Casino-Théâtre Barrière; Rien ne va plus…

… Les jeux sont faits ! Alors que la gauche n’était pas favorable à l’implantation d’un casino à Toulouse, la nouvelle municipalité doit aujourd’hui prendre des décisions pour gérer les recettes de l’établissement et envisager les contraintes à venir ; la rentabilité n’étant pas forcément au rendez-vous.
Déjà un an que le Casino-Théâtre Barrière accueille les adeptes de la roulette et des machines à sous. Le million de visiteurs a été franchi mais les objectifs en termes de fréquentation sont loin d’être atteints car les bons chiffres de l’établissement correspondent avant tout aux activités hors jeu : restaurants, événements d’entreprises et spectacles. De plus, le Casino souffre d’une desserte limitée, argument déjà avancé par les détracteurs du projet sur l’Île du Ramier. Depuis la fermeture du vieux pont d’Empalot et le changement de circulation chemin de la Loge, l’établissement de jeux se retrouve de plus en plus enclavé.
Face à cette situation, la nouvelle municipalité, défavorable au Casino, doit pourtant tenir les engagements contractuels passés par l’ancienne équipe. Ainsi, le Conseil Municipal a voté la semaine dernière la mise en place d’une commission paritaire chargée de définir les modalités d’utilisation de la contribution annuelle du Casino. En effet, l’ex-maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc s’était félicité l’an dernier de la signature d’un contrat de concession sur le site du Ramier au profit du groupe Barrière qui rapporterait chaque année des millions de bénéfices à la Ville sans un centime d’euro déboursé par le contribuable. Un système idyllique qui ne satisfait pas la nouvelle majorité : «C’est avec beaucoup d’hésitation que nous proposons le vote de cette commission. Nous ne cachons pas notre hostilité au casino qui incarne une addiction aux jeux sur un site non viable», déclare Pierre Cohen, maire de Toulouse. Nicolas Tissot, membre de la commission paritaire renchérit : «Il y a eu de gros problèmes au moment du montage du dossier dans son exploitation et son implantation.» Jean-Luc Moudenc défend de son côté son projet : «Le Casino de Toulouse est l’un des plus avantageux pour le contribuable. Les problèmes d’exploitation font partie de la gestion.» Et de rappeler que les poursuites à son encontre du groupe Partouche, écarté de l’appel d’offres il y a un an, ont fait l’objet d’un non-lieu.

 

Des recettes revues à la baisse

Le Casino Barrière devait rapporter 1,4 millions d’euros à la Ville chaque année, soit 15 % du produit brut des jeux, mais Joël Carreiras, adjoint aux finances, émet de lourdes réserves quant au montant réel de la contribution : «Les prévisions en termes d’exploitation sont plus nuancées qu’au départ. Nous allons devoir revoir à la baisse les recettes, ce qui est en adéquation avec le principe même du contrat.» On est en droit de se demander si le manque à gagner du casino ne sera pas répercuté sur une autre opération et donc à la charge finalement du contribuable… Autre problème de taille pour la municipalité, les autorisations d’extension que demande l’établissement de jeux pour son parking : «Le Casino a été bâti sur un site immoral et contesté sur le plan de l’urbanisme. Nous connaissons les risques d’inondation et d’évacuation», explique Pierre Cohen. Les élus devront pourtant se prononcer sur ce sujet. Le groupe d’opposition du MoDem, par la voix de Jean-Luc Forget, s’est rallié à la majorité en déclarant «être d’accord avec les hésitations et les arguments» de la gauche. Jean-Luc Moudenc a tout de même voulu rappeler à l’actuel maire socialiste que Martine Aubry a choisi elle aussi le groupe Barrière pour la construction du casino de Lille, sans conséquence à ce jour. «L’a-t-elle implanté comme vous en zone GPV et en zone inondable ? Je ne le crois pas !», a rétorqué Pierre Cohen.

Sophie Orus


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