Brigitte Barèges ; Députée ou Conseillère régionale ?

Comme on pouvait s’y attendre, entre les deux son cœur balance. Pourtant Brigitte Barèges va devoir opter pour l’un ou l’autre ; le code électoral interdisant au politique d’exercer à la fois ces deux mandats. Mais le choix est complexe. Un vrai dilemme tant les pressions à droite comme à gauche, sont fortes. Du coup, les différents recours déposés notamment par le FN au lendemain des régionales devant le Conseil d’Etat, qui suspendent la validation du mandat en question, auraient presque l’effet d’un second souffle pour celle qui est aussi maire de Montauban et Présidente de la Communauté d’Agglomération de Montauban “Les Trois Rivières”. Interview.

 
Brigitte Barèges, vous avez été élue Conseillère régionale en mars dernier mais différents recours devant le Conseil d’Etat ont fait que vous n’avez toujours pas annoncé de quel mandat vous vous désistiez, comme le veut le code électoral…
En effet, normalement quand se présente ce choix, on a un mois pour le faire. Mais avant l’expiration de ce délai, deux recours du FN nous ont été notifiés, aussi bien à nous qu’à Martin Malvy d’ailleurs, par le Préfet contre l’élection régionale en Midi-Pyrénées. Il y a eu également un recours national contre cette fois toutes les régions.

Savez-vous quand le Conseil d’Etat va vous permettre de prendre votre décision ?
C’est très variable parce que cette juridiction est un peu encombrée. Il statuera dans un délai qui peut aller de trois à six mois, peut-être plus. Tant qu’il n’a pas statué, le délai pour démissionner ne court pas, et tant que ce contentieux existe, le mandat de Conseiller régional est considéré comme n’étant pas définitivement validé. Il est toujours en suspend pour l’ensemble des élus de la région.

Dans cette attente, vous exercez vos mandats normalement ?
Oui puisqu’ils sont quand même exécutoires.

Vous percevez vos indemnités ?
Pas celle de Conseiller régional. Je la reverse aux autres élus de la région.

 

Une législative partielle ?

Entre le mandat de député et celui de conseiller régional, lequel par conséquent pensez-vous abandonner et pour quelle raison ?
Cette campagne régionale m’a donné le goût des enjeux de cette collectivité qui je pense, est amenée à prendre de plus en plus d’espace, de pouvoir, de compétences avec la décentralisation. Donc garder le mandat de conseiller régional, c’est vraiment ce qui me tente. Et si la réforme des collectivités passe, cela signifie que nous avons quatre ans pour tenter de reconstituer tous les réseaux qui nous ont manqué pendant cette campagne des régionales, pour préparer 2014.

Vos détracteurs disent qu’au contraire, vous allez laisser tomber la région…
Mes détracteurs sont très pressés de me voir démissionner de mon mandat de député parce que si je démissionne aujourd’hui, il va s’ouvrir une législative partielle sur mon département et ils ont un espoir de récupérer cette circonscription.

Il est justifié ? On dit en effet qu’une législative partielle ferait perdre le Tarn-et-Garonne à la droite ?
Je ne sais pas. En tout cas, cela pose chez eux un problème de primaires, les candidats sont nombreux ! Mais pour être tout à fait honnête, j’ai les mêmes pressions de mon côté : de mon groupe UMP à l’Assemblée, du Président de la République que je dois à ce propos rencontrer prochainement, et de Jean-François Copé notamment, qui me disent que ce n’est pas le moment de démissionner.

 

Un crime avec préméditation

Etes-vous au fond libre de votre choix ?
On l’est toujours mais on n’est pas non plus inconscient et irresponsable. Même si ma détermination est bien avérée, je suis quelqu’un de disciplinée et je ne veux pas non plus être le fossoyeur de mon propre camp !

Vous êtes seule dans cette prise de décision ?
Pas tellement parce que justement, on me demande de bien réfléchir et que l’on ne va peut-être pas me laisser faire ce que je veux non plus ! (rires)

Finalement, les recours devant le Conseil d’Etat tombent plutôt bien…
Oui. Cela nous fait gagner un peu de temps pour réfléchir ensemble.

L’UMP Gilles Carrez, rapporteur général du Budget, a prôné le gel de la dotation annuelle de l’Etat aux collectivités, dont les régions. Martin Malvy dénonce des conséquences «désastreuses» pour l’emploi. Que lui répondez-vous ?
C’est complètement faux ! Pendant deux ans, les élus régionaux de gauche vont marteler qu’ils ne peuvent rien faire à cause de l’Etat qui selon eux se désengage, alors qu’il n’a jamais autant fait pour les collectivités territoriales. Ils n’ont tout simplement pas envie d’agir pour justement perturber la vie économique, faire en sorte qu’il y ait de la morosité, du mécontentement et que les gens sanctionnent le pouvoir en place. C’est ce qui nous est arrivé aux régionales ! Ils n’ont en ligne de mire que la présidentielle. J’estime que l’on n’a pas le droit de faire une telle politique politicienne. C’est un crime avec préméditation.

Propos recueillis
par Claire Manaud


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