Canton de Blagnac – Marie-Agnès Espa ; Vivre la solidarité

Elle est l’un des quatorze candidats Sans Etiquette de cette élection cantonale haut-garonnaise. Marie-Agnès Espa dirige une entreprise d’audit et d’enquêtes. Sociologue de formation, cette Toulousaine, qui précise non sans humour qu’elle a «exactement 40 ans et deux jours d’écart avec l’actuel président du Conseil Général de Haute-Garonne, Pierre Izard», a longtemps vécu à Blagnac. Son objectif si elle est élue le 27 mars : mettre l’humain au centre des préoccupations au cœur de projets concrets au-delà des clivages politiques, pour améliorer le quotidien des habitants du canton. Rencontre.

 
Marie-Agnès Espa, ce n’est pas la première fois que vous vous présentez à des élections. Est-ce une nouvelle candidature pour “marquer le coup” ou pour faire carrière, une sorte de tremplin politique ?
A mon sens, la politique n’est pas une profession. Ma candidature sans étiquette est un message, une volonté de “marquer le coup” comme vous le dites, pour inviter les citoyens à regarder au-delà des clivages politiques, et, ce qui pour moi est essentiel : des projets, des valeurs, l’humain. Il est primordial aujourd’hui que les citoyens reviennent au cœur des préoccupations des politiques ne serait-ce qu’en les réconciliant avec le suffrage universel. Etre un citoyen qui a envie de s’exprimer par son vote, tout commence là.

Vous connaissez depuis de nombreuses années autant le milieu associatif que politique. Comment considérez-vous cet engagement ?
En effet, je suis engagée dans le milieu associatif et caritatif depuis de nombreuses années. Cela fait partie de mon éducation. C’est pour moi une façon de vivre la solidarité. Je considère que l’action des associations est importante pour notre société, elle contribue à atténuer les injustices et constitue un rempart face à l’individualisme, mais ce travail est difficile. De la même façon, je souhaite apporter la même énergie, le même engagement dans la sphère politique au service des habitants du canton et plus largement de tous les Haut-Garonnais.

Pourquoi justement cette candidature sans étiquette et non pas MoDem, parti pour lequel vous militez par ailleurs ?

Je me suis engagée au Mouvement Démocrate après les élections Présidentielles de 2007. 35 % des Français ont exprimé une envie d’autre chose (16 % d’abstentionnistes et 19 % pour François Bayrou) loin des extrêmes. C’est ce signe fort qui m’a incitée à m’engager. C’est un parti qui souhaite mettre les citoyens au cœur des décisions. Mais actuellement les étiquettes politiques divisent et j’estime que les cantonales sont des élections de proximité. Je porte des projets simples, réalistes et concrets pour améliorer le quotidien des habitants.

Ne pas “densifier” à n’importe quel prix !

Pourquoi vous présentez-vous sur le canton de Blagnac ?
J’ai longtemps habité Blagnac et cela fait un moment que je souhaite y revenir. C’est un endroit où il fait bon vivre, on s’y sent bien. Depuis quelques années, ce canton connaît de grands changements, de grands bouleversements. Pour les majorités de gauche au pouvoir, il faut “densifier”. Pourquoi pas ? Mais pas à n’importe quel prix ! Il faut trouver un équilibre pour conserver autant que possible ce qui fait le charme, l’authenticité et l’attractivité des quatre communes du canton.

Parmi l’une de vos propositions, des transports en commun “efficaces”. Qu’avez-vous à reprocher à l’existant ?
Le Tram est une belle réalisation, mais son arrivée s’accompagne de nombreuses modifications sur le réseau bus. Il en est de même pour la récente mise en place du transport à la demande (TAD) dont l’amplitude horaire ne permet pas au plus grand nombre de l’utiliser. Améliorer la capacité d’accueil des parkings à proximité du Tram tant pour les voitures que pour les vélos, mettre en place un maillage de dessertes vers le Tram plus régulier avec une amplitude horaire plus large, utiliser plus de bus équipés pour les personnes à mobilité réduite, encourageraient peut-être davantage les gens à utiliser les transports en commun.

Vous évoquez aussi des «solutions temporaires pour pallier aux surcharges de circulation dues aux travaux». Lesquelles par exemple ?
Il y a les travaux du Grand Toulouse, les travaux des communes, les travaux du département, un peu plus de coordination entre ces institutions permettrait une gestion des planning des travaux plus équilibrée. Parfois vous avez d’un côté d’une commune, des travaux de la mairie et de l’autre, du Conseil général : deux accès obstrués en même temps. Travailler aussi avec les prestataires comme France Télécom ou EDF afin de synchroniser les chantiers autant que possible. Il est dommage de voir parfois une rue refaite depuis moins d’un an se faire éventrer pour changer les canalisations par exemple.

 

Plus de transparence et de dynamisme

Le soutien aux aînés est un thème qui revient dans la campagne : à l’UMP, chez Europe Ecologie les Verts et que vous défendez également. Comment expliquez-vous que la jeune génération des 25-35 ans tienne davantage à s’occuper des seniors ? Que proposez-vous de votre côté dans ce domaine ?
C’est probablement parce que nous avons été attentifs à l’école ! Dès l’initiation à la géographie les manuels scolaires contenaient tous la pyramide des âges de la population française. Le vieillissement de la population n’est pas une surprise. Par contre, le manque d’anticipation du phénomène me choque beaucoup. Peu de choses ont été faites, il revient à notre génération de pallier à ce déficit. Cela sera plus difficile que si les actions avaient été engagées sereinement tout au long des 20 dernières années. Le contexte financier est moins favorable mais nous nous devons de relever le défi. Nous n’avons pas les moyens de rattraper entièrement le retard en structures d’accueil, d’autant que bon nombre de nos aînés ne souhaitent pas envisager de quitter leur domicile, ce qui se comprend, mais nous pouvons travailler à améliorer l’offre de service d’aide au maintien à domicile. Statut des aidants naturels, coordination entre les institutions, adaptabilité des transports et des logements, prise en charge des personnes handicapées vieillissantes… Les pistes ne manquent pas. C’est une question de choix politique et de volonté.

Quel bilan faites-vous de l’action du sortant Bernard Keller ? Et plus généralement de l’action du Conseil Général ?
Au Conseil Général 31 Monsieur Keller est Vice-Président de l’Intercommunalité et de la gestion des pôles de développement, Secrétaire de la Commission Permanente, chargé des infrastructures aéronautiques et spatiales et Membre de la Commission des Finances, en plus de son mandat de maire et de ses fonctions de Vice Président du Grand Toulouse, Président de Blagnac Constellation… Pas mal pour un seul homme, non ? Les succès de l’aéronautique et le développement économique de la Haute-Garonne sont indéniables, mais ils ne bénéficient pas à tout le monde. Par l’exemple, l’insertion est en panne alors qu’avec un tissu industriel aussi dense et varié, il devrait y avoir une place pour chacun. Quant aux finances, bien que Bernard Keller n’en soit pas responsable, je vous mets au défi de vous procurer le budget avec les annexes… Je souhaite pour le Conseil Général, plus de transparence, de démocratie et de dynamisme.

Quelle sera votre stratégie de deuxième tour ?
Avant de penser au second tour, je me consacre au premier ! J’espère que les citoyens trouveront des réponses dans mes propositions : «Votez c’est choisir, s’abstenir c’est subir».

Propos recueillis
par Claire Manaud

Canton de Blagnac : Beauzelle, Blagnac, Cornebarrieu, Mondonville
www.espa.ws


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