Canton de Rieumes – Jennifer Courtois-Périssé : Défendre l’intérêt général

Elle est l’un des quatorze candidats sans étiquette de cette élection cantonale haut-garonnaise. Jennifer Courtois-Périssé est l’héritière d’une longue lignée de Rieumois. Son arrière grand-père Maurice Périssé fabriquait des figurines religieuses à destination de Lourdes et son grand père Pierre Périssé, inventeur de génie, a développé l’entreprise autour du médical et de l’aéronautique. A ce titre, il a été pendant plus d’un demi-siècle l’un des acteurs économiques majeurs du canton de Rieumes. Jennifer.Courtois-Périssé est responsable du développement de l’entreprise familiale Courtois SA. Son objectif si elle est élue le 27 mars est de répondre aux préoccupations quotidiennes des habitants du canton au travers de projets concrets, réalistes… Rencontre.

 
Jennifer Courtois-Périssé, c’est votre première candidature sur le canton de Rieumes. Qu’est ce qui motive votre démarche ?
Ma motivation première est l’attachement que j’ai pour notre canton. Un enjeu important se joue actuellement. Comment garder notre qualité de vie tout en accompagnant la croissance démographique de Toulouse qui gagne notre canton ? Dans cette évolution, le Conseil Général de Haute-Garonne est un acteur majeur pour nous aider à conserver notre identité et l’harmonie de notre canton. Mais pour cela nous devons agir et agir vite car nous avons pris beaucoup de retard. Le choix de notre représentant au Conseil Général sera déterminant.

Lors de l’élection de 2004, 11 candidats s’étaient affrontés faisant de Rieumes le canton le plus disputé de France. Aujourd’hui, si seulement six personnes sont en lice, une fois encore deux candidats issus de la même majorité municipale rieumoise vont se disputer la faveur ou la colère des électeurs. Que peut apporter la plus jeune candidate (bientôt 26 ans) à ce débat ?
Ces disputes sont effectivement néfastes pour notre canton. Cela témoigne une fois de plus que les cumuls de mandats locaux sont source de tensions et de conflits d’intérêts. C’est la raison pour laquelle, je milite contre le cumul des mandats locaux. Le rôle d’un conseiller général est d’apporter aide et soutien à l’ensemble du canton, sans a priori ni parti pris ; chose difficile à réaliser quand on appartient à un conseil municipal où amitiés et inimitiés se confrontent.

Faire venir les PME

Le canton de Rieumes est comme beaucoup de cantons ruraux, marqué par une présence importante de personnes retraitées (30 %). Qu’avez-vous à leur dire ?
L’EHPAD et le foyer “les Lauriers” ne peuvent répondre aux besoins de notre canton par manque de places mais surtout pour la première structure en raison du coût (supérieur à 2 000 €/mois) demandé aux postulants en complet décalage avec les possibilités financières du territoire du Savès. De plus, le respect dû à nos aînés et leur souhait général de vieillir chez eux dans la dignité me pousse à penser qu’il est essentiel de développer les aides à la personne (plusieurs semaines d’attente pour certains services de l’ADMR). Dans ce but, je propose d’instaurer une aide aux aidants, par la mise en place de gardes ponctuelles, la création d’une maison d’accueil de jour, mais aussi par des actions pour lutter contre l’isolement de nos aînés.

La crise est bien là et l’emploi est un souci majeur pour tous. Le SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale) définit depuis 2008 Rieumes comme pôle de développement économique prioritaire. Dans ce contexte, que pensez-vous du projet de zone d’activité sur Rieumes que l’on pourrait, depuis 2006, qualifier d’arlésienne ?
Dans son étude sur le périurbain, le SCOT, établit qu’il faut rapprocher les activités des habitants. Cela est une nécessité pour les emplois dans notre canton. C’est pourquoi, nous devons nous attacher à faire venir des PME sur nos zones d’activités laissées trop longtemps à l’abandon. Pour cela il est essentiel d’améliorer nos voies de communications et l’accessibilité de notre canton, tant pour garder nos entreprises que pour les faire venir. Enfin, j’estime qu’il est du rôle du conseiller général d’aller à la rencontre des entreprises, de les faire venir, de les aider à s’installer, à se maintenir et se développer sur notre canton.

Des aides insuffisantes

Les agriculteurs ne représentent plus que 3 % de la population du canton mais ont et auront un rôle fondamental à jouer dans les années à venir. Quelle est votre vision de leur avenir et votre engagement à leur côté ?
Vous me parliez du SCOT précédemment, or celui-ci lutte contre la dispersion de l’habitat et demande le maintien des terres agricoles. Le rôle de tous les élus pour aider nos agriculteurs à vivre de leurs productions est d’autant plus crucial. C’est la raison pour laquelle je m’engage auprès d’eux pour les aider à diversifier leurs productions et favoriser les circuits courts, notamment dans le cadre de la restauration collective. Mais aussi à mettre en œuvre toutes les aides dont ils peuvent bénéficier pour réaliser leurs projets de développement. Pourquoi ne pas réfléchir avec les acteurs du monde rural afin, comme l’a fait l’Allemagne, de trouver au travers de la production d’énergies renouvelables, un revenu complémentaire pérenne en utilisant des aides européennes trop souvent inutilisées dans notre pays. Enfin, je serai à leurs côtés dans leurs démarches auprès du Conseil général, mais aussi auprès de tous les organismes Européens, Nationaux, Régionaux, ou Départementaux.

Le tissu associatif exceptionnellement riche contribue à renforcer le lien social au travers du territoire. Quel message souhaitez-vous faire passer à ce monde de bénévoles qui peu à peu s’épuise ?
Notre canton, grâce à l’action de centaines de bénévoles, a un tissu associatif particulièrement important qui participe effectivement à notre lien social. Le Conseil général de Haute-Garonne soutient souvent financièrement les associations du département dans leurs actions. Ces aides sont trop insuffisantes alors que les projets ne manquent pas : marché de Noël organisé par l’UCAR, projets de l’association des artisans qui s’ils étaient accompagnés auraient des répercutions positives sur l’économie de notre territoire, demande par l’association du 3ème âge qui participe efficacement à la lutte contre l’isolement et à la vie de nos aînés, d’un local adapté dans le chef lieu du canton… Pour ne citer que ces exemples.

L’abstention est devenue un fléau national même si ce canton échappe un peu au phénomène. Comment comptez-vous ramener vers les urnes celles et ceux qui n’y croient plus… et qui ont souvent votre âge ?
Très simplement, en montrant qu’avec la volonté, l’énergie, des dossiers construits, du travail, de l’écoute, de l’action et de la conviction, un élu peut agir positivement sur notre quotidien. Pour moi, l’action d’un élu doit être de défendre l’intérêt général et non pas de faire carrière en collectionnant les fonctions.



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