Cécile Ramos; « La France est prête à être gouvernée par une femme »

Adjointe à la mairie de Toulouse en charge des séniors, cette jeune mère de 34 ans y croit dur comme fer. Une sensibilité différente, l’incarnation d’un changement, mais avant tout un combat au quotidien pour donner deux fois plus que les hommes, voilà le tableau qu’elle dresse de la femme d’aujourd’hui. Confidences.

 
Cécile Ramos comment êtes-vous arrivée dans le monde politique ?
Cela fait 10 ans que je milite avec le PRG (Parti radical de gauche, ndlr), et en 2004 nous avons décidé notamment avec Alexandre Marciel (actuel adjoint au maire à la voirie et aux travaux, ndlr) de créer le Cercle de Toulouse. On s’est penchés sur les dossiers liés à la santé avec pour objectif de faire de la politique autrement que dans les gros appareils. Cela passait par l’organisation de conférences avec des experts, des débats, et le programme politique qui en a été tiré, a intéressé Pierre Cohen. Il nous a donc proposé de le rejoindre.

Cela fait désormais 10 mois que votre travail a commencé, comment évalueriez-vous votre action ?
D’un point de vue général il est vrai que cela fait 35 ans que l’on nous attendait et que les Toulousains avaient certaines attentes. Pour autant lorsque l’on ouvre la fenêtre on ne voit rien qui change, mais c’est normal. Quand on construit une maison, on construit d’abord les fondations, pas le toit. Du coup il nous a fallu dans un premier temps nous approprier les dossiers, constater, faire des diagnostics, et nous approprier tout cela. Le virage ne peut se faire en 48 heures.

Et d’un point de vue plus personnel ?
Cela demande beaucoup de temps et d’énergie pour con-vaincre et fédérer, mais je suis intimement convaincue que les questions liées à la santé et l’environnement sont les véritables enjeux de demain. Concernant les séniors le point important est le maintien des personnes âgées à domicile. C’est leur souhait, et pour cela il faut leur faire des propositions dans l’aménagement de leur logement. Des actions en ce sens existent, et il faut qu’elles soient repérées. Il faut avant toute chose rendre de la lisibilité à l’action politique, car on a fait beaucoup de choses mais elles ne sont pas forcément palpables.

« On demande à la femme l’excellence dans tous les domaines »

Dimanche aura lieu la journée de la femme, quel est votre sentiment à ce sujet ?

Cette journée sert à nous rappeler que nous avons des droits, et que ceux-ci sont galvaudés dans le monde entier. En France la situation actuelle n’est pas forcément plus joyeuse, et les violences conjugales continuent. Etre une femme aujourd’hui signifie également se battre au quotidien, donner deux fois plus que les hommes. Et comme si cela ne suffisait pas, on lui demande également de l’excellence dans tous les domaines.

La femme fait-elle désormais partie intégrante du paysage politique français ?
Il y a 10 ou 15 ans avant l’entrée en vigueur de la loi sur la parité, les femmes étaient très peu présentes. C’est dommage que l’on ait dû en passer par là pour que la femme entre concrètement en politique, mais sans cela on en serait encore au point mort. Désormais c’est de plus en plus mal vu de ne pas respecter ces “quotas”, ce qui fait qu’on ne peut plus balayer cette loi d’un revers de main.

Pensez-vous que la France est prête à avoir une présidente à sa tête ?
Les femmes ont une sensibilité différente, dans la vie comme au travail. C’est ce qui les différencie de l’homme, mais ce n’est pas suffisant. On ne peut pas élire une femme sur ce simple fait. Si on trouve une femme qui incarne une forme de changement alors je pense que les Français ne regarderont pas le sexe. Obama nous l’a prouvé. Il n’a pas été seulement élu pour sa couleur, mais pour un tout, un ensemble de détails. Alors je ne sais pas si une femme sera présidente de la République, mais j’y crois fortement.

« Trouver un équilibre »

Est-il compliqué d’être une femme dans ce monde politique ?

Le sport, notamment le marathon, m’aide dans ce côté rigoureux, exigeant. Et de l’autre côté je m’attache à ne pas m’enfermer dans une bulle. J’ai conservé mon travail de secrétaire à la mairie de Blagnac en parallèle et cela m’aide à garder les pieds sur terre. Cela me tient à cœur de faire des photocopies, de faire la queue à la boulangerie, à la Poste. C’est important de ne pas perdre le lien avec le citoyen. Il faut surtout veiller à ne pas se faire happer par ce système qui veut vous faire déraper.

Avant d’être l’adjointe de Pierre Cohen vous n’en êtes pas moins femme. Comment concilie-t-on les deux ?
C’est une question d’équilibre. Quand on a le souci de bien faire les choses cela prend du temps. Je ne crois pas que la politique soit un métier, car il faut y croire et être plein d’énergie, et il y a forcément un moment où ça se lisse. Je ne fais pas de la politique pour faire de la politique, je le fais car j’ai envie d’accompagner Pierre Cohen et ses projets, mais je ne suis pas celle que vous verrez traîner dans tous les cocktails. On y voit toujours les mêmes personnes et cela ne fait en rien avancer les choses. Je ne suis pas là pour ça, mais pour trouver de la valeur ajoutée.

Propos recueillis par Maxime Razès
et Laure Basterreix


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