Cantonales ; Pas de clés pour 2012

Depuis la seconde guerre mondiale, jamais l’abstention n’avait atteint un tel record : 55,7 % au premier tour, 55,2 % au second. Cette abstention (passive ou protestataire ou les deux à la fois) à treize mois de l’échéance présidentielle doit rendre très prudent quand on fait des projections pour le scrutin de 2012, le rapport de forces cantonal ne concernant que la moitié de la France – n’ayant que peu à voir avec le rapport de forces présidentiel surtout quand il met en lice des personnalités sur “une seule circonscription”, celle de la France. À l’heure où les commentaires dramatisent les enjeux d’élections qui ne sont que cantonales – et dont personne, aucun média ne parlait à l’avant-veille du premier tour – il faut rappeler que 64 % des électeurs des cantonales déclarent avoir voté plutôt en fonction d’enjeux locaux et départementaux (sauf au Front National où 72 % des électeurs ont privilégié les enjeux nationaux, comme l’illustrait la présence de Marine Le Pen sur les affiches et l’absence du candidat le plus souvent parfaitement inconnu des habitants du canton). Ainsi une telle “localisation” de l’élection cantonale ne peut qu’éclairer imparfaitement la “nationalisation” de l’élection présidentielle.

 
Tarn-et-Garonne elle perd tous ses représentants au profit du PS et des radicaux de gauche). Le FN enregistre une forte progression en voix, faible en sièges. Au total, la gauche obtient la moitié des suffrages exprimés au second tour (49,99 %) (soit un recul de 1,1 point par rapport aux suffrages obtenus en 2004). La droite chute de 42,45 % à 35,63 % tandis que le FN progresse de 4,94 % à 12,01 %.

Un candidat charismatique pour Toulouse ?

En Midi-Pyrénées, l’Aveyron reste à droite et enlève à la gauche le canton de Rodez-Est. C’est le signe d’une reprise en main des affaires par Luche et son équipe après les déconvenues municipales et sénatoriales.
Tous les autres départements restent solidement ancrés à gauche : la Haute Garonne où le PS n’a plus que 40 élus contre 44 auparavant, où le canton XIII de Toulouse est emporté par l’écologiste Patrick Jimena (victoire due plus à des règlements de compte internes au PS qu’aux conséquences du nuage de Fukushima, due aussi à la bonne implantation du candidat des Verts), où Christine de Veyrac ne réussit pas sa reconquête du canton 1 du centre-ville (le contentieux interne à l’UMP n’est pas oublié ; malgré la bonne campagne de terrain, l’ancienne adjointe au Maire n’a pas réussi à vaincre là où Jean-Luc Moudenc avait échoué), dans le Lot, retour du radical Roumegoux, le Tarn, le Tarn-et-Garonne (PRG) (Pierre Antoine Levi n’a pu, à Montauban l’emporter sur Mouchard malgré une campagne de terrain d’excellence et des propositions innovatrices, mais on reverra ce “jeune” dans d’autres scrutins), l’Ariège, le Gers (les DVD passent de 6 à 1, c’est “Philippe Martin Imperator” depuis le départ d’Yves Rispat), les Hautes-Pyrénées (15 PS, 14 PRG, à signaler le beau parcours du radical tarbais Kraspaï) restent à gauche. Il reste à la droite, au centre et aux radicaux à trouver un homme charismatique pour susciter des dynamiques locales, à Toulouse comme dans chaque département. Il faudra aussi éviter confusion et déchirements. Les prochaines échéances sont proches : 2012 (Présidentielles et législatives), 2014 (municipales et conseillers territoriaux). Le temps de la participation citoyenne sera, alors, peut-être revenu !

Stéphane Baumont


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