte cliniquement »

Le 15 juin 1994 mon mari et moi avons eu un grave accident de voiture. J’ai été éjectée à plus de trente mètres du véhicule et lorsque l’on ma retrouvée, j’étais en arrêt cardio-respiratoire : déclarée cliniquement morte. C’est à ce moment -je crois- que j’ai vécu ma NDE. C’est d’ailleurs mon seul souvenir de l’accident. Je me suis retrouvée dans un endroit calme et doux, rempli de silhouettes. Tout y était flou, il y avait cette lumière si particulière, mais surtout ce bien-être que je ressentais : c’était absolument fabuleux. Et puis, mon beau-frère, décédé quatre ans auparavant est apparu : il était rayonnant de bonheur et m’a répété que ce n’était pas le moment, que je devais faire demi-tour. Cet accident m’a imposé deux longues années de rééducation et j’ai encore quelques séquelles aujourd’hui. Pourtant, c’est la plus belle chose qui me soit arrivée ! Par ailleurs, à cette époque, mon mari et moi essayions depuis plus de dix ans d’avoir des enfants via insémination artificielle, en vain. Quelques mois après l’accident, je suis tombée enceinte naturellement, à 44 ans. Cette expérience a transformé ma vie. Je peux dire aujourd’hui que la mort nous délivre de la vie. Je raconte souvent que c’est à partir de notre mort qu’il nous reste le meilleur à vivre. La mort n’est en fait triste que pour ceux qui restent…

Aurélie Renne



2 COMMENTAIRES SUR Ces toulousains qui ont vu la lumière…

  1. Viel dit :

    Enfin je ne suis plus seul j’ai vécu ce moment de bonheur immense et d’amour par deux fois la première en utilisant une technique respiratoire et la deuxième lors de mon infarctus en 2001 à rangueuil Toulouse merci de me contacter car je bois un litre de whisky par jour depuis cet événement et les psychiatres me gavent de psychotropes et me prennent pour schysophrene merci de votre aide

  2. Perez dit :

    Un grand Merci pour vos témoignages, cela fait du bien …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.