Blagnac et Saint-Orens ; Des centres commerciaux à taille humaine

Paule Claverie est directrice des centres commerciaux de Blagnac et Saint-Orens. Elle fait le point sur ces deux entités qui ont connu un fort développement ces deux dernières années. Si le succès est toujours au rendez-vous pour le premier, le second doit encore trouver son rythme de croisière.

 
Paule Claverie, le centre commercial de Saint-Orens a connu une transformation significative ces deux dernières années. Pouvez-vous revenir sur cette extension ?
A la base, Saint-Orens comprenait un hypermarché Leclerc et une galerie. En 2008, l’extension de la galerie a permis de passer de 70 à 110 boutiques sur 15 000 m2, avec trois allées de circulation pour les gens. Un parking silo a été construit pour au total proposer 3 200 places aux visiteurs. Nous comptons 1 000 employés en équivalent temps plein. Du coup, une nouvelle entité est née avec un propriétaire pour l’ensemble du “centre commercial de Saint-Orens” (la Ségécé, ndlr). Celui-ci est aujourd’hui de taille à rayonner au niveau régional. Car cette extension a entraîné un développement de l’offre commerciale sur tout le parc d’activités avec par exemple l’arrivée d’Alinéa, de Castorama, Casa. Quand on fait une extension, on répond à une attente du public. Il faut répondre à ce besoin si l’on veut que le client vienne et revienne. Ce n’est pas une question de surenchère. Aujourd’hui, les gens demandent un choix de plus en plus large, des enseignes basiques et d’autres plus originales, et le tout au même endroit. C’est pour cela que tous les styles de commerce fonctionnent dans un centre commercial : l’habillement, l’alimentaire, la restauration, le bricolage, la décoration…

Cette extension a eu lieu en pleine crise financière. Avez-vous aujourd’hui amorti ces travaux ? Le succès est-il au rendez-vous ?
Effectivement, la date n’était pas la meilleure pour entamer une transformation mais on ne pouvait pas le prévoir ! Avant la crise, on mettait un à deux ans avant de voir les retombées d’une extension commerciale. Aujourd’hui, il faut plus de temps pour atteindre une vitesse de croisière. Le centre de Saint-Orens est donc encore dans une phase de montée en puissance. Il n’a pas atteint le chiffre d’affaires espéré, dans le sens où les commerçants n’ont pas obtenu un équilibre financier suffisant. Par contre, nous sommes satisfaits car nous sommes toujours de 3 ou 4 points au-dessus de la moyenne nationale en termes de résultats des centres commerciaux. Saint-Orens a donc encore besoin d’une bonne année pour communiquer sur son offre. On doit aujourd’hui accueillir entre 7 et 8 millions de visiteurs annuels.

La dure loi de la concurrence

Vous parlez de rayonnement régional pour Saint-Orens. N’est-ce pas difficile vue la multiplication de l’offre commerciale ?
En effet, posséder un rayonnement régional à Toulouse est un peu compliqué car les centres commerciaux sont nombreux : Labège, Blagnac, Auchan Gramont, Portet-sur-Garonne, Roques… C’est la dure loi de la concurrence. Celui de Saint-Orens va donc plutôt rayonner à l’est. Il ne faut pas oublier que la première motivation de venue dans un centre commercial reste la proximité de son domicile ou de son travail. D’autre part, nous partageons la zone avec Labège donc cela nous oblige à être performants en termes de commercialisation, de tenue du centre, de communication, de marketing… Pour que, naturellement, les personnes du secteur viennent à Saint-Orens.

Avez-vous des problèmes d’accès sur votre zone commerciale ?
Tout centre commercial a des problèmes d’accès le samedi, à des degrés différents. Mais je ne suis pas vraiment sûre que ce soit un problème. A Saint-Orens, il est plus difficile de sortir que de rentrer, mais on est à 5 minutes de la rocade. Cependant, il y a des projets de transports en commun en site propre, ce qui pourrait désengorger les routes. Par contre, il serait prématuré de parler d’un accès routier direct à la rocade.

Blagnac dans le top 10 en province

Quel est votre sentiment sur les soldes pour l’instant ?
Honnêtement, les commerçants disent qu’elles ont du mal à démarrer mais personnellement, j’attends la fin juillet et les chiffres définitifs pour me prononcer. Je ne vois pas de commerçants euphoriques mais en même temps je ne pense pas que les chiffres soient mauvais.

Vous êtes également directrice du centre commercial de Blagnac qui a connu lui aussi ces derniers mois une transformation intérieure et extérieure…
L’extension de Blagnac a été totalement terminée en novembre 2009, pour aujourd’hui atteindre 120 boutiques, et 3 500 places de parking. Blagnac est une petite exception car l’extension a fonctionné tout de suite. Je pense qu’aujourd’hui, sur la zone de Toulouse, c’est un centre leader en termes de fréquentation, d’autant plus que sa zone primaire de chalandise est idéale, tant en ter-mes de logements que d’emplois. Il fonctionne exceptionnellement bien, avec environ 10 millions de visiteurs annuels. C’est une belle réalisation, un succès commercial qui le place dans le top 10 des centres commerciaux de province.

Les accès, gros point noir

Par contre, vous connaissez des problèmes d’accès, avec des journées noires où les clients se sont retrouvés bloqués pendant plusieurs heures dans leurs véhicules à l’intérieur du parking et aux abords du centre…

C’est le seul point noir de Blagnac. Aujourd’hui, nous avons un vrai problème avec un flux entrant et un autre sortant qui se croisent, et cela engorge tout le centre. Mais à la différence que, quand vous êtes bloqué dans le parking silo, cela devient anxiogène. Alors que lorsque vous êtes bloqué de la même façon à Portet, mais sur une voie de circulation, vous le vivez différemment. Il faut mener un travail afin d’informer les gens. Depuis le début de l’année, tous les samedis ou sur les grosses journées comme le début des soldes ou le lancement du dernier Harry Potter, nous déployons des agents de circulation sur le rond-point et à chaque niveau du parking silo. Par ailleurs, nous avons mis en place des navettes gratuites entre le centre commercial et le terminus du tramway, ce qui est une alternative à la voiture, et on réfléchit à développer ce dispositif car 90 % des clients viennent à Blagnac avec leur véhicule. Il y a peut-être également un travail à mener avec d’autres interlocuteurs, en collaboration avec des experts, pour trouver une solution routière et y mettre les moyens. Nous sommes prêts à le faire.

Quels sont vos projets à venir pour les centres commerciaux de Saint-Orens et Blagnac ?
Après ces deux extensions, nous n’avons plus de projets du même ordre sur les 4 ou 5 ans à venir. Sur Toulouse, il faut garder des centres commerciaux à taille humaine. A une époque, le centre de Portet-sur-Garonne était le plus important de France avec un hyper d’une surface de 22 000 m2. Aujourd’hui, on table plutôt sur 15 000 m2 et d’ailleurs, Portet a la volonté de diminuer sa surface de vente. En ce qui concerne Saint-Orens, il nous reste une ou deux cellules vides pour faire venir des enseignes très différentes, qu’on n’a pas l’habitude de voir ailleurs. L’objectif aujourd’hui est d’être dans la conquête. Si je gagne encore un petit million de visiteurs annuels, je serai contente !



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.