Capitale européenne de la culture; Toulouse sur le bon chemin

Candidate au titre de Capitale Européenne de la Culture, Toulouse a toutes les chances de battre sur le fil la redoutable Marseille. Elus, acteurs culturels et économiques ont présenté
la semaine dernière un projet ambitieux qui se veut porteur d’avenir. Grand oral les 15 et 16 septembre prochains pour défendre les couleurs de la Ville rose.

 
«Ici en 2013, la culture sera Capitale !», tel est le slogan et le souhait de tous les porteurs du dossier réunis jeudi dernier au Théâtre National, pour présenter le projet final de candidature au titre de Capitale Européenne de la Culture. Car le grand atout de la Ville rose demeure sa capacité à réunir les forces en présence autour d’une cause : élus locaux, départementaux, régionaux, européens, acteurs culturels, parrain de prestige en la présence d’Umberto Ecco et surtout partenaires économiques, Toulouse est sur la bonne voie… ou plutôt les bons “chemins”, concept essentiel de la candidature porté par Olivier Poivre d’Arvor, commissaire général Toulouse 2013 : «Cette ville est sur les chemins de l’Europe, de Compostelle aux routes de l’Aéropostale, de l’Occitanie ou des exilés espagnols. Toulouse fait aujourd’hui le pari de la culture.»
Et celui du partenariat économique. Principal moteur de la candidature, la mobilisation de 1 200 entreprises a permis de débloquer 1,33 million d’euros cette année afin de soutenir le projet. Tom Enders, PDG d’Airbus, a pris la présidence de ce club partenaire et, pour prouver son engagement, a décidé de parer le Super Transporter Beluga des couleurs de Toulouse ! Autre atout majeur de la candidature, son caractère visionnaire. Pour le maire Pierre Cohen, l’objectif est clair : faire de Toulouse une capitale de la culture pérenne, quelque soit le résultat du vote. «Cette candidature ne relève pas de l’opportunisme mais d’un futur à développer. 2013 est un rendez-vous mais tout s’inscrit dans la volonté que la ville soit l’expression de l’innovation, dans l’idée de ce que sera la ville et l’agglomération demain.»

 


Des projets à long terme

Ainsi, le dossier toulousain propose la construction de nouvelles infrastructures culturelles afin de mailler le territoire et donner à Toulouse un nouveau visage urbain. Dans le cadre du Grand Projet de Ville, il est envisagé la mise en place de studios de création itinérants dans les différents quartiers avec en point de mire la création d’un grand équipement pluridisciplinaire au sein du Mirail. «La ville doit relever ce défi car les quartiers sont fragmentés et la culture peut être un fort lien social et apporter une harmonie», précise Pierre Cohen. Autre projet de taille, le développement de l’Arc Culturel de la Garonne, déjà riche de la Prairie des Filtres, du Musée des Abattoirs ou de l’Hôpital La Grave. Deux Cités, l’une dédiée à la danse contemporaine et l’autre à la musique, sont en préparation, avec à la clé une ambition de rayonnement international.
L’ancienne faculté de médecine accueillerait un Quartier des Sciences, espace d’exposition, centre de ressources et de médiation médicale. Le Dôme de La Grave pourrait devenir une galerie d’expositions patrimoniales, le Parc des Expos un centre des sports et de la culture et le quartier Saint-Cyprien serait entièrement transformé en zone piétonne. D’autres initiatives sont également envisagées sur le plan régional avec la réhabilitation ou la création de musées et le développement de pôles culturels. Toutes ces propositions sont le fruit d’un travail étroit avec les acteurs toulousains : ainsi, 600 entretiens individuels auraient été réalisés parallèlement à l’organisation de 5 agoras réunissant 800 participants. Une mobilisation populaire indispensable face à la favorite Marseille qui affiche déjà ses ambitions depuis plusieurs mois. Car au-delà du prestige lié au titre de Capitale, la victoire signifie avant tout l’assurance de retombées économiques énormes à moyen et long termes. Les porteurs du projet ont rendez-vous les 15 et 16 septembre prochains pour un grand oral avant un verdict attendu en octobre. Déjà capitale de l’aéronautique et du rugby, la Ville rose pourrait devenir celle de la culture et ainsi rougir de plaisir d’ici la fin de l’année !

 


Sophie Orus




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