Cabinet d’architectes Cardete & Huet ; « Contribuer à l’image de modernité de la Ville »

C’est à Toulouse, que les architectes Francis Cardete et Gérard Huet, dirigent leur cabinet d’architectes fondé il y a 35 ans. Depuis, ils gèrent leur croissance avec une implantation à Marseille et au Maroc. L’une de leurs dernières œuvres est célèbre dans l’Hexagone, puisqu’il s’agit du nouveau stade du Mans, la MMArena. Messieurs Cardete et Huet exposent leur vision des futurs projets architecturaux, comme la probable rénovation du Stadium de Toulouse.

 
Quand vous a-t-on sollicité pour la construction de la MMArena et pouvez-vous nous parler de ce stade?
Gérard Huet : Sans être excessivement précis, autour de 2006. Nous avons été retenus comme équipe de conception pour construire un stade dans la ville du Mans. Il s’agit d’un stade nouvelle génération avec 25 000 places assises, qui s’inscrit dans les problématiques contemporaines de ces équipements qui doivent être multifonctionnels. Donc, ne pas se limiter à l’accueil de manifestations sportives, mais aussi d’événements, avec des concerts de Johnny Hallyday, ou U2 par exemple… La MMArena a été inaugurée le 29 janvier dernier.
Francis Cardete : En France, ce stade permet de franchir un pas, par rapport aux autres. Tant au niveau du confort que des performances. Il a une bonne capacité d’accueil. Au niveau esthétique, ce stade possède une singularité qui en fait une référence en la matière.

Que ressentez-vous à l’idée d’être l’un des premiers cabinets à finaliser un stade moderne que beaucoup de Français attendent dans l’optique de l’Euro 2016, et que vous inspire cet événement ?
GH : Je pense qu’il faut être modeste. C’est un stade qui sera précurseur en ce qui concerne ces types d’équipements. Mais il faut prendre conscience que ce genre de réalisations existe déjà en Angleterre, et aussi en Allema-gne comme on a pu le voir lors de la Coupe du Monde 2006. Nous constatons que la France a un léger retard par rapport à ses pays voisins. Il y a des efforts à faire et ils vont être faits lors de l’Euro 2016. Ce sont vraiment des équipements qui doivent s’adresser au plus grand nombre, et étant donné l’impact des mobilisations financières nécessaires, il faut élargir sa palette d’utilisation simplement pour des raisons d’équilibre économique.
FC : La question de la recette est importante, puisqu’elle doit financer les équipes qui jouent. Les stades qui ont été réalisés lors de la Coupe du Monde 98, doivent s’adapter. Les clubs ne vivent plus simplement des subventions des collectivités locales mais également des recettes générées par le stade et ce qu’il y a autour.

Candidats à la rénovation du Stadium

Que pensez-vous des futurs stades français ? On pense notamment aux stades de Lille, Nice et Lyon qui peinent à voir leurs projets aboutir…
GH : Nous aurions aimé y participer, mais le train est déjà passé ! Lille est quasiment construit. Il se situe au-delà du stade du Mans, puisqu’il fait 50 000 places. Mais il s’agit plus d’une salle que d’un stade, car il se couvre et se découvre. C’est le prototype de l’équipement multifonctionnel, avec un toit ouvrant, une pelouse rétractable… Ce sera l’un des stades les plus évolués qui soit. Nice a été attribué au constructeur Vinci, c’est déjà engagé. Quant à Lyon, c’est un stade qui va se construire avec une ambition plus grande, eu égard au statut du club. Je pense qu’en France, toutes les grandes villes susceptibles de recevoir la coupe d’Europe sont engagées dans des démarches de rénovation ou de construction.
FC : Je voudrais ajouter que nous sommes architectes de la rénovation du stade Bollaert à Lens qui est une grande ville de football. Nous avons beaucoup de plaisir à travailler avec nos amis du Nord.

Alors que Toulouse pourrait accueillir l’Euro 2016, on parle de rénovation du Stadium pour augmenter sa capacité. Aimeriez-vous y participer ? Que pensez-vous de la possibilité pour Toulouse d’accueillir ce championnat d’Europe ?
GH : Nous sommes candidats à la restructuration du stadium. Il y a deux équipes en concurrence, et la décision appartient à la collectivité.
FC : Toulouse est une ville qui offre beaucoup d’intérêt pour l’Euro 2016 puisque les Espagnols, champions du monde, sont proches. Et compte tenu du fait que Montpellier n’est pas désignée, la candidature de Toulouse reste très intéressante.
GH : Toulouse a tout intérêt à tirer parti de cet événement ! Nous avons rénové le stade lors de la Coupe du Monde 98 et avons été assez troublés par la dimension de cette grande manifestation. Tant que vous ne le vivez pas, vous ne vous en rendez pas compte.
FC : De plus, il y a des retombées économiques pour la région. Beaucoup de monde était là, c’était la fête pour la ville ! C’est incroyable ce qu’un sport peut apporter dans une ville. Nous souhaitons donc vivement que Toulouse soit retenue.

 

Toulouse, notre ville de cœur

Quels sont vos autres projets à Toulouse, qui jouit déjà de beaucoup de vos œuvres ?

GH : Vous savez, notre agence a trente ans d’existence. Nous avons beaucoup construit, peut-être même trop diraient certains ! Mais Toulouse est notre territoire de cœur, de culture, nous y sommes nés, nous y mourrons sûrement. Nous ambitionnons donc que notre ville soit au niveau des aspirations que nous pouvons fournir. Elle s’inscrit dans les activités d’une “Euro Cité”. Nous sommes des gens actifs de la vie toulousaine. Par exemple, cela fait 20 ans que nous travaillons à toutes les extensions de l’Aéroport de Blagnac. Francis s’est occupé de tous les événements qui concernent l’aéronautique, la construction des sites d’assemblages… Aujourd’hui, nous planchons sur des projets hospitaliers. Nous sommes des architectes généralistes, nous ne sommes pas enfermés dans un style.
FC : Nous essayons de contribuer à l’image de modernité de la ville, au travers des quelques équipements que nous avons réalisés. Par exemple, le centre de calcul du CNES à Ramonville, ainsi que le stade Ernest Wallon, qui est un élément important. Quand on regarde les bâtiments que nous avons conceptualisés, il n’y a pas de honte à dire que nous en sommes les créateurs, bien au contraire. Ils sont dans la mouvance de ce que doit être une ville comme Toulouse.

Propos recueillis
par Edouard Lamarcq


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