Blues Cabaret d’Olivier Maraval ; Quand «le rire flirte avec l’émotion et la poésie»

Du 12 au 28 mai, Olivier Maraval reprend son spectacle “Blues Cabaret, la dernière revue”, au Théâtre de la Violette. Mêlant chant, comédie, poésie, joie et mélancolie, le jeune acteur et metteur en scène toulousain propose au spectateur un pur moment de «délire onirique et musical». Rencontre.

 
Olivier, comment est née cette passion pour le théâtre ?
Vers l’âge de 7 ans, quand pour la première fois, on m’a inscrit à des cours de Théâtre à Bonnefoy initiés par Vinco Viskic. Il a réussi à me donner le goût de l’improvisation, de la construction de personnages et de liberté du langage. Je suis resté pendant sept ans dans ses cours pour ensuite me confronter vers 14 ans à un texte de Labiche “Mon Isménie”, dans un cours de Corinne Mariotto, du Théâtre du Pavé. C’était la première fois que je jouais un rôle aussi important, avec beaucoup de répliques et quelques chansons. Puis tout est allé très vite, j’ai continué à apprendre le théâtre au sein de différents ateliers toulousains, puis j’ai fait un Bac Littéraire Option Théâtre au Lycée Raymond Naves à Toulouse… Je dirais même un Bac Théâtre option Littérature ! Cette passion est grandissante chaque jour qui passe, et je ne peux m’en séparer. C’est pour moi une libération de l’esprit et une véritable jouissance.

Considérez-vous le théâtre comme votre métier aujourd’hui ?
Bien sûr puisque je suis intermittent du spectacle. J’ai d’ailleurs plusieurs casquettes à présent. Je suis chargé de communication au Théâtre de la Violette et je m’occupe avec son directeur, Yvon Victor de donner vie à cette petite salle de quartier très sympathique et chaleureuse. Je suis également le référent local pour La Théâtrothèque.com, site pour lequel j’écris, avec mes chroniqueurs, des critiques de spectacles joués à Toulouse et Paris, au festival d’Avignon et bientôt à Londres pour les Musicals du West End. Mais par-dessus tout, je suis comédien. J’écris, je mets en scène pour les autres ou pour moi. Je viens de mettre en scène Sophie Tranky et Ludivine Coulon dans leur spectacle “Bavardage de notes”, programmé au Théâtre de la Violette du 5 au 7 mai à 21h. Ce sont deux jeunes musiciennes qui offrent au public un duo de musique classique sensuel et mélodieux.

 

Touche à tout

Parlez-nous de votre spectacle Blues Cabaret, que vous avez-vous-même écrit…
L’histoire se passe dans un cabaret en faillite où il ne reste que le maître de cérémonie et son pianiste. Comme chaque soir, le meneur de revue entonne son chant de diva… et puis il arrête tout pour se confier au public. A partir de là, on part dans un délire où j’endosse plusieurs personnages : le rôle du maître de cérémonie, le Magicien Bleu, est très sincère, très dramatique, onirique, inquiétant et émouvant. Les autres personnages que j’interprète, qui relèvent plutôt de sketches, sont très surprenants, drôles et délirants. Je crée ainsi un spectacle dans lequel le rire flirte avec l’émotion et la poésie. Je n’avais pas la prétention de faire un spectacle «prise de tête» ou seulement un one man show comique. Je voulais mêler ces deux formes d’expression artistique afin d’intéresser un maximum de spectateurs. “Blues Cabaret” est avant tout une merveilleuse aventure enrichissante qui m’a permis de m’intégrer de plus en plus dans le milieu du spectacle. Il m’a permis des rencontres professionnelles fructueuses, dont celle de Cyriel Tardivel qui pour la recréation du spectacle se charge de la direction d’acteur.

Musique, chant, texte… Ce spectacle est-il à votre image, pluridisciplinaire ?
J’aime essayer de toucher à tout. Les différentes rencontres que je fais, favorisent ce côté pluridisciplinaire. Mais je ne suis ni chanteur, ni danseur… Je préfère dire que j’interprète au premier sens du terme les chansons. Je les vis et je leur donne une dimension dramatique car je suis avant tout comédien.

