Capitale Européenne de la Culture; Toulouse ne voit pas la vie en rose

Le jury a désigné ce mardi Marseille comme Capitale Européenne de la Culture en 2013, au détriment de la Ville rose. Mais Pierre Cohen donne rendez-vous aux Toulousains et assure de poursuivre les projets annoncés.
Marseille-Liverpool en Ligue des Champions ce mardi, ce devait être un signe. Car au même moment à Paris, le président du jury Sir Robert Scott, qui avait porté la candidature de Liverpool comme Capitale Européenne de la Culture 2008, désignait la Cité Phocéenne comme le fleuron culturel pour 2013. Confrontée à Bordeaux, Lyon et Toulouse, Marseille a réussi son grand oral de passage mardi et séduit les jurés qui ont précisé que la ville présentait «un équilibre particulièrement réussi entre la qualité culturelle, l’engagement politique et le soutien économique». Le maire marseillais Jean-Claude Gaudin a quant à lui savouré sa victoire, «une chance pour Marseille et une chance pour l’Europe».
L’enthousiasme de la région PACA tranche avec la déception de milliers de Toulousains qui attendaient une consécration pour enfin faire de la culture un sujet capital dans la ville. Mais le dossier marseillais était trop bien ficelé. Pour l’opposition toulousaine, la Ville rose n’a pas été défendu à sa juste valeur : «Depuis six mois, Monsieur Cohen a piloté ce dossier de candidature pour sa finalisation. Il l’a fait à sa façon, sans impliquer le conseil municipal et en écartant ceux qui avaient initié le projet avec un premier succès, sans nous consulter ne serait-ce qu’une seule fois», a déclaré Jean-Luc Moudenc, ancien maire de la ville et à l’initiative du projet 2013. «Il y a quelques jours, il déclarait avoir “considérablement enrichi le dossier”, sans toutefois préciser le contenu de ces modifications, selon lui importantes… Il semble, hélas, aujourd’hui que ces ajouts et changements n’aient pas servi à la candidature toulousaine. Ce que nous avions su obtenir en décembre, en associant toutes les sensibilités sans considération politique, Monsieur Cohen n’a pas su le faire au moment décisif.»

 

Un livre blanc à ouvrir

Des attaques qui n’ont pas ébranlé le maire, confiant dans l’avenir des projets culturels pour sa ville. Il l’avait annoncé à plusieurs reprises, le dossier de candidature 2013 s’inscrit dans la pérennité, quelque soit le résultat : «Notre projet innovateur et rassembleur n’est pas invalidé par cette décision. Nous considérons que le travail effectué depuis de nombreux mois nous oriente dans la direction que les Toulousains veulent pour leur ville : qu’elle soit une métropole qui compte en Europe, qui rayonne par ses talents, qui attire des créateurs du monde entier. Nous ferons quand même de Toulouse, avec nos partenaires du Département, du Grand Toulouse et de la Région une capitale européenne de la culture», a précisé Pierre Cohen.
Très en retard en la matière, Toulouse va devoir faire preuve d’originalité et de dynamisme si elle veut devenir la ville carrefour du Grand Sud chère à Olivier Poivre d’Arvor. Mais ces lacunes en matière culturelle sont pour Pierre Cohen, décidément très optimiste au lendemain de la défaite, un atout : «Paradoxalement, notre avantage tient à notre retard : nous avons un livre blanc à ouvrir, des pages vierges à écrire. Nous sommes rassemblés, nous avons un projet, nous avons la volonté. Allons-y !» La participation à cette compétition aura sûrement permis à la nouvelle municipalité de tester ses projets d’infrastructures face à un jury de spécialistes.

 


 
Des projets à mettre en œuvre

Martin Malvy, président de Région, se montre lui aussi fair-play : «Quand on s’engage dans une compétition, il faut accepter de ne pas gagner. Toulouse n’a pas gagné. Cela n’enlève en rien à la qualité d’un projet qui a été applaudi par le jury et à notre ambition commune de développer la démarche culturelle à Toulouse comme dans l’ensemble de la région.» Et de poursuivre, non sans quelques sous-entendus : «Et ce n’est pas une raison pour que l’Europe comme le ministère de la Culture tournent le dos aux dossiers qui ont été salués comme étant exemplaires pendant l’audition.» Car si les porteurs du dossier toulousain ont la défaite joyeuse, ils voient s’envoler les 100 millions d’euros de budget et les 10 millions de touristes potentiels en 2013. Il va falloir se remettre très vite au travail pour se placer à la hauteur des espérances de tous les acteurs culturels de la ville. Pierre Cohen l’a annoncé mardi : «Aujourd’hui, 16 septembre 2008, un immense chantier s’ouvre !»

Sophie Orus




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.