Bilan 2008; Les douanes ont fait un tabac

Les douaniers de Midi-Pyrénées ont présenté leur bilan 2008 :
plus de contrôles, plus de marchandises saisies… et plus d’argent
dans les caisses de l’Etat.

 
Qui n’est jamais tenté de se rendre en Andorre ou au Perthus afin de faire le plein de cigarettes et d’alcool, en espérant ne pas être arrêté par les douaniers ou la “Volante” ? Lorsque certains s’inquiètent pour un litre ou une cartouche de trop dans le coffre de leur voiture, d’autres passent les frontières chargés de plusieurs kilos de marchandises. En 2008, la douane de Midi-Pyrénées a en effet saisi 4,3 tonnes de contrebande de cigarettes, soit 43 % de plus qu’en 2007. «La proximité de l’Espagne y est pour beaucoup et nous avons mis les bouchées doubles dans ce domaine», explique Claude Arnal, chargé de communication aux douanes de la région. Ce tourisme fiscal équivaut à un peu plus d’un million d’euros.
Les douanes ont également mis le paquet sur les produits stupéfiants avec 151,3 kilos saisis, dont une majorité de résine de cannabis. Mais les agents s’inquiètent de la montée des drogues dures dans les contrôles effectués : «Nous observons une modification des structures de consommation en France. Les drogues dures, en particulier la cocaïne et l’héroïne, sont en nette augmentation. Cela est sûrement dû à une évolution sociétale et à un phénomène de mode et de prix : hélas ces drogues se démocratisent même si elles ne sont pas encore banalisées», explique Claude Arnal.

Un camion scanner mobile

Autre priorité des douanes : les contrefaçons, avec 25 842 articles confisqués contre 13 000 en 2007. Et si les fraudeurs tentent de se montrer de plus en plus inventifs, les douaniers parviennent facilement à détecter les produits : «Nous essayons d’être là au bon moment par le biais d’études de trafics. Elles montrent que les fraudeurs préfèrent soit se noyer dans le flot de la circulation, soit se déplacer en pleine nuit quand il n’y a personne sur les routes. Dans tous les cas, le gabarit d’une voiture ou d’un camion limite l’imagination. Il ne peut y avoir de caches non accessibles par nos services. On retrouve toujours les produits dans les fonds des camions, les cavités naturelles ou les réservoirs d’essence.» La douane dispose également du flair de la brigade canine : «Si un chien marque un endroit, il est certain qu’il y a des produits ou qu’il y en a eu.»
Mais la grande nouveauté pour les douaniers reste l’utilisation d’un camion scanner mobile qui permet d’effectuer des contrôles sur tout le territoire de la région. Cet outil facilite le travail des agents, comme le précise Claude Arnal : «Il permet de radiographier un véhicule en deux minutes, cabine comprise. Ce camion détecte les différences de densité et nous l’utilisons comme moyen de confirmation dans la lutte contre la fraude, notamment pour le tabac et les stupéfiants. Après, il faut tout de même interpréter les images, comme le ferait un médecin face à une radio.»

 

Renflouer les caisses de l’Etat

Ce camion scanner aura très certainement son rôle à jouer dans les mois à venir car 2009 a déjà bien commencé pour les douaniers avec la saisie de plusieurs kilos de cannabis et de cigarettes. «N’oublions pas que nous sommes avant tout une administration fiscale qui est chargée de recouvrer la TVA, la TIPP, les droits de douane et tous les droits indirects sur l’alcool ou le tabac», rappelle le chargé de communication. En 2008, la douane de Midi-Pyrénées a permis de récupérer 4,5 millions d’euros de droits fraudés par les entreprises, en grande partie dans les secteurs agricole et industriel. Les recettes destinées au budget de l’Etat s’élèvent au total à 740,5 millions d’euros et la taxe intérieure sur les produits pétroliers a rapporté à la Région pas moins de 141,6 millions d’euros.
La crise va-t-elle faire exploser les chiffres cette année ? «Nous l’ignorons mais le profil des trafiquants risque de changer. Nous n’arrêtons pas que des membres du crime organisé mais aussi des étudiants ou des particuliers qui veulent arrondir les fins de mois. Ces derniers seront peut-être plus nombreux cette année.»

Sophie Orus




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