On passe du rire aux larmes dans “Blues Cabaret”. Aimez-vous mêler les genres ?
En effet, j’aime mêler les genres et c’est l’un des buts recherchés de ce spectacle. Cela permet de les confronter ou de les associer. Quand je crée, j’aime qu’il y ait du rire et du pleur. Cela permet au spectateur de passer d’une émotion à une autre. Le public ressort alors ému, touché et très enchanté aussi. Cela permet également de donner du rythme au spectacle. Le public découvre alors les disciplines du cabaret, du café-théâtre, du théâtre musical, du théâtre contemporain et du théâtre dramatique. Je pense que Joseph Agostini, journaliste culturel, a trouvé l’essence du spectacle en le qualifiant de «délire onirique et musical». C’est d’ailleurs ce journaliste qui a fait la plus belle critique du spectacle au festival off d’Avignon 2009.

 

Prix d’interprétation et reconnaissance du public

Quelques mots sur Bernard Papaix qui vous accompagne au piano ?

C’est Charlène Brunet, compositrice des musiques du spectacle, qui m’a présenté Bernard. J’ai tout de suite aimé le swing de son piano et sa virtuosité musicale. Il me transporte dès l’instant où il effleure son clavier. Il sait donner beaucoup d’émotion et de théâtralité à sa musique. J’apprécie beaucoup sa flexibilité et son ouverture aux autres, lui qui n’est pas un homme de théâtre au départ mais qui se produit régulièrement dans les piano-bars. Cela se ressent dans sa liberté musicale et dans son talent d’improvisation indéniable. Sur scène, nous formons un duo. Nous dialoguons ensemble, et la particularité de cet échange tient au fait que l’un s’exprime avec des mots et l’autre avec des notes. Ces deux expressions artistiques se complètent et donnent beaucoup d’émotions au spectacle. Tout est en parfaite harmonie sur scène.

Vous avez reçu de très bonnes critiques et même un prix d’interprétation pour ce spectacle. Ce dernier peut-il vous aider à percer ?
Je ne sais pas si ce prix d’interprétation peut m’aider à percer, et cela est le cadet de mes soucis. Sur une affiche, cela fait tape à l’œil et le public se déplace. Mais personnellement, je m’attache beaucoup plus aux critiques des spectateurs et de la presse qui sont pour l’instant conquis par mon spectacle. A vrai dire, je ne m’y attendais pas. Le plus touchant, ce sont les mots laissés sur le livre d’or du spectacle.

Quels sont vos projets futurs ?
Juste après “Blues Cabaret” à Toulouse, je pars pendant un mois jouer dans “Le terrible testament de Tata Thérèse”, une comédie absurde de Joseph Agostini au Piccolo Théâtre à Aix-en-Provence. Je vais aussi préparer deux spectacles “jeune public” et je viens de terminer l’écriture de mon nouveau spectacle tout public “L’Imposture Théâtrale”. Je vais le préparer pour la saison prochaine. En gros, il s’agit d’un texte sur le théâtre et l’amour, où digressions et interactions avec le public vont tambours battants. J’ai pris pour prétexte “Roméo et Juliette” de Shakespeare, transformé en comédie musicale kitschissime à souhait ! Deux comédiens répètent la scène du balcon et y mettent fin pour débattre sur le théâtre, son évolution, sur le côté commercial et manipulateur des grandes entreprises du spectacle. C’est aussi l’occasion d’évoquer le sujet universel qu’est l’amour. L’apogée du spectacle réside dans le parallèle imaginé entre la peinture de Sylvia Houdelette “Le Centre du Soleil” et les questionnements du couple. Dans cette toile, qui représente un portrait de femme à la poitrine déchirée et illusoirement suturée d’un lacet tenu par des clous, on devine l’angoisse de l’engagement conjugal et la douleur de trop aimer. Cela me permet d’aborder plusieurs réflexions sur ce que pourraient être le couple et le théâtre. Enfin, je vais également m’occuper de la diffusion de l’exposition “Espèces d’humains” qui aura lieu à la Galerie de l’Echarpe à Toulouse. On pourra y retrouver entre autres les peintures de Sylvia Houdelette.

Propos recueillis par Sophie Orus

Blues Cabaret
Du 12 au 28 mai à 21h
Du jeudi au samedi
Théâtre de la Violette
www.theatredelaviolette.com
05 61 73 18 51


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