Ça passe ou ça casse !

…Tel est le dilemme de notre gouvernement en cette période de rentrée économique. Pendant que les Français sont encore en nombre sur les plages, les chiffres économiques tombés la semaine dernière sont mauvais. Le recul de 0,3 % du PIB est un très mauvais résultat, et s’il devait être confirmé au troisième trimestre, la crise économique mondiale, et française par contre coup, serait bien en place. Depuis la publication de ces chiffres, nous entendons des mots qui pour beaucoup sont assez obscurs : PIB, récession, relance…
De plus, tous ces mots font l’objet de combats de communication, à celui qui aura le plus raison devant une telle situation. Les socialistes prônent la relance, mais il est facile de dire «Ya qu’a» quand on n’a pas de responsabilités. La majorité elle, se contente d’affirmer qu’elle ne fera rien d’autre que les réformes structurelles en cours depuis le début de l’année. C’est à cette attitude que mon titre s’adresse : le gouvernement peut tout à fait avoir raison et, à ce moment là, «ça passe» ; il peut aussi se tromper et dans ce cas, «ça casse» et les Français sauront montrer les dents. Que se passe-t-il exactement, en France mais aussi dans les autres pays Européens ? La diminution du produit intérieur brut de 0,3 % (0,2 % dans toute l’Europe) montre que notre production intérieure est en diminution par rapport au trimestre précédente. Une baisse importante du PIB dans un pays, sur plusieurs mois ou trimestres, s’appelle une récession économique. Cette grande peur de la récession (comme celle qui avait eu lieu aux Etats-Unis) est en ce moment sur toutes les lèvres. Cette baisse est liée en grande partie aux augmentations importantes qui ont engendré une réelle baisse de la consommation. Comprenez que si vous ne dépensez plus d’argent, la croissance s’en ressent. Au deuxième trimestre 2008,  tout s’est accumulé : l’augmentation importante du prix du pétrole, le différentiel entre le dollar et l’Euro en notre défaveur, et bien sûr le déséquilibre de la balance extérieure, c’est-à-dire que nous achetons plus à l’étranger que nous ne vendons.

 


Méthode Coué pour la rentrée

Prenons l’exemple de produits manufacturés (fabriqués) : les produits importés sont moins chers que ceux produits dans notre pays. Les Français en grande difficulté financière vont acheter plus facilement ces produits étrangers (chinois par exemple). Ceci provoque un déséquilibre entre nos importations (trop importantes) et nos exportations (trop faibles). Les résultats d’une telle opération sont visibles dans les entreprises, s’ils vendent moins, ils produisent moins et tout se retrouve lié.Une solution à ce problème est que les entreprises françaises redeviennent compétitives et produisent moins cher mais le chemin est long, difficile et pratiquement impossible à atteindre. Deuxième solution : les Français redeviennent plus riches, consomment plus et surtout plus de produits français. Là encore ce sera très difficile.Les ministres de la France sont revenus en catastrophe de vacances, pour une réunion avec le Premier ministre. Ne soyons pas dupes, ils sont revenus pour mettre en place un plan de communication pour la rentrée. Ils cherchent à rassurer et pas à faire quelque chose. En effet la crise est mondiale et les solutions (s’il y en a) sont européennes et non pas françaises. Nous sommes dans une zone Euro, avec une libre circulation des biens en Europe, la solution est donc obligatoirement européenne. François Fillon veut rassurer les Français car il sait que les choses s’envenimeront à la rentrée : les Français vont revenir de vacances, encore plus fauchés qu’en juin et le problème économique ne fera que s’accroître, du fait de la continuité de la baisse de la consommation. Le gouvernement a donc affirmé et réaffirmé sa volonté de réformes de structures. Ce n’est pas une mauvaise chose, bien au contraire, la France en a besoin. Ils ont aussi décidé de communiquer positivement sur les résultats attendus au troisième trimestre, et à la fin de l’année. La méthode Coué qui consiste à fermer les yeux, faire le dos rond et croire que «ça ira mieux demain». Espérons qu’ils auront raison.

Consommer moins pour vivre tout le mois

Enfin les socialistes réclament «un plan de relance» dans une France exsangue, sans un sou, un plan de relance qui serait suicidaire. Il serait de plus inutile car le problème de base n’est pas français. Ce serait comme vouloir colmater un trou dans un seau en y mettant de l’eau. Mais les socialistes peuvent dire tout ce qu’ils veulent, rien dans les faits ne leur donnera raison, et si l’on se penche sur le passé, le gouvernement Jospin porte une grosse part de responsabilités sur le déficit français actuel. Nous sommes donc en face d’une situation plus que préoccupante car outre la consommation, des pans entiers de l’économie sont en phase de ralentissement, même l’immobilier. Notre gouvernement pourra, à terme, mettre quelques actions en route pour aider les plus pauvres (comme par exemple le RSA) mais sans grand effet sur les causes qui sont internationales. Pour nous les Français rien ne sera changé et les difficultés de la fin de l’année sont la seule prévision certaine. Les moyens minima manqueront à beaucoup, les ceintures vont se serrer encore (quitte à refaire des trous supplémentaires), l’essence sera toujours aussi chère même si le pétrole continue à baisser. Nous avons vu cet été comme la baisse du carburant n’a rien à voir avec celle du baril. Le «travailler plus pour gagner plus» sera un slogan usé car inefficace, le «consommer moins pour vivre tout le mois» sera le slogan qui le remplace et la spirale continuera.Mais aujourd’hui ne soyons pas pessimistes, les Jeux Olympiques remplissent toutes les télévisions et les radios. Même la guerre en Géorgie n’intéresse que très peu de monde. Alors !!!

Patrick Crasnier
www.jazzpote.net


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